‹ Résultats Comparatifs de la Réaction de Bordet-Wassermann dans le Sang du Cordon, le Sang de la Mère et le Sang de l'EnfantChapitre 14 sur 25 · OL" NT TE · texte numérisé non relu

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La statistique Ge M. Montlaur donne sur 71 grossesses :

38 cas de survie ; 39 cas de mort.

Celle de Leredde et Drouet, sur 1000 grossesses :

592 cas de survie :

408 cas de mort.

Pour la syphilis héréditaire, Potelune trouve sur 331 grossesses :

39 cas de survie ; 292 cas de mort.

Si nous rapprochons de cette dernière statistique les observations de nos malades du deuxième groupe (femmes à Wassermann partiellement positif et à Desmoulières totalement posilif), nous constatons que sur » accouchements nous n'avons que deux enfants encore vivants le dixième jour : un est mort à 5 jours après une hématémèse, un autre, né prématurément, n’a vécu que quelques heures, le troisième, hydrocéphale, à dû subir une basiotripsie. Et les grossesses antérieures de ces femmes n'avaient pas donné de meilleurs résultats ; à elles cinq elles eurent 19 grossesses, qui ne donnèrent’ que #4 enfants vivants et 16 cas de mort du produit de conception.

La raison de cette anomalie nous semble venir du faitque les manifestations de l'infection, plus frappantes dans la syphilis acquise que dans la syphilis héréditaire, sont plus fréquemment et mieux traitées,

Enfin Hutinel a montré que l’action nocive de la syphilis héréditaire, action qui débuta déjà avant la naissance de la future mère, s'exerce avec élection sur les glandes à sécrétion interne, l'ovaire en particulier ; celui ci ne produira donc que des ovules altérés, débilités, dont la fécondation sera difficile, dont la greffe dans l'utérus sera imparfaite, fragile, dont le développement ne pourra être mené à bonne fin; en conséquence, les avortements,accouchements prématurés, malformations fœtales seront plus fréquentes dans la syphilis héréditaire que dans la syphilis acquise qui n’a pas imprégné si fortement les différentes glandes de l'organisme maternel.

Quant au sang du cordon, d’après les résultats trouvés dans le premier groupe, nous pouvons déduire que pour le deuxième groupe le Bordet-Wassermann sera presque entièrement négatif. Nous avons en effet observé dans le premier groupe que le sang du cordon offrait presque les mêmes réactions que celui de la mère, donc le sang des mères du second groupe donnant une réaction de Wassermann type partiellement positive, le sang du cordon donnera aussi un Wassermann partiellement positif. La réaction de Desmoulière, elle, bien que positive dans le sang maternel, n’offrira que peu d'intérêt pour le sang funiculaire puisque nous savons déjà qu’elle y est presque toujours nulle.

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Le troisième groupe qui ne comprend que des femmes à Wassermann très faiblement positif ou plus souvent négatif et à Desmoulières partiellement positif ne donne pour lé sang du cordon que des réponses négatives.

Mais jamais, et ce fait mérite d’être souligné, nous n'avons constaté dans ces deux derniers groupes une réaction positive dans le sang du cordon et négative dans le sang de la mère; ainsi nous n’avons pu vérifier l'hypothèse formulée par Laffont à propos de pareils cas qu'il aurait rencontrés fréquemment. Rappelons que Laffont a remarqué que l’on pouvait toujours dans ces cas relever chez la mère l'expulsion antérieure d’enfants morts et macérés et qu'il tente d'expliquer la négativité de ces réactions par un état d’anergie syphilitique chez des femmes manifestement syphilitiques. Dans de tels cas les réactions fournies par le sang funiculaire conserveraieut toute leur valeur diagnostique.

Nous n'avons pu étudier ce côté pourtant très intéressant de la question parce que nous n’avons pas rencontré de réactions positives chez l’enfant et négatives chez la mère. En effet ne pouvant examiner systématiquement tous les sangs du cordon à cause du trop grand nombre d'examens que cela aurait nécessité, nous avons dù nous contenter de n’examiner le sang du cordon que lorsque nous avions des raisons de le croire positif, c'est-à-dire lorsque nous avions préalablement examiné le sang maternel el lorsque celui-ci était positif. Cependant devons-nous dire que parmi les femmes à réaction positive nous en avons rencontrées qui avaient auparavant expulsé des fœtus morts et macérés. Mais

le trop petit nombre de nos observations ne peut nous autoriser à généraliser et le fait de n’avoir que des réactions positives n'implique pas du tout que l’on ne puisse en rencontrer de négatives chez les femmes qui ont de tels antécédents. En effet Laffont ne conclut pas à la Suppression totale de la valeur de la réaction, mais à son abaissement : il n’a relevé « dans le sang des femmes qui présentent de tels commémoratifs qu’un chiftre relativement faible de Wassermann positifs »; mais il en a trouvéet si nos recherches avaient porté également sur les femmes à Wassermann négatif, nul doute que parmi celles-ci nous n’en ayons rencontrées qui n'aient eu les mêmes accidents dans leur passé.

Îl. SANG DÉ LA MÈRE. SANG DU CORDON ET SANG DE L'ENFANT

Les sangs soumis à l’examen proviennent de 30 femmes et de leurs enfants nouveau-nés. Pour en faciliter l'étude ils ont été classés, comme les cas du cordon en trois groupes d’après les réactions maternelles :

Wassermann totalement positif ;

Wassermann partiellement positif et Desmousn lières totalement positif ; Wassermann partiellement positif ou négatif

et Desmoulières partiellement positif.

Dès l'abordune constatation s'impose: les réactions du sang du cordon sont plus voisines de celles de la mère que de celles de l'enfant. Sur 5 sangs du cordon à Wassermann posilif les mères ont toutes les cinq un Was- ; sermann positif, (soit 100 %) tandis que deux enfants seulement sur les cinq ont un Wassermann positif (soit 40 ). Constatation paradoxale puisque le sang du cordon est celui là même qui circule dans l’organisme de l'enfant et qu’il reste toujours séparé du sang maternel par la couche de cellules syncytiales, au travers de laquelle doivent se faire tousles échanges entre la mère

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el l’enfant. Le sang du cordon se comporte comme si c'était le foie du fœtus et non le placenta qui constituait une barrière entre la mèreet le fœtus, comme si le Sang du cordon appartenait à la mère et non au fœtus.

Doit-on considérer l'enfant dans le sein de sa mère comme à la phase primaire de la maladie, phase où la réaction de Bordet Wassermann déjà positive dans le sérum de la partie malade (sérosité du chancre chez l'individu qui vient d’être contaminé, sang maternel pour l’enfant chez qui s’installe l'infection) reste encore négative dans les parties de l'organisme qui ne seront touchées qu'après la diffusion de l’agent infectant (sang du malade après le chancre, enfant né de mère syphilitique et dont la maladie ne se révèlera que par des accidents secondaires).

Ceci n’est qu’une pure hypothèse ; mais n’a-t-on pas le droit de la formuler en considérant les travaux de M. Manouélian qui a mis en évidence des chancres typiques, contenant des tréponèmes, sur le cordon d’enfants dont les viscères et le foie en particulier ne laissaient voir aucune trace de spirochètes ?

On ne peut guère invoquer l'influence du traitement sur les réactions sérologiques de l’enfant : deux femmes traitées de même manière, pendant le même temps, présentent toutes deux au moment de l’accouchement des réactions totalement positives (Wassermann HO, Desmoulière HO) dans leur sang et dans le sang du cordon, l'enfant de l’une (Obs. III) a une réaction presque totalement positive (Wassermann Hi, Desmoulières HO)

l'enfant de l’autre (Obs. 1) une réaction positive très FONTAINE 3

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atténuée (Wassermann H6, Desmoulière H6); trois femmes (Obs. II, IV et V) très peu ou pas traitées, à réaction totalement positive (Wassermann H0, Desmoulière HO) accouchent d'enfants dont ie premier a une réaction totalement positive (Wassermann H0, Desmoulière HO) (IV) le second une réaction négative (Wassermann H8, Desmoulière H8) (V) et le troisième une réaction positive atténuée W — H5, D = H6 (Obs. IF).

Et ces enfants dont les réactions diffèrent à la naissance, que deviendront-ils ? Les uns, ceux qui présentent une réaction positive, sous l'influence d’un traitement énergique verront leur réaction s’atténuer et devenir négative ; les autres, abandonnés à eux-mêmes sur la foi de leur réaction négative verront au contraire celle-ci devenir positive.

Et ce n’est qu’en introduisant cette notion du traitement observé ou négligé que nous pouvons souscrire aux conclusions de Williams, mais chacun saisira combien ce facteur traitement change le sens des faits constatés.

Donc encore plus que chez l'adulte où une réaction de Wassermann négative n'élimine pas la possibilité de syphilis, une réaction négative chez un enfantné de mère suspecte ne doit autoriser à s'abstenir de tout traitement. Il ne faut pas oublier qu'il est aujourd’hui démontré que ia réaction de Bordet Wassermann chez l'enfant demande parfois quelques semaines ou quelques mois pour devenir positive ; plusieurs de nos observations viennent à l’appui de cette constatation, nous n’en citerons qu'une particulièrement démonstra-

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tive, celle de l'enfant André G.. (Obs. XXXV) dont la mère avaitau moment de l’accouchement une réaction de Wassermann à H4 et de Desmoulière à HO. Cette femme, IX pare, a six enfants vivants ; un (première grossesse) est mort à 3 mois 1/2 en nourrice ; la deuxième grossesse s’est terminée par un avortement de 3 mois; la cinquième par l'expulsion d'un enfant mort-né. Sur les six enfants quilui restent les trois aînés Sont bien portants et ont un Wassermann totalement négatif ; le quatrième suspect de tuberculose est hospitalisé à San Salvadour, sa réaction de Wassermann n'a pas été faite.

Après la naissance de ce quatrième enfant le mari aurait contracté la syphilis et aurait contaminé sa femme ; le cinquièmeenfant, âgé de 3 ans, paraît bien portant mais aun Wassermann partiellement positif.

Quant au sixième, celuiqui nous intéresse, il parait bien constitué à sa naissance, pèse 5.200 gr., son placenta 800 gr.

Quand l'enfant a 2 mois 1/2, un médecin consulté pour ictère lui ordonne desfrictions mercurielles ; il lui aurait trouvé une grosse rate et un ventre élalé. Nous revoyons cetenfant deux fois à 5 et à, mois, il présente un front bombé, un nez légérement en lorgnette, un gros ventre flasque, des ganglions inguinaux, un chapelet costal de la nervosité.

Ses réactions sérologiques donnent :

à l’âge de 8 jours: Wassermann H8 Desmoulière H7

HET à l’âge de 5 mois: Wassermann HO Desmoulière H3

à l’âge de 9 mois: Wassermann HO Desmoulière HO

Jamais nous avons observé de réactions négatives chez la mère et positives chez l'enfant ; mais nous savons que cela s’est vu et nous connaissons les conclusions qui en ont été tirées.

Parfois nous avons observé des réactions positives chez la mère et négatives chez l’enfant à la naissance ; nous avons vu que le traitement de la mère ne doit avoir que peu d'influence sur la sérologie du nourrisson et que celui-ci peut voir sa réaction devenir positive assez tardivement. Souvent nous avons observé des réactions positives chez la mère et positives chez l’enfant.

La démonstration de la valeur d’une réaction positive chez l’adulte n’est plus à faire. La démonstration de la non-valeur de la réaction négative chez l’adulte pour écarter le diagnostic de syphilis n’est pas davantage à faire. Chez le nourrisson une réaction négative a encore moins de valeur que chez l'adulte pour écarter l’idée de spécificité puisque nous avons vu qu’une réaction, négative à la naissance, pouvait devenir positive plus tard.

Et chez le nourrisson une réaction positive a-t-elle autant de valeur que chez l'adulte ? Oui, évidemment puisque presque toujours la réaction positive chez l’enfant est accompagnée de réaction positive chez la mère.

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De plus cette réaction positive n’est jamais chez lui l'unique manifestation de la syphilis, elle est toujours accompagnée d’un, si ce n’est de plusieurs autres signes généralement attribués à la syphilis ; sur 17 observations de nourrissons à Bordet-Wassermann positif nous avons rencontré 4 fois une grosse rate, preuve incontestée de syphilis, une fois du pemphigus, une fois des malformations multiples chez le nourrisson luimême ; dans les antécédents maternels nous avons relevé 4 fois un ou plusieurs accouchements prématurés, une fois l'expulsion d’enfant macéré, 3 fois une polymortalité infantile nette, 3 fois de l’hydramios. Par contre, l’un des plus fréquents symptômes, les avortements antérieurs, n’a jamais été observé et l’hypertrophie placentaire, une seule fois.

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