RE ANS ES
tatectomie, tout grisés de leurs premières prouesses, c’est
de savoir si ces brillants résultats demeurent acquis. Nous étudierons successivement les caractères du jet,
la fréquence des mictions, la douleur qui peut persister.
À. — ETUDE DU JET. — Des observations qui ont été publiées, et des renseignements que nous avons pu nous même obtenir d'anciens opérés, se dégage très nettement cette notion que, six mois après la prostatectomie, le Jet persiste large, fort, normal, et surtout, résultat très appréciable, la miction est immédiate, dès que la vessie entre en contraction ; c’est un fort beau résultat quand on se rappelle ce qu’a de particulièrement pénible la dysurie du prostatique. Les malades que nous avons nous même examinés, présentent même cette particularité, sur laquelle on n’a jamais beaucoup insisté, c’est de pouvoir discipliner leur jet, l’arrêter et le reprendre à volonté. Ce signe prouve la parfaite rééducation du sphincter et les parfaits résultats de la prostatectomie à ce point de vue là.
Parmi les observations les plus démonstratives, nous avons recueilli une observation de Bernard Ward : Un de ses opérés, qui n'avait plus eu de miction spontanée depuis 12 ans, a vu la miction se rétablir d’elle-même après l’opération et persister 8 mois après. Bernard Ward ajoute, ce qui est moins brillant, que son malade conservait un résidu, variant de 50 à 100 grammes ; mais nous ne nous occupons pas de cette question pour le moment,
Un des malades, que nous avons eu l’occasion de voir, présentait cette particularité que son jet, très médiocre après : l'opération, s’était peu à peu insensiblement modifié et,
PR ON ES 10 mois après, était redevenu normal. Ce n’est d’ailleurs, que par les dires du malade que nous avons été renseigné, car il n’a pu en notre présence justifier ses affirmations ; nous n'avons pas insisté : le sphincter est pudique, même après l'intervention.
Dans la même catégorie de faits, Bernard Ward cite le cas d’un autre de ses opérés, ayant présenté, plusieurs mois après l'opération, de la dysurie marquée, le jet sortant en bavant, puis s’arrêtant au milieu de la miction, pour reprendre au bout de quelques secondes, et se terminer ensuite par du goutte à goutte. Le résultat paraissait donc franchement mauvais, quand, peu à peu, les troubles de la miction s’amendèrent et, [0 mois après l'intervention, le jet redevint normal. Bernard Ward explique ce fait par l’interposition du lambeau de la muqueuse vésicale, resté flottant dans la vessie après l'opération et venant faire clapet ; nous étudierons plus loin cette question du lambeau ; mais il nous semble, que Bernard Ward aurait pu également nous dire, sous quelles influences ce clapet, qui avait entravé pendant des mois la miction, avait peu à peu cessé ce rôle mystérieux. Nous croyons que l’on peut expliquer ces faits de miction mauvaise après l'opération, et s’améliorant peu à peu dans la suite, par une rééducation progressive du sphincter et de l’urètre prostatique, et par une amélioration de la contractilité vésicale, que nous envisagerons dans le chapitre suivant.
Mais comme, dans cette étude, notre but est surtout de dépister les insuccès de la prostatectomie, nous avons recherché si les résultats étaient toujours aussi brillants. Or,