‹ Restauration françaiseChapitre 77 sur 197 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Juger d'après les principes ou juger d'après les faits.

II faut voir le vrai fond des choses. Les uns jugent d’après les principes, et les autres à la vue des faits. Or * les principes sont les lois d’après lesquelles se déterminent lps consciences, et de ces déterminations découlent les faits sociaux. Ces faits ne sont que le résultat de nos déterminations intérieures.

Les faits jettent il est vrai une certaine lumière sur les principes qui les ont amenés. Mais les principes annoncent à coup sur les faits qui se produiront, car ils en sont la source. Les hommes ne peuvent échapper aux mobiles qu’ils se sont donnés. Dans ses principes, la Société lit son propre avenir. Elle voit si elle marche à son salut ou à sa perte.

Ceux qui jugent aujourd’hui d’après les faits perdent de vue la portée de l’époque. Voyez, en morale, la disproportion entre ceux qui se conduisent d’après les principes et ceux qui se conduisent d’après les faits. Entre ceux qui jugent de la Société d’après les principes et ceux qui en jugent d’après les faits, la différence est la même.

Ceux qui, le 23 février, jugeaient d’après les faits, dormaient en toute sécurité; la Foi qui, depuis dix-huit ans, jugeait d’après les principes, veillait dans une triste attente. Les premiers, voyant à celte heure l’ordre reparaître, pensent que tout se termine ainsi. Les seconds

savent que les principes ne s’arrêtent qu’à leurs conséquences. On croit le crime fini dès qu’il est consommé: mais c’est l’instant où il commence...

Vous avez tous porté celte époque dans vos cœurs : vous la porterez maintenant dans vos inlérèts, dans vos familles, dans votre propre existence ! Et nous n'en franchirons pas les difficultés en redoublant d’orgueil et d’opiniâtreté, mais en revenant sur nos pas avec un profond repentir. Voilà ce que les principes enseignent.

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