OBSERVATION VII
Hypertrophie prostatique.
Prostatectomie périnéale par voie latérale. Plaie rectale.
Homme de soixante-quinze ans entre service Civiale le 12 août 1910 pour rétention incomplète chronique.
Début il y a deux ans par une crise de rétention complète pour laquelle le maladë vient à la consultation. On le sonde facilement. La prostate n'est pas très grosse. On lui conseille de se sonder régulièrement. Nouvelle crise semblable un an après, le 5 avril 1909. Les urines deviennent alors un peu troubles. Depuis ce moment, le malade se sonde régulièrement deux fois par jour. Entre temps, il à quelques mictions volontaires, surtout la nuit, où il doit se lever lrois ou quatre fois. Aucune douleur. Urines constamment troubles. Le 10 août 1910, le malade revient à la consultation parce que sa sonde ne passe plus. Il entre le 12 dans le service.
ANTÉCÉDENTS. — Aucune maladie grave antérieure. Pas de blennorragie.
EXAMEN. — Malade pâle, d'aspect affaibli. Langue sèche, Soif
constante.
Méut : Normal.
Urètre ; Une sonde béquille n° 21 passe facilement. Longueur du canal, 19 centimètres.
Vessie : On évacue environ 300 grammes d’urines très troubles. Prostate : Au toucher, la glande est sentie très grosse, régulière, bien limitée.
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Cystoscopie : Le passage de l'instrument fait saigner abondamiment le malade, ce qui empêche tout examen.
On met le malade au régime déchloruré et on le sonde trois fois par jour.
Au moment de l'entrée, la température est normale. À partir du 21 août, elle s'élève brusquement et reste pendant quatre jours entre 3) degrés et 4o degrés. Congestion pulmonaire, surtout à droite. Malade très abattu, ventouses sèches et scarifiées aux bases. La fièvre diminue lentement et la température tombe à la normale le 4 septembre.
Epreuve du bleu de méthylène satisfaisante le 8 septembre.
Les mictions volontaires sont redevenues normales. Le malade n'est plus sondé. Urines encore un peu troubles.
OPÉRATION. — 1/4 septembre 1910. M. Henry.
Prostatectomie périnéale par voie latérale, suivant la technique de Wilms. En dégageant la glande en arrière, on effondre la paroi rectale sur 1 centimètre et demi environ. Le rectum était dilaté par un amas de matières, et le malade, insuffisamment endormi, poussait un peu. La prostate est enlevée d’une pièce. Poids, 108 grammes. Suture par la plaie périnéale de la paroi musculaire du rectum par trois points de catgut n° 2. Après dilatation de l'anus, une valve est introduite et on complète par un surjet au catgut n° o sur la plaie de la muqueuse. Drain et mèche rectaux. Tube et mèches comme habituellement dans la plaie périnéale.
RÉSULTAUS IMMEDIATS. — Le soir de l’opération, température 38 degrés.
16 septembre. Ablation des mèches. Le malade est faible. Huile camphrée. Le tube fonctionne bien. Urines sanglantes.
17 septembre. Les urines s'éclaircissent. Température normale.
19 septembre. Ablalion du tube. Mise en place de la sonde à demeure.
20 septembre. Ablation du drain rectal. Purgation.
21 septembre. Muguet buccal. Léger sphacèle de la plaie. Deux petites escarres sacrées. Une petite quantité des matières passent par la plaie. 6
24 septembre. La plaie bourgeonne bien. La sonde fonctionne régulièrement. Urines claires. Les malières passent de moins en moins par le périnée.
30 septembre. La plaie rectale est fermée depuis la veille.
1°" octobre. Le malade se lève. Il est en excellent état. Il mange avec appétit, a engraissé.
6 octobre. Ablation de la sonde à demeure. Une partie minime
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des urines s'écoule par la plaie. La presque totalité est évacuée volontairement par l’urètre.
9 octobre. Toutes les urines sont évacuées par des mictions volontaires. Le malade n’est plus mouillé.
RÉSULTATS ÉLOIGNÉS. — 26 octobre. Le malade, avec un état excellent, quitte l'hôpital. La plaie est cicatrisée complètement. Les urines sont claires. On passe facilement une sonde n° 2. Sitôt après la miction, on constate la présence d’un résidu de 60 grammes. Le toucher rectal permet de vérifier la cicatrisation complète de la paroi, qui est souple.
Revu le 14 décembre 1910. Mictions volontaires normales. Cependant, certains jours, après une fatigue exagérée, surtout la station debout prolongée, le malade laisse échapper involontairement quelques gouttes d'urine. Une miction la nuit. Très bonne santé. Embonpoint marqué. Une sonde n° 20 passe facilement dans le canal. La vessie a une capacité de 200 grammes, résidu nul. Toucher rectal. Rien de particulier.
20 janvier 1911. Le malade est toujours très bien. Pas d'incontinence. Il revient parce que, fréquemment, après avoir uriné, un peu d'urine continue à s'écouler, mouillant ses vêtements. Une sonde n° 20 ne passe pas. Une 18 non plus. Plusieurs béniqués sont essayés, le n° 30 seul passe. On recommande au malade de se faire dilater.
Revu le 18 juin 1911. Le malade ne porte pas d'appareil. Bon état général. Il n’a pas pu venir se faire dilater. Peu d’incontinence vraie, mais le soir ou la nuit, au moment du premier sommeil, il part involontairement quelques gouttes. Cela n'arrive pas, du reste, s’il urine assez souvent, environ toutes les deux heures le jour et trois à quatre fois la nuit. L’urètre est impossible à cathétériser; on peut cependant passer une filiforme. Le malade va venir se faire dilater.