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CHAPITRE XXXI

Où te tient le Capital du luxe.

Tout capital formé en dehors des richesses d’alimentation, de vêtement, d’ameublement et d’enseignement, est, comme on l’a vu, un prélèvement exercé sur le véritable Capital, sur celui qui porte la population.

En France, par exemple, le capital inouï consacré chaque année à produire voitures, chevaux et meubles de luxe, soieries, dentelles, bijoux, boissons coûteuses ou enivrantes, etc., aurait pu d’autant abriter des hommes contre la faim, le froid, et fournir des instruments utiles, s’il fût allé dans le gain des producteurs fixés au sol. Depuis que la religion s’est affaiblie, le milliard entier, peut-être, que le peuple dépense chaque année en boissons hors du besoin, et en chômage des premiers jours de la semaine, l’aurait d'autant pourvu dans ses véritables besoins, et mis à même de faire autour de lui du capital.

Le luxe, c’est toute consommation ou emploi de capital fait en dehors des besoins de nécessité ou d’éducation. Celui qui absorbe après sort besoin, qui ajoute l’inutile à son vêtement, ou à sa mollesse un objet dont l’homme modeste sait se passer, commet une consommation improductive, détruit du capital. Le seul qui se conforme à la

loi sociale esl le chrélien, le meilleur agent de l’ordre économique.

Il y a un moyen de transformer tout de suite le capital du luxe en capital agricole : c’est la vertu.

11 ne faut jamais consumer, parce que la France jamais ne produira assez, parce que les besoins jamais ne seront satisfaits, parce qu’on n’empêchera jamais un tiers de ceux qui naissent de mourir faute de soins plus délicats. Que la conscience en soit avertie! quiconque, en valeurs, satisfait trois fois son besoin, empêche deux hommes de satisfaire le leur. L’Evangile fait les mœurs du véritable patriote.

Ne prêtons pas l’oreille aux personnes qui n’entendent point la question économique par la vertu. Ce n’est pas de «otre avancement qu'ils sont en peine, mais de leur propre lucre ou de leur préjugé. Tout homme qui attaque le capital, par sa pensée ou par ses actes, peut être uti libéral, un érudit, un étourdi, ce n’est pas un économiste. Les théoriciens parlent, et arrivent certainement les premiers, comme le cheval qui s’échappe sans traîner le char.

Les masses ne courent pas comme les idées, elles marchent comme les faits, étendant sous leurs pas le terrain du possible. Ah ! les faits! ils portent à la fois l’idée et sa réalisation ! O Peuple ! puisqu’il en est tant aujourd’hui qui s’adressent à loi, reconnais l’homme qui te trompe! Tu diras: liberté! misère! et lui le criera deux fois. Regarde l’Eglise, qui t’aime depuis dix-huit cents ans, chaoge-i-ellc de mots avec toi? Observc-lc : ceux qui t’ont fait du bien, dans le cours de leur vie, t’abordent-ils en te flattant?

Que les hommes réfléchirent enfin, puisqu’ils peuvent

LE CAPITAL

tant souffrir! Au lieu de prendre la douleur de la main étrangère des événements, comme les esclaves du Destin, qu’ils portent dans leur sein la main familière de la privation, comme des enfants de Jésus-Christ. ]| est si doux d’être saint! Eh quoi! être simple dans ses besoins et humble dans son esprit? La sainteté n’est pas loin, elle est ce qu’il y a de plus prés de l’homme. Nous serions aimés de notre conscience, aimés des hommes, nous connaîtrions la source de la joie. L’homme ne peut satisfaire ses jouissances sur la terre, il n’y peut trouver que le bonheur...

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