‹ Restauration françaiseChapitre 71 sur 197 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

. La bourgeoisie ouvre elle-même la porte au Socialisme.

Pas d’équivoque : ou tout le capital est légitime, ou il est tout illégitime ! Il est possible que vous ne posiez pas ainsi la question, mais c’est ainsique la pose la Révolution. On ne peut la poser mieux.

Vous doutez, vous tergiversez., vous vous demandez s’il est légitime en toute manière; si, par exemple, la destruction de la féodalité ne fut pas celle d’un capital illégitime? si les biens de l’Eglise, si les titres immatériels acquis par la noblesse, si le droit de propriété pour les couvents sont choses légitimes? Enfin vous en êtes à faire des distinctions : ch bien ! vous êtes socialistes.

Il est évident que si le Capital, autrement dit ce qui est produit et conservé, n’est pas totalement, absolument, imprescriptiblement légitime, le socialisme a raison 1

Hésiter, faire une restriction, c’est ignorer entièrement ce que c’est que le capital. C’est ignorer qu’il n’y en a pas un atome qui n’ait été distillé par une privation, contenu dans une vertu, et transmis vivant par un homme apte à le porter. Ne vous étonoez plus des forces de la Révolution !

La quantité de capital est juste notre quantité de vertu. Car sur le point où cette vertu fléchit en consommation, le capital disparaît. Tout lac se tient au niveau de son déversoir. Ce fait peut-il tromper d’un millimètre? Que le vase, se fêle sur le bord, le fluide s’écoule d’autant. Vous êtes donc sans traditions? Si votre propre légitimité vous est inconnue, qui combattra pour vous?

La bourgeoisie est tout simplement socialiste. Elle maintient en religion et en morale justement le principe d’où le socialisme déduit sa pratique économique. Quand la bourgeoisie dit quelle n’est pas socialiste, elle sait bien peu ce qu’elle dit, elle ne sait pas ce quelle pense. Elle est socialiste même par la racine économique. Ecoutez-la parler des envahissements de l’Église, des empiétements des Ordres religieux, d’une meilleure répartition du capital, de sa mobilisation, de banques hypothécaires, de prévoyance publique, de contributions pour le crédit, etc., etc.; autant de gages offerts au socialisme M

(I) Sans l'appui des Girondins, les Montagnards fl'eussent point réussi. Le désordre ne réussirait pas au sein des civilisations sans l'appui des déclassés et des geus de bien abusés.

Mais ces derniers ne restent jamais impunis. Après la victoire commune, la lutte recommence pour écraser les gens de bien. Les Girondins succoin-

l’ordre social.

Depuis 1830, on a vu le néant de bien des rêves ; beaucoup d’illusions se sont évanouies ; beaucoup s’évanouiront encore : toutes celles que vous professez ! Mais en croulant, ces pans de mur écraseront ceux qu’ils abritent. Ces esprits qui émettent aujourd’hui des déductions effrayantes, ne font que pratiquer des principes qui couvent depuis près de vingt ans chez leurs chers publicistes, chez leurs graves historiens. Ces politiques blêmes n’onl-ils pas déclaré que jamais la propriété n’a passé dans une classe que par un fait social'?. Dès lors, rien de meilleur que les révolutions !

Commode abstraction, que ce capital qui préexiste par lui-mème, que personne ne crée, mais que tout le monde possède, se fait passer, ou se partage au moyen des bouleversements! Littérateurs, qui ne connaissez ni les faits, ni la science des richesses, ni la nature humaine, ni les lois qui viennent de Dieu, combien vous portez avec grâce les clefs de notre ville à l’ennemi !

Qu’elles le sachent, les classes inférieures n’arriveront à la propriété par aucune révolution. . D’après l’ordre établi de Dieu, les hommes ne s’élèvent que par leur vertu ; les classes, que par leur mérite et leurs services.

bèrent, après quelques mois, sous la hache de leurs terribles auxiliaires. Avis aux hommes qui se donnent au Tiers-parti.

(S) Ils laissent & la foule le soin de conclure A une révolution nouvelle pour faire passer la propriété dans les classes qui n'ont que de l'avidité. . .

Ils disent, par exemple, qu'en 89 la bourgeoisie se composait des gros fermiers des riches terres. La révolution ‘les a constitués propriétaires de ce qu'ils exploitaient. Et cependant, qui avait créé et contenu ce capital qu'ils exploitaient? Or s'ils ne l'avaient pas créé, comment étaient-ils aptes A le conserver, ce qui n'est (en cette circonstance aussi) que continuer de créer ?

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