SUTURE DU MEDIAN ET DU CUBITAL
OBSERVATION VII Suture du médian et du cubital. Amélioration très légère pour
le médian, nulle pour le cubital
C, F..., soldat blessé le 17 février 1915 à Metzeral présente :
dd —
1° Plaie par enveloppe de balle au niveau de la région del-' toïdienne (un seul orifice cicatrisé), balle extraite.
2° Plaie au-dessus du poignet droit, face extérieure (cicatrisée).
3° Plaie au niveau du pli du coude un peu en-dedans de l’épitrochlée.
Après extraction de la balle, on met le membre supérieur en écharpe, en flexion, d’où ankylose qui nécessite un traitement mécanothérapique, mais ce traitement fut différé, la plaie n'étant pas cicatrisée.
14 décembre 1915. — Les mouvements du coude sont limités dans l'extension. La flexion spontanée est possible. Pas de lésions osseuses, par contre le médian semble atteint. La sensibilité est complètement abolie sur une bande large de trois à quatre centimètres, touchant le bord cubital de la face interne de l’avant-bras, ainsi que sur la face palmaire de la main gauche et de tous les doigts. Immobilité de l’auriculaire. Limitation de la sensibilité de la première phalange du pouce. Insensibilité complète de la phalangette et de la phalangine, sensibilité à peu près normale de la phalange de l’index. La flexion des doigts est limitée, l’extension est possible.
Troubles trophiques portant sur la température locale qui est abaissée du côté malade, rougeur sans œdème de la main. Atrophie musculaire de l’avant-bras qui, mesuré à six centimètres de l’olécrâne est inférieur au membre sain de trois
centimètres de circonférence.
Intervention le 27 décembre 1915. — Incision sur le trajet du cubital et du médian. Dégagement laborieux de ces nerfs insérés dans une gangue fibreuse très serrée, le médian est sectionné sur une longueur de trois centimètres. Le bout supérieur du cubital est rattaché au bout inférieur par un mince filet qui ne présente pas de fibres nerveuses. Les deux nerfs sont très altérés. On essaye d’exciter le bout central et le bout périphérique de chaque nerf sans résultat. Malgré les apparences, on peut établir le contact entre le
bout supérieur et le bout inférieur du médian à condition de fléchir l’avant-bras sur le bras.
Sur CEE
Le bout supérieur est taillé en fourche, le bout inférieur en
pointe est engagé dans le bout supérieur. Même technique
pour le cubital qui, une fois suturé est enfoui dans une gaine musculaire. Suture de la peau. Drain.
Exomen du Centre de Réforme de Chambéry. — Paralysie des nerfs médian et cubital gauche, avec R. D. des muscles tributaires caractérisée par l'abolition de la flexion du poignet et des doigts. Limitation de l’extension du coude à la suite de plaie du coude avec section des nerfs.
Examen du Docteur Vinet, le 2 février 1923. — Le blessé conserve une griffe médio-cubitale gauche. Le médius, l’annulaire et l’auriculaire sont en flexion dans la paume et leur extension est impossible. L’index est en demi-flexion dans la paume, à cinq centimètres de l’espace interdigital, l’extension forcée l’éloigne à sept centimètres. Le pouce a conservé une légère flexion et le blessé peut, par un mouvement d’adduction, conserver une légère pince avec l'index. Amyotrophie de deux centimètres au pli du coude, un centimètre au niveau du poignet. Lourdeur de la main au niveau de la griffe médio-cubitale. Pas de douleurs, pas de cyanose ni de troubles vaso-moteurs de la main.