C. — RETENTION INCOMPLETE CHRONIQUE
Les résultats de la prostatectomie sont, dans ce cas, moins brillants ; il persiste presque toujours un résidu plus ou moins appréciable. L'amélioration, si elle n’est pas complète, est quand même sensible, car ce résidu peut, tout d’abord, être moins important qu'avant l'intervention ; il peut s’atténuer, sinon disparaître, au fur et à mesure que la vessie récupère sa contractilité ; il apparaît enfin souvent amélioré comme qualité ; la vessie se draine mieux, les urines s’éclaircissent et les répercussions sur l’état des reins et, par leur intermédiaire, sur l’état général, sont sensibles.
Malgré tout, l'évacuation de la vessie est incomplète, le malade est obligé de se faire sonder et laver de temps en 'emps, et cela, souvent sans grand espoir de guérison complète, mais surtout afin de prévenir l'infection qui peut le guetter ; les résultats sont donc incomplets ; et le malade, qui n’a pas les mêmes raisons que le chirurgien de se montrer optimiste, ne trouvera souvent aucune différence appréciable dans son état.
Albarran a, à juste titre, insisté, pour expliquer ces insuccès, sur le pronostic réservé qu’il fallait porter dans les cas d’adénome de petit volume avec absence de défor-
mations cervicales ; nous étudierons particulièrement cette cause d’insuccès dans la deuxième partie de ce chapitre. De toutes façons, dans les cas pareils, la prostatectomie périnéale donne des résultats nettement plus défavorables, et ne peut, là encore, profiter des insuccès de sa rivale.
Les observations du Professeur Hartmann confirment d’ailleurs ce que nous venons d’exposer ; nous y joindrons nous-même, à la fin de ce chapitre, quelques observations également démonstratives.
Un malade, âgé de 50 ans, atteint de rétention incomplète avec énorme distension de 3 litres, incontinence nocturne, des urines troubles et fétides, est opéré le 6 mai 1904; énucléation « par morceaux, d’une prostate petite ».
Le malade, revu le 20 juillet 1911, a une santé excellente, « urine à peu près normalement, mais conserve un résidu de 350 à 400 centimètres cubes ».
Le résultat est évidemment appréciable, l’évacuation de la vessie est améliorée, l’état général est bon, mais ce n’est pas la guérison, et, fait à noter, l'opération a été, quoique complète, pénible et n’a permis que l'énucléation d’une tumeur petite.
Evidemment, les cas moins heureux ne doivent pas nous masquer les succès complets que l’opération de Freyer remporte même chez les rétentionnistes incomplets chroniques et nous pouvons citer, toujours parmi les observations de M. Hartmann, les faits suivants :
Un malade de 70 ans, ayant eu des crises de rétention incomplète et présentant, au moment de l'opération, une rétention incomplète de 450 centimètres cubes, est opéré le 4 octobre 1906, par la voie transvésicale, avec drainage par