‹ Résultats de la Vaccination antigonococcique dans le traitement des orchites blennorrhagiquesChapitre 8 sur 11 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Blennorrhagie. Orchite aiguë : Six injeclions de vaccin antigonococcique. Guérison rapide.

Le malade a contracté il y a un an une blennorrhagie qui s’est accompagnée d’une orchite droite, laquelle n’aurait pas mis moins de quatre mois à guérir. Nouvelle blennorrhagie il y a deux semaines. Trois ou quatre jours après le début, apparition d’une orchite gauche, très aiguë, avec phénomènes généraux (fièvre) — Début du traitement le 16 juillet r913 alors que l’orchite est à son huitième jour. (Les douleurs ont commencé à s’atténuer trois ou quatre heures après l'injection).

Le 22 juillet, le malade qui, depuis plusieurs jours a repris ses occupations, s’estime complètement guéri, et on cesse les inoculations. L’épididyme est encore un peu gros et dur, mais cette tuméfaction, absolument indolore, est en voie de rapide régression.

OBsERvVATION II

Orchite blennorrhagique suraiguë, pendant la convalescence d’une fièvre typhoïde, quérison par cinq injections de vaccin antigonococcique.

Fièvre typhoïde survient en août 1913 au décours d’une blennorrhagie. Début de l’orchite le 8 septembre, s’accom-

pagnant de fièvre et de mauvais état général — Première inoculation le 15 septembre : l'effet est pour ainsi dire immédiat, trois ou quatre heures après, une atténuation très considérable des douleurs se manifeste ; la fièvre tombait et le malade pouvait dormir huit heures sans interruption. Le 19 septembre, le malade s’estime complètement guéri. De l’inflammation si violente qu’a présenté l’épididyme, il ne reste plus qu’un peu d’hypertrophie et d’induration. La palpation est absolument indolore.

Le Docteur Remlinger injecte sous la peau de l'abdomen quelques gouttes de vaccin (IIT à IV) mélangées à deux ou cinq centimètres cube d’eau physiologique. « L'emploi du vaccin antigonococcique atoxique, ne parait, dit-il, comporter aucune contre indication. Son inoculation même à doses fortes (X à XV gouttes) ne provoque aucune réaction générale, en particulier aucune courbature, aucune élévation thermique. Au contraire les malades accusent fréquemment, trois ou quatre heures après l’injection, une grande sensation de bien-être, due à la disparition ou tout au moins à l’atténuation des douleurs. La réaction locale nous a toujours, chez nos malades, paru négligeable. L'élément sur lequel le vaccin parait avoir l’action la plus immédiate et la plus complète est la douleur. Quelque violente que soit celle-ci, quelque résistance qu’elle ait montré à l’antipyrine, à l’aspirine, à la morphine même, il n’est pas rare de la voir s’atténuer quelques heures après la première inoculation, pour disparaître complètement dès la deuxième ou troisième injection. Les phénomènes généraux, la fièvre en particulier, disparaissent presque aussi vite. Après avoir débuté par des doses faibles (III-IV gouttes) nous avons été amené tout naturellement, devant l’absence de réaction générale et locale, à inoculer des doses graduellement plus fortes. Cette manière de faire s’est montrée complètement dépourvue d’inconvénients.

Dans le Courrier Médical, le Docteur M. Guibert consul-

SN nee

tant de dermato vénéréologie de la 9° région nous fait part des résultats qu'il a obtenus dans le traitement de 30 cas d’orchi-épididymites aiguës. Voici en quels termes il s’exprime :

« Dans trente cas d’orchi-épididymites aiguës qu'il nous a été donné d'observer, la durée de l'affection a été nettement diminuée et sa gravité symptomatique sensiblement modifiée.

En aucun cas nous n’avons observé de réaction capable de nous faire envisager la possibilité d'interrompre le traitement. Les injections ont été faites tous les deux jours par la voie sous-cutanée, et n’ont jamais causé d’autre réaction locale qu’une légère douleur obligeant seulement à changer de côté à chaque injection.

Au point de vue général, nous avons souvent noté une élévation thermique, n’excédant pas 39°5 dans les 5 à 6 heures qui suivent l’injection. Parfois dans ces mêmes limites de temps, il s’est produit une exacerbation des phénomènes douloureux abdominaux, inguinaux ou funiculaires, mais, toujours, sauf dans deux ou trois cas, la rémission des symptômes douloureux et la diminution souvent massive de la tumeur épididymaire ou testiculaire ont suivi la première injection et continué avec la deuxième et les suivantes.

Dans la majorité des cas, nous avons pu libérer nos malades après quatre ou six injections, soit après une moyenne de huit à quinze jours de traitement. Une fois, nous avons vu l’un d’eux, sorti après trois injections et guéri d’une orchite droite, se présenter à nous quelques jours après avec une orchite gauche qui, d’ailleurs, céda aussi bien que la première et aussi rapidement au traitement.

… Il faut avouer qu’il est loin d’en être de même au point de vu de l’uréthrite causale. Là, les résultats sont absolument incertains.

…Au sujet, aussi, des cas d’épididymite à bascule, auquel nous faisions allusion à l'instant, nous signalerons qu’au

cours de deux des cas que nous avons observés, l’un avant l'institution du traitement vaccinal, l’autre depuis, mais dans deux formes particulièrement sévères, nous avons constaté en pleine période aiguë, le phénomène dit de bascule. Pendant vingt-quatre heures, chez nos deux malades, les phénomènes douloureux et inflammatoires se déplacaient de côté et le côté primitivement atteint était presque indolore. Le tout s’accompagnait de température pour rentrer le lendemain dans l’ordre normal de la marche de l'infection. Ce phénomène nous sembla d’abord paradoxal mais nous dûmes bien nous rendre à l'évidence et enregistrer ce que nous étions à même de voir et de palper.

Dans cette forme grave prise au deuxième jour de la maladie, quinze jours après le début de l’uréthrite, nous dûmes pour calmer les douleurs, adjoindre au vaccin les applications de glace et l'absorption de balsamiques. L'état général du malade fut fortement touché, mais, à la deuxième injection de Dmégon, tous les phénomènes douloureux s’amendèrent définitivement, et nous fûmes surpris de la rapidité de la restitution ad integrum locale et surtout générale, à partir de ce moment. Mais dans ce cas encore, l'écoulement ne fut pas tari et nous dümes recourir aux lavages pour le combattre.

.. En résumé, sur toute la série de trente cas qu’il nous a été donné d'observer, nous pouvons faire deux catégories :

« La première, renfermant les formes graves dont la durée tout en restant assez grande est diminuée de moitié par le traitement vaccinal, en même temps que les phénomènes douloureux en sont très atténués.

La deuxième renferme la majorité des cas, c’est-à-dire les formes moyennes et légères, où le résultat obtenu avec un nombre d’injections variant de trois minimum à six maximum a été régulièrement satisfaisant ».

L'auteur complète ensuite son article par une série de 7 observations d’orchites traitées par le vaccin.

En résumé toutes ces opinions semblent à peu près s’ac-

corder pour affirmer que la vaccinothérapie antigonococcique est réellement efficace dans les cas d’orchites blennorrhagiques.

Nous allons maintenant exposer notre observation d’orchite à bascule soignée par les vaccins Dmégon et Pasteur et voir si les résultats s'accordent avec les précédents.

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