‹ Résultats de l'examen de dix mille observations de hernies, recueillies a la consultation des bandages au Bureau central du 4 février 1881 au 11 août 1884Chapitre 74 sur 84 · IV. — ÉTRANGLEMENT, PÉRITONITE HERNIAIRE · texte numérisé non relu

IV. — ÉTRANGLEMENT, PÉRITONITE HERNIAIRE

1° Fréquence des accidents. — Les hernies peuvent atteindre l'existence et en diminuer la durée de bien des façons dont plusieurs échappent entièrement à une appréciation statistique. Il est certain qu'elles amènent une sénilité précoce, une déchéance organique rapide chez un grand nombre de sujets; elles aggravent le pronostic d'un certain nombre d'affections intercurrentes et surtout des affections de l'appareil respiratoire; elles rendent souvent les digestions laborieuses, l'exercice impossible; elles réduisent à l'incapacité de travail et à la misère un certain nombre d'individus appartenant aux professions manuelles; elles favorisent l'apparition du diabète, ainsi que l'a montré M. Ghampionnière. On conçoit donc que, sans parler de l'incommodité qu'elles constituent, il soit impossible de faire entrer tous ces facteurs en ligne de compte dans l'évaluation de la proportion dans laquelle les hernies abrègent l'existence de ceux qui en sont porteurs.

Il n'est pas moins vrai que le danger le plus apparent auquel

elles exposent, que celui qui frappe le plus rimagination des malades et qui attire surtout l'attention des médecins est celui qu'entraînent les accidents subits, à évolution rapide, dont la hernie elle-même est le siège. Sur ce point, nous pouvons arriver à une approximation qui reste certainement de beaucoup inférieure à la réalité, mais d'où il est possible de déduire tout au moins le minimum de dangers graves que les hernies font courir aux hernieux par ce fait de genre d'accidents. Il suffit pour cela de savoir, sur un chiffre donné de hernieux, combien sont atteints par ces accidents et dans quelle proportion ces accidents euxmêmes déterminent la mort.

Pour recueillir ces données, j'ai interrogé avec le plus grand soin chacun des 10000 hernieux dont j'ai recueilli l'observation, sur ces accidents auxquels leur hernie avait donné lieu; j'ai noté la date de ces accidents, l'ancienneté de la hernie, l'âge du malade au moment où ils se sont montrés, les conditions où ils se sont produits et les caractères qu'ils ont présentés, leur durée, leur terminaison, le traitement chirurgical dont ils ont été l'objet; leur répétition plus ou moins fréquente sur le même sujet, enfin l'état dernier où se trouvait le malade au moment où il s'est présenté à l'examen .

Le tableau suivant renferme l'indication des cas où j'ai pu relever l'existence antérieure d'accidents survenus dans la hernie, chez l'homme et chez la femme. Ces accidents sont répartis en trois catégories : la première comprend les accidents passagers d'étranglement ou d'irréductibilité, manifestés par de la tension, de la douleur locale, quelques vomissements, ayant constitué, somme toute, un incident assez notable pour que le sujet en ait conservé un souvenir précis, mais ayant eu une intensité modérée, une durée courte, et s'étant le plus souvent terminés spontanément, ou à la suite de quelques tentatives de réduction pratiquées par le malade, ou d'un taxis léger exercé par le médecin.

La seconde catégorie comprend les étranglements proprement dits, bien caractérisés, sur la définition desquels je n'ai pas besoin d'insister.

La troisième renferme les cas de péritonite herniaire à marche le plus souvent subaiguë ou lente, survenant dans de très grosses hernies ou dans des hernies déjà antérieurement irréductibles. Un interrogatoire long et minutieux a souvent été nécessaire pour apporter un peu de lumière dans les souvenirs confus des malades, mais je n'ai rien négligé pour établir sur ce point ma conviction sur des renseignements certains.

J'ai relevé la fréquence des accidents en question dans les deux

sexes et pour chaque variété de hernies, soit inguinales, crurales, ombiUcales, épigastriques et ventrales ; j'en ai fait enfin la somme pour toutes les hernies, quelle que fût leur variété dans chaque sexe, puis le total général pour tous les hernieux. Voici les chiffres que m'a donnés ce travail :

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