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CHAPITRE XIV

Sources et siège du socialisme.

Ce qu’on guérira du socialisme plus difficilement que le peuple, ce sera la bourgeoisie. Le premier veut le renversement de la Société par les faits; la seconde le demande par les idées. Voilà la différence.

Le socialisme n’est que la négation de la Société, c’està-dire de l’homme, c’est-à-dire du mérite, de la religion, de l’autorité, de la justice et de la propriété, enfin de tous les murs de l’édifice.

Les passions orgueilleuses qui ont sapé la Foi, les ambitions impuissantes qui ont détruit l’autorité, les mœurs fatales qui ont miné la famille, sont depuis soixante ans les sources du socialisme, dans lequel on baigne maintenant. Le socialisme n’est que le mal d’un peuple que quitte la civilisation.

Où se tient le scepticisme argumenté, la cupidité en doctrine, et le bien-être pratiqué? Le peuple n’a tout ce socialisme que par instinct, comme un être auquel on ôte momentanément la raison et auquel il reste les sens. Tandis que vous appartenez par l’âme au socialisme.

Ce besoin du bien-être qu’on attend du pillage, ce niveau de terreur qui doit courber les hautes tètes, tous ces espoirs de luxe et de plaisir qui charment ce peuple encore enfant, sont sortis un à un de cette soif du gain, de cette haine de toute noblesse, de cette ardeur de jouir

répandues par les idées et par les mœurs de la classe qui gouverne en France depuis 89.

Son sceptisme, ou bien plutôt son ignorance des principes élevés, lui fait croire qu’on peut impunément détruire la religion d’un peuple, c’est-à-dire mépriser les croyances qui servaient de base à sa conduite, lui donner l’exemple du luxe, le livrer à sa liberté, autrement dit à la licence, l’abandonner à l’athéisme, et que la nature sera assez forte pour maintenir chez ce peuple la civilisation !

Mais au premier choc on verra qu’il n’y a plus de patriotisme dans la nation, de discipline dans l’armée, de principes dans les consciences, de probité dans les affaires, d’honneur dans les individus, ni de sentiments dans les cœurs. L’orgueil, l’envie et la haine seront la religion des masses, et la civilisation croulera en même temps que la nature humaine.

Pourquoi des hommes d’affaires qui se flattent de ne point comprendre les idées élevées, s’obstinent-ils à vouloir gouverner? Dans les classes industrielles qui enveloppent déjà la France, l’abaissement intellectuel est arrivé au point qu’on croit faire preuve d’intelligence, en déclarant qu’on dédaigne les études et les principes supérieurs! Les choses qu’elles ne comprennent pas sont des rêves : les hommes sont en ce monde pour gagner de l’argent et pour jouir. C’est par ces saillies qu’on espère remplacer le christianisme dans le peuple !

Ce peuple s’est révolté, il vous a demandé vos biens, il a renversé des Gouvernements, brisé des lois, chanté ses horreurs, égorgé un archevêque de Paris : pensezvous que tout le crime soit sur lui?

Vous connaissez le résultat économique de l’abus du commerce, en voilà le résultat moral, en voilà l’effet poli-

L ORDRE SOCIAL

tique. Vous l’appelez socialisme quand il met la main sur vous: il commençait quand vous mettiez au pillage les mœurs, l’Autorité et tous les droits. Le but philosophique, le but réel du socialisme, n’est pas d’attaquer telle ou telle personne, mais de reprendre l’homme à Dieu et de le rendre à ses sens. Si c’est à vous que l'on s’adresse, c’est que vous étalez les choses qui reviennent aux sens.

Avouez-le: pourrait-on dès ' aujourd’hui vous rendre à Dieu et faire rentrer en vous la Foi, l’humilité et la frugalité chrétienne? 11 est donc plus difficile d’étouffer le socialisme en vous que dans la foule... 11 est bien plus aisé de faire tourner le peuple au bien, que de changer le cœur du riche.

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