‹ Restauration françaiseChapitre 68 sur 197 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

A quoi tient la Société.

C’est la nullité de la bourgeoisie qui fait toute la puissance du socialisme; nullité dans la doctrine, nullité dans les mœurs. Le scepticisme laisse la place vide. Il ne faut pas s’étonner si la première doctrine venue vient la prendre.

Après le scepticisme, la première doctrine venue, c’est la négation du mérite, ou de la sanction divine. Suppression de Dieu, abolition de l’homme.

Puis, la première pratique venue, c’est le mépris de l’homme et l’occupation de ses biens, pour passer à la jouissance. Y a-t-il une idée plus simple?

En coupant toutes nos racines, le scepticisme a passé aussi bien sous les lois que sous lame. Vous pourrez arracher maintenant toute la civilisation brin à brin, rien ne tient plus.

Les notions du droit sont tombées des consciences. Déjà vous sentez que dans la force est votre seule ga-

rantie, pour votre bien, votre famille et votre sang! Par votre scepticisme, vous avez livré Dieu : que pouvezvous désormais réclamer?

Dans ce peuple, que vous avez tout à la fois privé de religion, de principes et d’exemples, il est un sentiment auquel vous n’échapperez pas aisément. Il vous dit : Si, le lendemain de Février, nous n’avions demandé qu’une moitié de vos biens, vous laissant l’autre, comme vous l’auriez vite cédée !

Cela part de celte idée du peuple, que tout est à lui ; que vous êtes des détenteurs et des administrateurs pour le moment. Pour bannir Dieu et abaisser la royauté, vous avez déclaré le peuple souverain. Le voilà donc reconnu maître. Mais de quoi, certes, si ce n’est des biens de la France, que vous possédiez lorsque vous étiez souverains? Il est si certain de son droit qu’il vous tolère. 11 ne veut pas tout absorber ni tout détruire encore ; mais le jour n’en lardera pas. 11 s’agit bien du code aujourd’hui!

C’est par tolérance de sa part que vous possédez : vous existez par la grâce du peuple ! El cependant les faits prétendent, au contraire, que le peuple n’existe que par nous !

Vous commencez à comprendre qu’il faut sérieusement combattre le socialisme. Mais le socialisme ne se combat pas, du moins comme vous l’entendez. La force n’est pas ce qu’il faut pour l’anéantir. Le socialisme n’est que l’envie qui éclate naturellement chez les peuples, à mesure qu’ils perdent la Foi. Pour en triompher, il faut rendre la puissance à un dogme qui , non-seulement apporte au monde l’explication de la richesse et de la pauvreté, mais encore, d’une part, atténue dans les âmes les effets de l’envie, et, de l’autre, y fait naitre l’amour du prochain.

L0RDRE SOCIAL.

De là sortait la sève avec la garantie de l’ordre économique entier. Le Catholicisme expliquait tout, faisait tout, et maintenait tout. Qu’il revienne, ou tout s’écroule !

Page 1