‹ Résultats Cliniques de la Prostatectomie PérinéaleChapitre 27 sur 33 · SOINS POST-OPÉRATOIRES · texte numérisé non relu

SOINS POST-OPÉRATOIRES

Quand on envisage les soins minutieux dont on entourait au début les malades opérés de prostatectomie transvésicale, on peut considérer comme un grand progrès la simplicité des soins post-opératoires après l'opération de Wilms. Cependant, nous devons dire qu’à la vérité, avec la technique de notre maître, le D'° Marion, les soins après l'opération de Freyer sont devenus des plus simples et qu'ainsi le procédé que nous décrivons ici perd un de ses avantages.

Soins GÉNÉRAUX. — Ils sont les mêmes que dans toute prostatectomie : toniques, sérum, huile camphrée, caféine, ventouses contre les complications pulmonaires si fréquentes à l’âge de nos opérés.

Lavages. Nous n'avons jamais fait de lavages systématiques à nos opérés. Exceptionnellement, quand, après la disparition du sang dans les urines, celles-ci restaient troubles et qu'il y avait de la température, nous avons fait par la verge au moyen de la seringue quelques lavages

riG re

à l'oxycyanure ou au nitrate d'argent. Dans certains cas où la plaie prenait un aspect grisâtre,et sphacélé, un ou deux lavages des tissus au permanganate faisaient merveille.

Ablation des mèches. Le tamponnement a toujours été retiré le deuxième jour, en même temps qu'on faisait le premier pansement. En effet, le lendemain de l'opération on changeait le coton et les compresses superticielles seulement quand elles étaient souillées, ce qui était rare. Donc nos opérés passaient en général quarante-huit heures sans être touchés.

Une fois (obs. IX) les mèches ont été enlevées le premier jour parce qu'elles avaient été complètement traversées par le sang et qu’on voulait inspecter la plaie. Rien ne saignait plus du reste. Une autre fois elles tombèrent d’elles-mêmes le lendemain de l'opération (obs. VIII). Enfin chez le malade de l'observation XI elles ne furent par erreur retirées que le troisième jour, et derrière elles, au fond de la plaie, on constata une petite quantité de pus.

Il semble, en effet, que le deuxième jour est la date optima pour retirer le tamponnement. Plus tôt, on peut provoquer un nouveau suintement sanguin; plus tard, il peut se faire de l'infection. Une dernière remarque qui confirme les conseils de Wilms nous est suggérée par l'observation II. Le premier jour après l'opération, le tube vésical ne donna que 400 centimètres cubes d'urines en même temps que le malade accusait des envies d’uriner avec tension hypogastrique douloureuse. Le lendemain, la vessie était très distendue, et l'ablation des mèches fut suivie de la projection à distance d'une volumineuse rétention d'urine mêlée de caillots. Il n'y eut pas d’hémorragie secondaire. Les mèches trop tassées avaient

AOC

comprimé le tube et empêchaient l'urine de s’écouler. Le tamponnement doit toujours être peu serré.

Ablation du tube. C’est le quatrième ou cinquième jour qu'on retire le tube vésical. En général, il faut attendre que les urines ne soient plus colorées par le sang et qu'elles soient claires. Cependant, on peut sans inconvénient le laisser plus longtemps, six ou sept jours. Une fois nous ne l'avons enlevé qu'au septième jour (obs. X) et une autre fois au neuvième jour {obs. [},car les malades conservaient de la température avec urines très troubles.

Sonde à demeure. Wilms chez ses malades enlève le tube vésical au sixième ou septième jour et le remplace par un petit drain qui va dans la cavité prostatique. A partir de ce moment il les laisse avec un simple pansement superficiel qu'on change quand il est mouillé. Tous les deux jours les malades sont sondés et on en profite pour leur faire un lavage vésical. Nous avons essayé à plusieurs reprises de suivre exactement cette technique, mais vu le personnel trop peu nombreux et les supplications du malade, nous avons toujours été obligé de mettre quelques heures plus tard la sonde à demeure. En effet, le malade, qui, dans un service d'hôpital, ne peut être changé à tout instant, macère dans son urine, et cette situation devient pour lui un véritable supplice, empêchant même le sommeil, ce qui n’est pas sans retentir sur son étal général. Or, tous ces vieillards ont plutôt besoin d’être soutenus que déprimés.

Nous devons avouer, du reste, que notre technique doit être certainement pour quelque chose dans l'incontinence qui a suivi si fréquemment. Nous nous en expliquerons en étudiant cette complication.

Quoi qu'il en soit, nous mettons la sonde à demeure en retirant le tube vésical el nous la laissons en place jus-

HENRY. k

te.

qu'à ce que le canal se soit refermé autour d'elle et que la vessie ne communique plus avec la plaie périnéale. De cette façon, le malade ne doit jamais être mouillé. On comprend ainsi que la durée de la sonde à demeure ait été très variable, de six jours à quarante jours. Mais en général, on peut la retirer entre dix-sept et vingt-cinq jours. Pendant ce temps la surveillance de la sonde doit être constante. Il faut, en général, la changer tous les. deux jours et surtout la fixer le plus solidement possible, car elle sort fréquemment de la vessie quand le malade commence à se lever. On peut grâce à elle faire autantde lavages de vessie qu'il est utile. :

Nous mettons une sonde béquille n° 18. Le premier cathétérisme est le plus souvent facile. Mais au bout de quelques jours on éprouve de grandes difficultés pour remettre la sonde en place et il faut soit se servir du mandrin, soit guider la sonde sur le doigt introduit dans la plaie périnéale ou dans le rectum. Ces manœuvres peuvent ne pas être sans danger et c'est peut-être dans ces passages répétés qu’il faut voir la cause de la perforation du rectum tardive, au dixième jour, de l'observation VIII.

Donc, en résumé, quand le personnel est suffisant, il est préférable de ne pas mettre de sonde à demeure et de suivre strictement la technique de Wilms.

LEVER DU MALADE. — Tous nos opérés ont été levés en moyenne du dixième au douzième jour.

Page 1