‹ Résultats Cliniques de la Prostatectomie PérinéaleChapitre 3 sur 33 · OBSERVATION TI · texte numérisé non relu

OBSERVATION TI

Hypertrophie prostatique.

Prostatectomie périnéale par voie latérale.

Homme de soixante-six ans, vient à la consultation du service Civiale pour rétention complète chronique. Il doit se sonder trois fois le jour et une fois la nuit. Entre dans le service le 18 mai 1910.

Début il y a dix ans, par une crise de rétention aiguë qui dura vingt-quatre heures. Depuis cette date jusqu'à il y a deux ans, aucun trouble de la miction.

A la fin de 1908, apparaît de la fréquence des mictions, trois, puis quatre fois la nuit, enfin même le jour cinq à six fois. Le malade doit pousser au début.

Le 27 mars 1910, sans cause apparente, nouvelle crise de rétention complète. Le malade se fait sonder à l'hôpital de la Charité d'où on l'envoie à Necker. On lui met une sonde à demeure pendant sept jours et on le renvoie en lui disant qu'iln’y a pas lieu de l’opérer

Len.

actuellement Il continue à se sonder régulièrement, mais ses urines deviennent troubles.

ANTÉCÉDENTS. — Jamais de maladie grave. Congestion pulmonaire il y a trois ans.

ExAMEN. — État général bon. Embonpoint assez marqué. Bronchite.

Méat : Normal.

Urètre : Une sonde béquille n° 20 passe facilement. Longueur du canal : 21 centimètres. ;

Vessie : On évacue 300 grammes d'urine foncée, à odeur forte. Les dernières gouttes sont formées par du pus presque pur. Pas de sang.

Prostate : Au toucher rectal on la sent uniformément hypertrophiée, du volume d'une petite orange, régulière, bien limitée, dure.

Épreuve du bleu de méthylène. Élimination régulière d'intensité mais prolongée, dure cinq jours et demi.

Pas de température. On met une sonde à demeure. Lavage de vessie à l'oxycyanure.

OPÉRATION. — 26 mai 1910. M. Cunéo.

Prostatectomie périnéale par voie latérale suivant la technique de Wilms.

La prostate est enlevée d’une pièce. Lobe gauche plus développé. Poids, 75 grammes.

RÉSULTATS IMMÉDIATS. — Excellents. Ablation des mèches le 28 mai. Le tube fonctionne bien. Lavage au nitrate d'argent. Température normale.

31 mai. lempérature 38°4, malade dyspnéique. Ventouses. Huile camphrée. Urines ne contiennent plus de sang.

2 juin. Température 39 degrés, respiration soufflante à gauche, urines claires.

À juin. Fièvre est tombée. Ablation du Lube qui est remplacé par une sonde à demeure qu'on introduit facilement.

7 juin. Le malade se lève. Bon état général. Appétit excellent.

10 juin. Ablation de la sonde à demeure.

Pendant deux jours un peu d'urines passe par la plaie périnéale, la majeure partie passant par l’urètre.

15 juin. La plaie périnéale est presque cicatrisée.

RÉSULTATS ÉLOIGNÉS. — Les Jours suivants un peu d'incontinence le jour. A l’occasion d’un effort en montant ou en descendant de son lit, le malade perd quelques gouttes d'urine par la verge. Continence parfaite la nuit.

Mans.

Le cathétérisme urétral est facile. On dilate le malade aux Béniqués. Résidu vésical de 6o grammes.

7 juillet. À neuf heures du soir. Hémorragie cérébrale. Hémiplégie complète.

8 juillet. Malade dans le coma, température 38°2. Mort dans la nuit à quatre heures du matin sans avoir repris connaissance.

AuToPrsie. — La famille s'étant d'abord opposée à l'autopsie autorise un examen limité à la région opérée. Passant donc par une incision périnéale encadrant la cicatrice opératoire, on extrait d’un bloc la vessie, l'urètre et les plans superficiels du périnée.

L'examen de celte pièce étant des plus intéressants au point de vue de la pathogénie de l’inconlinence, nous l’exposerons en étudiant cette complication.

OBSERVATION Il.

Hypertrophie prostatique et calcul vésical.

Prostatectomie périnéale par voie latérale.

Homme de soixante-cinq ans, vient à la consultation du service Civiale pour fréquence des mictions et hématuries. Entre dans le service le 8 juin 1910.

Début il y a deux ans, aprés une fatigue; dans la journée ou le soir, jamais le malin, le malade constate que ses urines sont sanguinolentes, les dernières gouttes étant toujours plus colorées. Ces hématuries se renouvellent une ou deux fois par mois. En outre, par moments, pendant une miction, le jet d'urine s’interrompt pour recommencer après quelques efforts. En contractant sa vessie, le malade perçoit nettement quelque chose de dur qui se déplace et occasionne une légère douleur. Les mictions deviennent plus fréquentes, trois à quatre fois le jour, deux à trois fois la nuit. Début un peu relardé.

ANTÉcÉDENTs. — Blennoragie à dix-huit ans. Il y a neuf ans deux crises de colique néphrétique, l’une à droite, l’autre à gauche. A la suite de chacune expulsion de sable et de graviers. Plusieurs crises de rhumatisme articulaire, la première à vingt-quatre ans. Hydrocèle vaginale gauche depuis l’âge de vingt ans.

Examen. — Malade gras, bien portant.

Méat : Normal.

Page 1