‹ Résultats de l'examen de dix mille observations de hernies, recueillies a la consultation des bandages au Bureau central du 4 février 1881 au 11 août 1884Chapitre 24 sur 84 · V. — HERNIES ÉiaGASTRIQLES · texte numérisé non relu

V. — HERNIES ÉiaGASTRIQLES

Les auteurs anglais, sous le noiii de hernies ventrales, comprennent toutes les hernies, quel que soit leur point d'émergence, qui se font en d'autres points de la paroi ahdominale que l'aine et le nombril. Ils confondent donc sous une dénomination commune des hernies aussi dissemblables que la hernie épigastrique et la hernie lombaire. Macready, qui ne paraît conserver la catégorie des hernies ventrales ainsi définies que par respect pour d'anciens usages, divise ces hernies en plusieurs espèces : les hernies ventrales de la ligne blanche correspondent à nos hernies de la ligne blanche, principalement aux hernies épigastriques, bien différentes des hernies beaucoup plus rares qui se font au-dessous de l'ombilic. Il considère comme une sorte de hernie ventrale une lésion particulière, qui n'est pas une hernie, qui ne donne même lieu à aucune hernie proprement dite, mais qui chez l'enfant coexiste souvent avec des hernies de diverses sortes; c'est l'éventration sus-ombilicale à laquelle il donne le nom assez mal approprié de « divarication of the recti ». Il étudie à part les hernies latérales qui se font au niveau des muscles droits et qu'il appelle les hernies des lignes transverses. Sous le nom de hernies de la ligne semi-lunaire il étudie les hernies ventrales proprement dites ou laparocèles; enlin, comme je viens de le dire, il termine le chapitre par l'étude des hernies lombaires. Je n'ai point ici de description à faire, mais seulement à ranger les faits que j'ai observés dans un ordre qui corresponde le plus exactement possible aux classifications pathologiques reçues et qui permette de les comparer à ceux qui ont été recueillis à l'étranger dans des conditions à peu près similaires; voici donc la nomenclature que j'ai adoptée :

Sous le nom de hernies épigastriques j'ai désigné toutes les hernies qui se font dans la région comprise entre l'appendice xiphoïde du sternum et l'ombilic et limitées latéralement par le bord externe des deux muscles grands droits de l'abdomen. Les hernies qui se font en dehors de ces deux muscles restent désignées sous le nom de hernies ventrales ou de laparocèles. Les hernies lombaires enlin sont celles qui se présentent, non dans dans le flanc, au-dessous de l'extrémité antérieure des dernières côtes, comme celles que Macready comprend sous cette dénomination, mais exclusivement celles qui apparaissent à la région lombaire proprement dite, sur les côtés de la colonne vertébrale, entre la crête iliaque et la dernière côte.

Les éventrations sus-ombilicales ne sont pas des hernies; leurs

rapports avec la hernie épigastrique seront signalés; il en sera question surtout quand, plus tard, nous envisagerons l'influence qu'a la forme du ventre sur le développement des hernies. Quant aux éventrations sous-ombilicales, aux distensions de la ligne blanche dans sa portion sous-ombilicale, nous en parlerons à l'occasion de certaines hernies ventrales. Nous y reviendrons aussi dans les considérations relatives aux hernies cicatricielles et aux hernies traumatiques qui termineront ces chapitres.

Les hernies épigastriques dont il va être question comprennent donc les hernies sus-ombilicales de la ligne blanche et quelques hernies situées un peu à droite ou un peu à gauche, soit sur les parties latérales de la ligne blanche, soit sur les intersections aponévrotiques des muscles grands droits, soit dans la gaine même des muscles grands droits, distinctions qu'il est absolument impossible de faire sur le vivant.

Ici encore nous allons constater entre les chitTres recueillis à la Société des bandages de Londres et les miens un écart colossal; et il s'agit pourtant de hernies d'une constatation des plus élémentaires, qui ne peuvent prêter à aucune espèce de doute ni d'hésitation, au sujet de l'existence desquelles, par conséquent, aucune contestation n'est possible quand elles ont été vues et maniées par les doigts d'un chirurgien.

Voici les chiffres de la Société des bandages de Londres pour les années 1888, 1889 et 1890, tels que les donne Macready ' :

niiRMES

INGUINALES

CRURALES

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