‹ Résultats de l'examen de dix mille observations de hernies, recueillies a la consultation des bandages au Bureau central du 4 février 1881 au 11 août 1884Chapitre 65 sur 84 · DES HERNIES · texte numérisé non relu

DES HERNIES

Il suffit de demander à un certain nombre de femmes comment se sont développées leurs hernies pour s'entendre dire à chaque instant : « C'a m'est venu à la suite d'une grossesse — à la suite d'une couche », de même que les hommes disent le plus souvent : « Cette hernie m'est venue à la suite d'un effort ». Qu'y a-t-il de vrai dans cette affirmation et dans quelle mesure les grossesses et les accouchements favorisent-ils l'apparition et l'accroissement des hernies? Telle est la question que je vais chercher à résoudre en me fondant sur les documents que j'ai recueillis au Bureau central, question dont la solution est beaucoup plus complexe qu'on ne pourrait le croire tout d'abord.

J'ai interrogé toutes les femmes nubiles qui se sont présentées à la consultation des bandages, depuis l'âge de quinze ans jusqu'à l'extrême vieillesse, sur leurs antécédents à ce point de vue, et j'ai noté avec soin le nombre de grossesses qu'elles avaient traversées. Je n'ai retenu que les grossesses qui se sont terminées à terme, ou peu s'en faut, par la naissance d'un enfant bien développé, vivant ou mort, et je n'ai pas tenu compte des avorte ments et des fausses couches sur lesquelles d'ailleurs les femmes ne peuvent donner que des renseignements tout à fait insuffisants. Sur un tableau j'ai relevé, suivant l'espèce des liernies, le nombre de femmes qui se sont présentées ayant eu de 1 à 22 accouchements, cliilïre maximum qu'il m'ait été donné de noter, chaque colonne verticale réunissant pour les diverses sortes de hernies ou d'associations de hernies, les cas qui possédaient le même nombre de grossesses dans leurs antédédents : la somme de chaque colonne verticale nous donne par conséquent le chiffre de femmes atteintes de hernies qui ont traversé le même nombre de grossesses; la somme de chaque ligne horizontale exprime le nombre de femmes atteintes d'une variété donnée de hernie qui ont eu une ou plusieurs grossesses : enfin une colonne à part indique la proportion, pour chaque sorte de hernies, des femmes qui ont eu des enfants au nombre total des femmes atteintes de cette même variété de hernies qui se sont présentées à la consultation.

Considérés en eux-mêmes, les résultats accusés dans ce relevé ne sont pas dépourvus d'intérêt : sur 2229 femmes de tout âge, à partir de quinze ans, qui étaient atteintes de hernies, 1871, c'est-à-dire plus de 83 0/0, avaient eu des enfants.

En étudiant isolément les résultats partiels, nous observons que les femmes ayant eu un ou plusieurs enfants, sont en proportion plus considérable parmi celles qui ont des hernies inguinales ou crurales doubles, que parmi celles qui ont des hernies simples ("^2,3 et 81,6 0/0 pour les premières, 84,5 et 86,9 0/0 pour les secondes), ce qui semble bien indiquer que le nombre des hernies va croissant avec le nombre des enfants. Pour avoir de ce dernier fait une notion certaine il faudrait pouvoir posséder et comparer les éléments suivants :

1° Sur mille femmes quelconques à Paris, quelle est la proportion de celles qui n'ont pas eu d'enfants et de celles qui ont eu 1, 2, 3 ou un nombre déterminé d'accouchements?

2° Sur mille femmes atteintes de hernies à Paris, quelle est la proportion de celles qui n'ont pas eu d'enfants, et de celles qui ont eu un nombre déterminé d'accouchements?

On peut prévoir, et nous allons le constater, que les proportions

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