ONT EU : ENFANTS
VII et -f
Sur 1000 femmes mariées au moment de la dissolution du mariape.
Sur 1000 femmeatteintes de lier nies à partir de quinze ans
On constate tout d'abord, chez les femmes atteintes de hernies, la prépondérance prévue des nullipares, prépondérance due à la proportion des femmes non mariées et qui n'ont pas eu d'enfant. En comparant entre elles les deux listes, il est facile de voir que les chiffres de la première décroissent très rapidement à mesure que s'élève le nombre des grossesses, de telle sorte qu"JI y a quatre fois moins de femmes ayant eu six enfants que de primipares, tandis que ceux delà seconde se maintiennent presque au même niveau; à côté de 114 primipares atteintes de hernies, nous trouvons 97 femmes ayant eu 6 grossesses, et la proportion des femmes ayant eu 7 grossesses et plus, parmi les hernieuses, est beaucoup plus que double de celle que présentent les femmes mariées ayant eu 7 enfants et plus, dans la première liste.
Cette différence de proportion devient encore beaucoup plus manifeste si l'on songe que les femmes qui se sont présentées au Bureau central pour avoir un bandage, appartenaient à tous les âges de la vie, que pour un nombre considérable d'entre elles
l'existence génitale n'était pas encore terminée et que beaucoup d'entre elles ont encore dû avoir des enfants, tandis que les chiffres de la première liste ont été recueillis à la dissolution du mariage, c'est-à-dire à une époque où la femme, si elle vivait encore, ne devait plus espérer avoir des enfants, au moins dans la majorité des cas.
Il est donc incontestable que la proportion des femmes qui ont eu des grossesses multiples est bien plus élevée pour les femmes qui sont atteintes de hernie que pour les femmes quelconques du même âge. Cette augmentation du nombre des multipares, chez les hernieuses, indique clairement la relation qui existe entre les grossesses répétées et le développement des hernies, et doit faire considérer la grossesse et l'accouchement comme l'une des causes prédisposantes principales, sinon comme une cause efficiente de leur apparition.
Cette manière de voir est en opposition formelle avec celle de Wernher qui, se fondant sur la considération de 429 hernies inguinales et de 416 hernies crurales recueillies sur des femmes de tout âge à la Société des bandages de Londres, arrive, après quelques considérations très sommaires, à la conclusion que les grossesses n'ont pas une influence marquée sur le développement des hernies. Telle n'est pas, d'ailleurs, l'opinion de Macready : d'un nombre vraiment trop faible d'observations (490 en tout) il conclut que, pendant la période d'activité sexuelle de la femme, de vingt à quarante-cinq ans, la proportion des nullipares aux femmes qui ont eu des enfants est comme 1 : 1,2, tandis qu'elle est comme 1 : 2,7 pour les femmes atteintes de hernie. L'influence de la gestation et de l'accouchement sur la proportion des hernies est donc pour cet auteur un fait acquis, mais il n'entre dans aucune considération sur le rôle des grossesses multiples, il n'indique pas la relation du nombre des grossesses avec la proportion des femmes atteintes de hernies, il passe tout à fait soussilence les hernies autres que les inguinales et les crurales, et il ne mentionne même pas les hernies multiples dans leurs rapports avec la grossesse et l'accouchement.
L'on a déjà vu que la proportion des femmes ayant eu des enfants est plus forte parmi celles qui ont des hernies inguinales ou crurales doubles que parmi celles qui ont des hernies simples. Certaines variétés de hernies paraissent également ressentir plus que d'autres l'influence des grossesses et de l'accouchement : tandis que pour les hernies inguinales simples la proportion des femmes ayant eu des enfants est de 82 0/0, elle est 84 0/0 pour les hernies inguinales doubles. Cette proportion est 81,6 0/0 pour les femmes atteintes de hernies crurales simples, 86,9 0/0 pour
celles qui ont des hernies crurales doubles. Elle s'élève à 88,1 0/0 pour les hernies ombilicales, à 89,6 0/0 pour les hernies ventrales, à 100 0/0 pour les femmes qui ont des hernies ombilicales associées à des hernies crurales. Les femmes ayant eu des enfants ne représentaient d'autre part que 66,6 0/0 de celles qui présentaient des hernies épigastriques ou des hernies de la ligne blanche (éventrations non comprises).
On voit, soit dit en passant, combien le chiffre des femmes qui ont eu des enfants est plus élevé dans ma statistique que dans celles auxquelles se réfèrent Wernher etMacready. Les chiffres recueillis par le premier de ces auteurs donnent comme proportion des femmes ayant eu des enfants, 70,6 0/0 des femmes atteintes de hernies inguinales, 69,9 0/0 de celles qui présentent des hernies crurales ; la statistique du second aboutit aux proportions de 75,7 0/0 pour les femmes atteintes de hernies inguinales, 75,5 0/0 pour celles qui ont des hernies crurales : mais les investigations de ces auteurs n'ont porté que sur un chiffre d'observations bien moindre que le mien et probablement insuffisant, car on ne s'expliquerait pas qu'en Angleterre, où la natalité est plus forte qu'en France, la proportion des femmes ayant eu des enfants, prise sur le nombre de celles qui se font traiter pour des hernies, fût plus faible qu'elle ne l'est à Paris.
Pour ce qui est de l'influence directe que la grossesse ou l'accouchement ont pu avoir sur l'apparition des hernies, chaque cas étant pris à part, voici les résultats que nous a donnés l'interrogatoire de nos malades :