‹ Restauration françaiseChapitre 79 sur 197 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Celte Révolution est la résurrection des esclaves.

Vu l’état où le voltairianisme et les gouvernements ont mis les masses, la république, c’est la démocratie ; la dé-

mocratie, c’est le socialisme; et le socialisme, c’est la démolition de l’homme.

Veut-on savoir si tel homme est socialiste? Sans attendre qu’il le dise, qu’on examine s’il a la Foi ! Quoi qu’en disent nos sciences tronquées, l’homme ne peut pas se passer d’une conception explicative. Il s’en fait une constamment dans son cœur.

S’il a rejeté la conception d’après laquelle toute fin est en Dieu, c’est pour celle qui veut que toute fin soit en l’homme. L’envie est l’exhaussement tout naturel du moi. La religion le tenait comprimé en lui offrant son mode divin d’élévation. Otez la religion, et la soupape est supprimée. Cette révolution n’est que l’explosion de l’envie. O libéraux ! comptez les gens en position de vous envier, vous saurez le nombre de vos ennemis.

Amusez-vous à vos recensements politiques, à vos perpétuelles élections ! Dans les campagnes, vous avez autant de socialistes, qu’ils le sachent ou qu’ils l’ignorent, que vous avez d’hommes pauvres et sans Foi. Dans les villes, vous en avez autant que d’ouvriers. Et vous pensez par vos expédients redresser la nature humaine ! Et vous pensez , par une liste bien offerte , annuler le mal que depuis soixante ans vos exemples déposent dans les cœurs! C’est avoir une pauvre idée de la nature humaine.

'Si donc la nature humaine s’est replacée sur son orgueil, comment la guérirez-vous? Si l’envie reprend la place de la justice, comment nous gouvernerez-vous? Si la chair redemande à consommer sans travailler, si le cœur de l’esclave est rentré dans l’homme moderne, comment le préserverez-vous de l’esclavage et le contiendrezvous avec la politique moderne ? Quand l’homme ne se soumet pas de lui-mèine à sa conscience, il n’y a d’autre

l’ordre social.

autorité que la force, comme dans l’Antiquité. Devant le socialisme un seul résultat et un seul remède, l’esclavage. Les faits sont là : hors du catholicisme, le knout; hors du christianisme, les ravages ou la faim , c’est-à-dire la mort. Et ce sont là des vérités qui nous menacent...

Vous aviez cru le socialisme uniquement fait pour les villes; vous l’avez vu dans les campagnes. Au fermier il a dit : Tu ne payeras pas ton fermage ; au locataire : Tu ne payeras pas ton loyer ; à l'ouvrier: Tu auras le produit total pour salaire ; à l’immense majorité des endettés : Les hypothèques seront abolies ; puis à la foule: Tu consommeras tout sans travailler. Panem et rircenses.. Quelle force opposer à celle d’une telle logique? Vous venez de ressusciter les esclaves ! mais des esclaves qui n’ont point obéi et qui demandent à vous dévorer.

Toutes vos inventions ne pourront rien sur le coeur de l’homme. Comme le feu devant de la paille, le socialisme s’avancera tant qu’il le rencontrera. Il n’y a plus d’autre parti à prendre que de se mettfe à rétablir la Foi. Conseil très-fort, bien entendu, et qui n’est pas l’œuvre d’un jour. Cependant, Dieu vous aidera, et il vous faudra moins de temps pour régénérer ce peuple que vous n’en avez mis à le démoraliser.

Ce siècle est trempé tout entier dans l’erreur; et il est appelé à rétablir la vérité 1 Qu’est-ce à dire? Qu’on l’attend à l’école du malheur.

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