‹ Résultats de l'examen de dix mille observations de hernies, recueillies a la consultation des bandages au Bureau central du 4 février 1881 au 11 août 1884Chapitre 31 sur 84 · UX · texte numérisé non relu

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Fig. 1.

Dans ce tableau, comme dans quelques-uns de ceux qui vont suivre, il faut remarquer avec soin que les premiers intervalles de temps marqués sur la liffne horizontale sont plus courts que ceux qui les suivent el qui correspondent à des périodes de cinq années; la ligne qui figure la fréquence absolue des hernies, à ces dilTérenles périodes, ne représente donc pas exactement la loi de croissance ou de décroissance de la fréquence des hernies à ces divers tîges : on conçoit qu'elle devrait être bien plus élevée pour les premières divisions correspondant à des périodes de un an, de quelques mois, que pour les autres qui représentent des périodes de cinq années; ou réciproquement beaucoup moins élevée pour celles-ci que pour celles-là. La même remarque est applicable aux tableaux, pages 93, 96 et 101, qui donnent l'âge des sujets masculins atteints de hernies inguinales congénitales, de hernie ombilicale, et la fréquence comparée des diverses espèces de hernies chez la femme aux différents âges.

plus en plus vite, et la courbe se termine par une chute rapide entre quatre-vingts et quatre-vingt-dix ans passés. La proportion des hernies étant bien plus forte dans le sexe

masculin que dans le sexe féminin, les variations de la courbe en question y sont plus prononcées et plus rapides, mais elles coïncident dans l'un et l'autre sexe avec un synchronisme parfait qui indique de la façon la plus indiscutable la relation qui existe entre l'âge et l'évolution des hernies.

Il faut aussi faire observer que les variations du chiffre absolu des hernies suivant les âges (colonnes 2 des tableaux) suivent à peu près la même loi que celles du chiffre des hernies rapporté au chiffre de la population de même âge, mais que les maxima et les minima ne coïncident pas dans les deux séries : le chiffre absolu des hernies, qui présente un premier maximum dans la première année, arrive au minimum entre dix et quatorze ans, dans le sexe masculin, entre quinze et dix-neuf dans le sexe féminin, puis il remonte pour atteindre le deuxième maximum entre soixante et soixante-quatre ans chez l'homme, entre soixante-cinq et soixante-neuf chez la femme, et pour retomber ensuite. Nous allons voir la cause de ces différences en analysant la courbe qui représente la fréquence des hernies par rapport au chiffre de la population de même âge.

Le maximum initial que présente la fréquence des hernies dans la première année est dû à l'énorme proportion de hernies congénitales, inguinales surtout chez les garçons, presque exclusivement ombilicales chez les petites filles.

Comment se fait-il que cette proportion s'abaisse si rapidement que chez l'homme elle soit réduite de 29,6 à 1,62 0/00 et chez la femme de 9,5 à 0,27 0/00 à l'âge de vingt ans? Deux causes peuvent être invoquées : la mortalité des enfants en bas âge, qui, portant particulièrement sur les enfants atteints de hernie, les ferait disparaître ; la guérison spontanée ou par les bandages de la plus grande partie des hernies de la première enfance. La première n'est pas admissible; nous verrons plus loin qu'un certain nombre d'enfants atteints des hernies sont chétifs ou même malades; mais ce n'est là qu'une très faible minorité. La majeure partie des enfants qui sont amenés au Bureau central ou que l'on soigne en ville pour des hernies, se présentent dans des conditions de résistance à peu près normales; en admettant même que la mortalité puisse être un peu plus forte pour les nouveau-nés atteints de hernies que pour les autres, on ne saurait lui attribuer la disparition des 18 ou 19 vingtièmes des hernieux du premier âge.

La guérison spontanée ou sous l'influence de bandages, souvent très insuffisants, de la plupart des hernies de la première enfance ressort donc nettement des chiffres accusés par la statistique : elle seule peut expliquer cette diminution graduelle de la propor-

tion des hernies : c'est un fait que vient d'ailleurs confirmer l'expérience de ceux qui ont eu l'occasion de voir et la patience de suivre de près un grand nombre de nouveau-nés atteints de hernies. S'agit-il en pareil cas de guérisons véritables ou d'une simple disparition de la hernie qui ne sort plus mais qui reste à l'état de menace? Un grand nombre d'observations sur lesquelles je reviendrai par la suite, me portent à croire que souvent la hernie, en apparence guérie, n'est que dissimulée pour un temps plus ou moins long, mais comme, en pareil cas, c'est quinze, vingt ans après la guérison de la hernie infantile qu'on voit une nouvelle hernie apparaître au même siège, il est fort difficile de dire si ce n'est pas une nouvelle propulsion du péritoine qui se fait en une région où l'existence antérieure d'une hernie congénitale avait laissé comme un point faible, lléservant encore ce point sur lequel je reviendrai en parlant de l'époque de l'apparition des hernies, il est hors de doute que la majorité des enfants qui portent des hernies dans leur première année, en sont guéris dans la seconde enfance et dans l'adolescence. C'est à 1 âge du service militaire que les hernies atteignent leur minimum de fréquence.

Depuis l'âge de vingt à vingt-quatre ans, le chiffre de la population diminue graduellement tandis que le cliiffre absolu des hernieux augmente : la proportion des hernieux par rapport au chiffre de la population s accroît donc d'une façon constante; surtout à partir de la quarantaine. Entre soixante - cinq et soixante-neuf ans, le nombre des hernieux commence à décroître mais moins rapidement encore que le chiffre de la population, de telle sorte que la proportion des hernieux ne cesse d'augmenter; ce n'est qu'à partir de soixante-quatorze ans environ qu'elle se trouve en diminution.

L'accroissement de la proportion des hernieux jusqu'à cet âge est évidemment dû à ce que de nouvelles hernies en grand nombre se développent chez les gens âgés, compensant et même surpassant le nombre de celles que la mortalité fait disparaître : mais à quelle cause est due la diminution de la proportion des hernies à partir de l'âge de soixante-quinze ans'.' Elle peut être due à ce qu'il y a plus de hernieux qui meurent que de hernies qui se développent : voici pour le chiffre absolu des hernies. Pour ce qui est de la proportion du chiffre des hernieux au chiffre delà population, la diminution pourrait être expliquée par une mortalité beaucoup plus grande chez les hernieux que chez les autres sujets; le fait n'est pas impossible, mais il est encore d'autres causes qui peuvent faire diminuer la proportion des hernies observée au Bureau central et comparée au chiffre de la

population de même âge : passé Tàge de soixante-quinze ans, les sujets atteints de hernie ne se déplacent plus aussi aisément pour venir à la consultation; la plupart d'entre eux négligent le port du bandage qui leur donne trop de tracas et d'ennuis; enfin bon nombre de hernieux, en raison même de leur infirmité, ont été admis dans des maisons de retraite. Il ne faudrait donc pas voir dans cette diminution de la proportion des hernieux, la preuve d'une mortalité particulièrement élevée atteignant les sujets âgés porteurs de hernies.

Ce qui reste acquis c'est que la proportion des hernies, très forte dans l'un et dans l'autre sexe pendant la première année de la vie, diminue très rapidement et se réduit au minimum à l'âge de vingt à vingt-quatre ans; qu'elle augmente avec l'âge à partir de cette époque et que cet accroissement se prolonge jusqu'à la période de soixante-dix à soixante-quinze ans, au delà- de laquelle la proportion des hernies décroît lentement d'abord, puis de plus en plus rapidement, à mesure que l'on arrive aux extrêmes limites de la vieillesse.

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