‹ Restauration françaiseChapitre 52 sur 197 · I.B CAPITAL · texte numérisé non relu

I.B CAPITAL

L’impuissance sur ce point montrera notre dernière plaie. Par suite de l’état moral et du capital battus en brèche, une suffisante pratique de l’association est la plus vaste impossibilité qu’il y ait en France.

Comme on était hors du sentiment chrétien , on fit de la richesse le but. De là, en industrie, le mépris pour les classes ouvrières ; on exploitait. Le travail étant, après le capital, l’agent de la production, comme lui, n’a-t-il pas droit, surtout dans l’industrie de luxe, de se concerter sur ses prix? Pourquoi ne pas laisser libre sur ce point la balance entre l'offre et la demande?

Pour la bourgeoisie, ce serait le moment de reprendre base dans la religion et de s’enter sur une morale plus noble, si, après sa ruine économique et politique, elle ne veut pas disparaitre entièrement des destinées de la France. Si comme classe elle pouvait revenir à la Foi, nos maux commenceraient à se guérir. Mais, le malheur seul peut remplacer le manque d’éducation dans les âmes. C’est ce qui fait tant redouter les suites de notre catastrophe économique.

Déjà la secrète haine d’amour-propre que le bourgeois portait au noble, le peuple la porte au bourgeois. La fatuité dépourvue de l’auréole de la gloire fit plus promptement déchoir le bourgeois dans l’estime du peuple. Magnanimité, désintéressement, gloire, pensée, beaux-arts, qu’on énumère tout ce qui est grand, on ne voit plus ce qui reste à cette classe pour dominer une nation.

Ce qu’on nomme aujourd’hui le peuple est-il appelé à remplacer immédiatement la bourgeoisie? Moins encore; il faudrait qu’il eût reçu l’exemple d’une tout autre aristocratie.

Quant à la noblesse, où est-elle? La Révolution fran-

çaise a décimé ce qui étuil resté sain en elle. De grands débris du sentiment de l’honneur, mais quelquefois privés de celui de la pensée et de la Foi, suffiront-ils pour former la tète d’une nation? Toat est tombé de ce qui était. Au sein des nations la place reste à la Saikjkté.

Cette fleur germera du sein d’un peuple arrosé par la Foi. Au fond, il n’y aura pins d’autre aristocratie. D’ailleurs la Sainteté est la véritable noblesse.

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