II. FKAKÇ
que l’application de la Sagesse. Entrons-nous dans la politique? la voie nous est tout indiquée : celui qui connaît l’homme dans son essence, et non dans ses conditions extérieures, sait qu’il doit le perfectionner, non dans les choses extérieures, mais dans ce principe essentiel et sacré.
Serait-ce pour quitter son âme que l’homme entre dans la Société? Gouverner peut-il être autre chose que l’art de rendre les hommes vertueux, c’est-à-dire de plus en plus parfaits? Comment le premier titre d’un homme d’État serait-il de mépriser les sciences qui traitent de Finie, pour se montrer plus fort dans celles qui traitent des choses? * ,
Car enlin, il faut qu’on sache le but de ces choses, et la nature de ce mieux que cherche la Société, soit dans ces choses, soit dans les lois, soit dans la paix, soit dans tant de révolutions. Ce mieux , n’est -ce pas la réalisation de plus en plus parfaite de sa loi? Cette loi, n’esl-ce pas ce qui est le plus conforme au principe de perfection de notre âme? Et ce principe, est-il autre chose que ce qui est le plus conforme à la nature divine, d'où elle vient et où elle ira ?
Hommes politiques, vous avez cru conduire les. hommes ! Vous campiez dans votre pensée, et ils en sont déjà partis. C’est toujours par une vertu qu’on dirige les peuples. Votre éducation du xvme siècle vous laisse inhabiles pour ces temps. Vous vous dites des hommes d’expcrience, et le possible vous échappe. C’est précisément la pratique qui vous manque à tous. Elle découle de plus haut que vous ne la prenez. Que direz-vous quand vous verrez successivement tous les faits éclater dans vos mains?
LE CAPITAL. H9
Ce qui fit le plus votre orgueil tombera; ce que vous avez le plus méprisé régnera...