ACCIDENTS
IKUÉDlCïIBIIJTli PASSAGÈHE
KTEANGLEMENT
PÉIUTONITE HERMAIRE
TOTAL
/ H. inguinales
E 1 H. ombilicales
E j H. épigastriques ....
S / Total
j^ { H. inguinales
i) \ H. crurales
1 ^ H. ombilicales
g \ H. ventrales
^ ( Total
Total général pour les deux se.xes
En résumant encore ces chiffres, nous trouvons donc que, sur 10000 hernieux, 3,31 0/0 ont accusé des accidents survenus dans leur hernie. Les hommes, en y comprenant les sujets de tout âge, ont présenté des accidents dans la proportion de 2,46 0/0, les femmes dans celle de 5,84 0/0. Les accidents des hernies sont donc plus de deux fois j^Zas fréquents chez la femme que chez l'homme.
Les diverses variétés de hernies nous ont donné la proportion d'accidents que voici :
FEMMES
ENSEMBLE
— crurales..
— ombilicales
Il faut remarquer que, pour ces dernières évaluations, la procentation porte non sur le chiffre des hernieux, mais sur le chiffre total des hernies appartenant à une même espèce. Les hernies, et principalement les hernies inguinales, étant doubles ou multiples dans la grande majorité des cas, les chances d'accidents que pré-
sente l'individu se composent des chances d'accidents que comporte chacune des liernies dont il est porteur : ainsi, si Ton voulait estimer, d'après nos évaluations, les chances d'accidents que présente un sujet atteint de hernie inguinale double, il faudrait lui attribuer 1,34 0/0 de chances mauvaises pour chaque hernie, soit t2,68 0,0 du fait de ses deux hernies. Une femme qui a une hernie inguinale et une liernie crurale du côté opposé, courrait 2,16 0/0 chances d'accidents du fait de sa hernie inguinale, 9,020/0 du fait de sa hernie crurale; elleauraitdonc 11,18 chances sur cent d'avoir des accidents sérieux. On comprend que cette manière d'estimer les chances d'accidents auxquels exposent les hernies ne doit être prise que dans une acception tout à fait générale, et que, en s'appliquant à l'ensemble des hernieux, elle ne puisse donner une idée des risques auxquels est exposé un malade pris isolément.
Cette réserve faite, nous pouvons tirer de ces chiffres quelques conclusions intéressantes : nous y voyons que les accidents sont presque aussi nombreux chez la femme que chez l'homme, et comme les hernies sont beaucoup plus rares dans le sexe féminin que dans le masculin, on doit en conclure que pour un même nombre de liernies les femmes sont atteintes d'accidents bien plus souvent que les hommes; je viens de donner l'évaluation numérique de la différence que présente à cet égard la fréquence des accidents dans l'un et l'autre sexe.
Les hernies inguinales chez l'homme sont celles qui déterminent les accidents les plus nombreux ; mais la proportion des accidents pour le chiffre des hernies inguinales est moins élevée que celle qui correspond aux liernies crurales.
Les accidents survenant dans des hernies crurales cliez la femme sont environ trois fois plus nombreux que ceux qui surviennent dans des hernies inguinales; mais surtout la proportion des accidents au chiffre des hernies crurales, est bien plus élevée que celle qui correspond au chiffre des hernies inguinales.
La hernie crurale expose donc beaucoup plus aux accidents que la hernie inguinale, surtout dans le sexe féminin où la fréquence des étranglements atteignant des hernies crurales est tout à fait redoutable.
Chez l'homme, la hernie ombilicale, qui ne s'observe guère que dans l'enfance, ne détermine presque jamais d'accidents. — Chez la femme, au contraire, la moyenne des accidents est assez élevée; elle le serait bien davantage si on ne faisait entrer en ligne de compte que les hernies ombilicales de l'âge adulte; il est vrai que celles-ci ne sont, le plus souvent, que des hernies du jeune
âge, prolongées jusque dans l'âge mùr et longtemps passées inaperçues.
Pour ce qui est des diverses catégories d'accidents qui atteignent les hernies, l'on peut constater que les accidents d'étranglement peu serré ou d'irréductibilité passagère sont relativement peu nombreux, probablement parce que beaucoup de sujets en perdent le souvenir. Ils s'observent presque exclusivement dans la hernie inguinale, surtout chez l'homme. — U étranglement est de tous les accidents de beaucoup le plus fréquent; chez l'homme il s'observe surtout dans les hernies inguinales, mais, proportionnellement au nombre des hernies, il est néanmoins plus fréquent dans les hernies crurales : celles-ci s'étranglent donc plus souvent que les inguinales. Chez la femme l'étranglement des hernies crurales l'emporte dans d'énormes proportions, malgré la fréquence plus grande des hernies inguinales; l'étranglement est quatre fois plus fréquent dans la hernie crurale que dans l'inguinale.
L'étranglement proprement dit des hernies ombilicales, exceptionnel chez l'homme, est assez rare même chez la femme.
La péritonite herniaire est rare chez l'homme, où on la voit surtout dans quelques très grosses hernies scrotales irréductibles : elle s'observe aussi dans les hernies éplgastrique. Chez la femme elle survient dans un certain nombre de hernies crurales; c'est l'accident le plus commun dans la hernie ombilicale.
En résumé Ton peut dire que : la femme est plus exposée que l'homme aux accidents des hernies; la hernie crurale y est plus exposée de beaucoup que la hernie inguinale; V étranglement véritable est le plus fréquent de ces accidents. — Mais, en terminant ces considérations sur la fréquence de ces accidents dans les hernies, je tiens à faire observer de la manière la plus expresse que les chiffres que j'ai donnés ne représentent pas la fréquence réelle des accidents par rapport aux liernies, mais une proportion bien inférieure; en voici la raison :
r Nous allons voir que chez un grand nombre de nos malades, les accidents se sont répétés à plusieurs reprises; le chiffre des accidents correspondant au nombre des hernieux que nous avons observés devrait être augmenté d'une quantité égale ; si dans 331 cas sur 10 000, les sujets en question ont présenté des accidents, le cliiffre des accidents correspondant à ce nombre de cas devrait donc être notablement accru, peut-être même doublé ;
2' Nous verrons aussi que la fréquence des accidents s'accroît avec l'âge; les sujets qui figurent sur mes relevés n'ayant pour la plupart pas atteint les limites extrêmes de l'existence, appar-
tenant en très grand nombre à la jeunesse, en majorité à l'âge moyen , restaient exposés à des accidents que quelques-uns depuis lors ont certainement payés de la vie. — Le chiffre inconnu, mais considérable de ces accidents, mortels ou non, devrait être ajouté à celui qui existait dans le passé de nos malades, pour arriver à l'évaluation exacte des chances mauvaises que chacun d'eux avait à courir;
3^ Enfin, au chiffre de 10 000 hernieux vivants, dont 331 ont eu des accidents non mortels, il i'audrait joindre la proportion pour 10000 des hernieux qui succombentaux accidents développés dans leur liernie, proportion qui ne se trouve représentée que par une lacune dans nos relevés.
On peut donc être certain que, sans même tenir compte du déficit apporté dans mes relevés par les souvenirs incomplets des malades que j'ai examinés, le nombre des accidents graves survenant dans les hernies et correspondant à un chiffre donné de hernieux est infiniment plus considérable que celui dont j'ai pu avoir connaissance par mes interrogations.
2" Répétition des accidents sur le même sujet. — Une même hernie est souvent le siège d'accidents répétés de même ordre. Dans 91 cas sur 331, ceux-ci se sont produits un plus ou moins grand nombre de fois, à plus ou moins grand intervalle. Les accidents qui ont donné lieu à ces répétitions étaient dans 37 cas des accidents d'irréductibilité passagère; dans 40 cas, de véritables étranglements; dans 14 cas, des poussées de péritonite herniaire.
Les hernies qui les ont présentés étaient, sur 91 cas, 60 fois des hernies inguinales, 19 fois des hernies crurales, 12 fois seulement des hernies ombilicales; c'est dans ces dernières que les poussées de péritonite herniaire ont été observées.
3°Port d'un bandage avant les accidents. — Sur 216 cas où j'ai pu avoir sur ce sujet des renseignements précis, 121 fois un bandange avait été porté plus ou moins régulièrement avant l'apparition des accidents : 95 fois le malade n'avait jamais contenu sa hernie ou avait cessé de la maintenir avec un bandage. Nous trouvons dans ces chiffres une preuve nouvelle de ce fait bien connu que le port d'un bandage ne garantit pas d'une manière efficace contre les accidents des hernies.
4° Epoque à laquelle surviennent les accidents : âges auxquels ils s'observent. — J'ai, toutes les fois qu'il m'a été possible, noté avec soin l'intervalle qui s'était écoulé entre l'apparition de la hernie et la production des accidents : j'ai pu constater de la sorte, sur 239 cas où ces commémoratifs ont pu être obtenus :
a. Que dans 48 cas les accidents s'étaient déclarés le jour même où la hernie avait fait son apparition, ou tout au moins que les accidents en question avaient pour la première fois révélé l'existence d'une hernie;
b. Que dans 89 cas les accidents s'étaient développés moins de dix ans après l'apparition de la hernie ;
c. Que dans 102 cas un intervalle de plus de dix ans s'était écoulé entre l'apparition de la hernie et celle des accidents.
J'ai relevé un bon nombre de cas où les accidents se sont déclarés ctiez des sujets qui se connaissaient une hernie depuis 30, 40, 50 ans et même davantage.
La considération des âges auxquels se sont montrés les accidents en question vient confirmer ce qui ressort des chiffres précédents, savoir que les accidents se développent de préférence dans des hernies déjà anciennes.
En répartissant par périodes de dix années les âges auxquels se sont produits les accidents dont nos liernieux ont été atteints, nous trouvons le résultat suivant :
Au moment oit les accidents se sont produits, étaient âgés de :
Hommes..
Femmes. .
J'ai observé en outre un étranglement chez un enfant de quatorze mois, du sexe masculin, qui m'a été apporté à la consultation du Bureau central ; d'autre part le sujet chez lequel, dans cette statistique, les accidents sont apparus le plus tard, était une vieille femme de quatre-vingt-cinq ans chez laquelle un étranglement s'était déclaré dans une grosse hernie crurale qu'elle portait depuis plus de trente-sept ans.
En consultant le relevé qui précède, nous pouvons constater que les accidents des hernies se développent bien plus tard chez la femme que chez l'homme. Rares avant la vingtième année, ceux-ci se montrent avec leur maximum de fréquence de quarante à cinquante ans, dans le sexe masculin, tandis que dans le sexe féminin où ils n'apparaissent guère avant la quarantième année, leur maximum de fréquence est de soixante à soixante-dix ans. Si nous prenons l'âge moyen auquel les accidents ont été observés dans l'un et l'autre sexe et si nous le comparons à l'âge
moyen auquel se développent les hernies, nous trouvons les chiffres que voici :
Age moyen
DE l'aPPARITIOX DES HERNIES
DE l'apparition DES ACCIDENTS
Hommes.. .
Femmes.. .
Ils confirment ce que nous savons déjà, c'est que les accidents des hernies se développent plus tardivement chez la femme que chez l'homme, et qu'ils apparaissent, en moyenne, chez le premier plus de dix ans, chez la seconde près de vingt ans après l'apparition de la hernie.
5" Traitement des accidents. — J'ai insisté avec grand soin, dans mes interrogations, sur le traitement auquel avaient été soumis les accidents d'irréductibilité; dans tous les cas où j'ai pu avoir des renseignements précis, j'ai noté avec toute l'exactitude possible, les moyens qui avaient été employés : la considération de ces derniers va nous conduire à des conclusions d'un réel intérêt pratique.
J'ai noté isolément pour le sexe masculin et pour le sexe féminin les moyens de traitement employés, en en faisant un relevé distinct pour chaque variété de liernie : la somme de ces résultats partiels m'a donné les chiffres relatifs à l'emploi de chacun de ces moyens appliqué à l'ensemble des accidents herniaires.
En conséquence, j'ai classé les cas d'accidents observés chez les hernieux du Bureau central suivant :
1° Que ces accidents avaient rendu l'opération de la kélotomie nécessaire;
2^ Que la hernie avait pu être réduite par le taxis, dans Tanesthésie ;
3° Que la réduction avait pu être obtenue sans chloroforme, mais par des manœuvres de taxis soutenu, pratiquées par un médecin;
-4" Enfin que la hernie était rentrée spontanément au bout de quelques heures, ou sous l'influence de manœuvres manuelles exercées par le malade lui-même ou par son entourage, ou bien encore par quelques moyens simples tels que la position, l'inversion, les bains, l'application du froid.
En passant en revue ces chiffres, nous voyons que 29,9 0/0 de ces accidents ont nécessité l'opération; que 11,8 0/0 ont cédé au taxis avec chloroforme; que dans 35,5 0/0 d'entre eux le taxis
sans chloroforme a suffi, enfin que 2!2,7 0/0 ont guéri sans l'emploi du taxis proprement dit; quelques-uns de ces derniers cas ont été néanmoins traités par des moyens chirurgicaux divers, par le sac à plomb, par le renversement du tronc (inversion), par les pulvérisations d'éther. Il en est plusieurs parmi eux pour lesquels l'opération eût dû être pratiquée en bonne chirurgie.
SEXE MASCULIN