‹ Résultats éloignés de l'extirpation du cancer du Rectum par les méthodes basses et indications opératoiresChapitre 6 sur 13 · COMPARAISON DES STATISTIQUES · texte numérisé non relu

COMPARAISON DES STATISTIQUES

Si nous comparons maintenant ces statistiques, il est manifeste que la mortalité opératoire des voies basses est nettement inférieure à celle des voies combinées. À cela, on pourrait répondre, que les chirurgiens sont mieux exercés aux premiers procédés, parce qu'ils les pratiquent depuis plus longtemps, et que lorsqu'ils se seront entraînés aux abdominopérinéales, la mortalité opératoire tendra à diminuer. M. Schwartz écrit dans son rapport : «l’abdominopérinéale est une opération qui paraît difficile et grave ; à notre avis elle n’est ni l’un ni l’autre, mais il faut avant de l’entreprendre, apprendre à la pratiquer, la pratiquer avec la méthode qu’exige une opération de ce genre ». Nous nous permettons de ne pas partager entièrement cet optimisme. Il nous semble qu'il est encore juste de prétendre que l’abdominopérinéale est actuellement une opération plus grave que l’extirpation périnéale, parce qu’elle exige deux phases opératoires, et partant, prolonge la durée de l'intervention.

Entre certaines mains, elle donne peut-être un minimum de risques ; c’est ainsi qu'avec Quenu et Cuneo,

on voit la mortalité tomber jusqu'à 10 %, qu'avec Villard, l’abdomino-transanale donne également peu de mort, mais il ne faut pas tabler uniquement sur des exceptions, c’est-a-dire, des chirurgiens très habitués à ces techniques.

Il est donc bien acquis que si l’abdominopérinéale devient de moins en moins meurtrière, à mesure qu’elle est mieux connue, elle reste tout de même la plus grave des deux méthodes.

On a dit également que les partisans des voies basses avaient depuis quelques années élargi le champ de leur extirpation pour pratiquer une opération plus complète, et que de ce fait, la mortalité opératoire avait augmenté. Cela ne paraît pas aussi évident qu’on veut bien le dire ; les frères Mayo par exemple ont moins de décès après 1910 qu'avant, alors que leurs résultats éloignés augmentent, ce qui prouve qu'ils font une exérèse aussi large que possible.

Et s’il fallait se convaincre davantage, il sufirait de regarder les statistiques de la voie sacrée ; de toutes les voies basses, elle est la plus large et cependant sa mortalité est, sinon moindre, du moins pas plus élevée que celle des voies périnéales et coccygiennes plus bénignes. :

On a fait également intervenir dans cette question le facteur opérabilité. Il est bien certain que les chiffres des statistiques changent suivant la conception qu'un chirurgien se fait de l’opérabilité du cancer du rectum, et cette conception varie : tel voit dans l’envahissement de la prostate une contre-indication formelle alors qu’un autre opère quand même. Les ré-

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sultats ne seront donc pas les mêmes. Mais si la limite de l’opérabilité a été reculée pendant ces dernières années, les effets s’en sont fait sentir aussi bien pour les partisans de l’opération basse que pour les autres. Cette phrase empruntée encore à M. Schwartz : {si l’on voulait s’astreindre à n’opérer que les cas opérables, la mortalité opératoire de l’abdomino-périnéale serait faible » s’applique également à l’autre méthode.

Donc, pour toutes ces raisons et malgré l’exérèse pratiquée de plus en plus largement, il résulte bien de la lecture et de la comparaison des statistiques que les méthodes basses sont les moins dangereuses. Certains chirurgiens ont même ajouté que chez l’homme la voie combinée était fatale et qu'il fallait la réserver à la femme. Il est vrai, en effet, que l’extirpation abdomino-périnéale est généralement plus facile quand quand on a affaire à un bassin féminin qui s’explore et se draine mieux ; mais ce n’est pas cette raison qui nous fera croire à la bénignité plus grande des voies basses, car, actuellement malgré quelques légères différences, on obtient avec les deux méthodes et dans les deux sexes, à peu près les mêmes résultats.

Il nous reste à envisager maintenant le pourcentage des guérisons durables, nous plaçant toujours au seul point de vue des statistiques. C’est là le point le plus intéressant de la question, puisque le principal but du chirurgien qui entreprend l’extirpation d’un cancer du rectum est de voir son malade résister le plus longtemps possible aux récidives.

Si on compare le chiffre de 36 % que donnent

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