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CHAPITRE XL1I

Le luxe a créé la misère, l'assistance l’achèvera.

La misère du peuple viendra de ceux qui veulent

tion de bien-être dépassant de quelque chose le travail. Alors, ce serait comme si la nature se mettait à produire, par exemple , un dixième de plus pour une semblable somme d’efforts.

Or, l’Italie offre précisément ce phénomène. La grande fertilité du sol et la douceur du climat y produisent pour le même effort, deux fois plus que dans nos pays. Voyez ce que fait ce peuple ! Voyez le peuple d'Espagne, où le ciel est aussi beau! Voyez les peuples de l’Asie... Vous êtes hommes, et ne savez point ce que c'est que l'homme !

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l’abolir. Il faudrait obtenir de l’homme un surcroît d’effort, et on ramollit son âme au rôve d’un surcroît de bien-être1! Ces hommes ne prévoient donc pas la chute du peuple, parla multiplication des pauvres ou des hommes démoralisés ?

Le premier effet de l’assistance serait de détruire en l’homme le principe de l'activité humaine et la précieuse prévoyance de l’avenir que Dieu s’est vu forcé de lui imposer pour le tenir au travail. Croyez-vous être mieux renseignés que Dieu ? croyez-vous remplacer d’office la nécessité? La question est bien là.

Qu’on fasse seulement une loi d’après laquelle l’Etat nourrira les enfants, et peu après les femmes ; vous verrez alors ce qu’est l’homme, et de combien Dieu s’est trompé! En ce moment, déjà, ceux qui comptent sur le socialisme, ou sur celte loi d'assistance, ne peuvent se remettre au travail. Si vous êtes économistes, calculez ce qu’a eu de ruineux pour le pays celte simple attente, et osez continuer ! — Sur de pareilles espérances, dans les vingt mois qui ont suivi Février , près d’un tiers du travail de la France a été aboli !

L’industrialisme a commencé la misère, la corruption l’a continuée, il ne faut que l’Assistance pour l’achever.

A vous entendre, on croirait que vous avez pour les hommes plus d’entrailles que n’en a en la sainte Eglise ! Au moins regardez bien ce qu’elle a fait : deux choses auxquelles, pendant quatre mille ans, les hommes n’ont

(I ) C’est trop en dire sur ce sujet : tout essai d’assistance sera, en face de la misère, ce qu’une goutte d’eau est à la mer. Le mal est de répandre une idée qui éuerve l’esprit si crédule du peuple Détourner vde la théorie de l’Assistance, c'est assister tous ceux qu’une telle pensée ne pourrait qu’éloigner du travail.

même pas songé; deux choses auxquelles, depuis lors, vous n’avez pas bien pris garde, savoir : l’Hôpital, pour les malades; l’asile, pour les vieillards et les enfants que le Monde avait abandonnés ! C’est-à-dire, que la charité a eu soin d’assister par une institution tout homme offert pieds et poings liés à la nécessité.

Non, il ne faut pas « transporter le christianisme de l’individu dans la conscience du gouvernement »; non, il ne faut pas « une loi organique de l’assistance » , « une taxe des pauvres », « un ministère des nécessités fraternelles » ; il faut la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine, régnant au milieu de nos cœurs...

Et il nou^ faut d’autant plus celle sainle Eglise pour les convier à la charité, que l’époque devra venir en aide à une misère double, celle qui sort de la corruption, et celle qui résulte du déplacement que l’industrie , depuis un siècle, opère sur les villes1.

Pour améliorer le sort du peuple, prenons le vrai chemin ! Créons du travail, par la vertu ; produisons du capital, par la modération dans les jouissances; protégeons les intérêts, par la justice; donnons la sécurité, par la loi et par la Foi, afin que la religion ramène la paix entre les hommes, cette paix qui naît de la sagesse, de l’humilité et de l’amour. Si ces classes tant à plaindre redevenaient chrétiennes, elles redeviendraient laborieuses, économes; puis, ravivant les affections intimes, elles rendraient

(1) Il y a sur noua une dernière misère. Si la charité dépend de la dignité de la main qui donne, elle dépend aussi de la dignité de la main qui reçoit. Autrefois, lorsqu’il y avait dans les classes ouvrières une émulation de vertus et d'efTorts, on aimait A donner, parce qu’on soulageait le malheur. On sait qu'on soulage trop souvent aujourd'hui les résultats du vice. Cette idée tarit une partie de la charité. Retournons à Dieu par tous les moyens I

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à la famille sa fonction de cotisation volontaire, on de société de secours contre le malheur*.

Tous les esprits que la pratique guide en reviendront à cette conclusion, qui fut celle de l’Eglise :

Assistance individuelle, oui ; et, s’il se peut, multipliée, décuplée par la religion. Assistance publique, non. Fermons nos lois aux abus, et ouvrons notre cœur aux pauvres. Les vieux moyens! Nous n’avons qu’une ennemie, la corruption : étoulîons-la, et nous détruirons la misère... du moins autant qu’il est donné de le faire ici-bas.

— L’abolition du vice, dites-vous, serait-elle réellement l’abolition de la misère? — Plaisantez-vous? Supposez-vous que Dieu n’aurait pas réglé la nature de façon que le travail et la vertu pussent en retirer le pain? Il est à croire que votre prévoyance ne saurait dépasser celle de l’Infini..

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