‹ Résultats éloignés de la prostate supra-pubienneChapitre 32 sur 45 · VITE · texte numérisé non relu

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avec décomposition de l’urine : dans ce cas, les récidives sont fréquentes. Il faut particulièrement redouter ces vieilles cystites avec lésions profondes et qui montrent au cystoscope des incrustations, phosphatiques.

Enfin, on pourra craindre la récidive de calculs quand on a laissé, après l'intervention, des corps étrangers qui formeront le noyau des concrétions nouvelles, soit débris d’adénomes (Loumeau) , tampon d’ouate oublié par un chirurgien (Marion), lambeaux muqueux. M. Pousson cite une observation de M. Jeanbreau qui dut pratiquer sur un prostatectomisé une trentaine de petits lithotrities pour des incrustations phosphatiques du col et chaque lithotritie ramenait quelques débris de muqueuse. M. Marion a également signalé des cas d’incrustations au niveau du col. C'est pour éviter de pareils accidents que Fullerton nettoie à la main la vessie du prostatectomisé, des débris phosphatiques et autres, à intervalles réguliers pendant la convalescence, en maintenant l'ouverture hypogastrique, aussi longtemps que cela lui paraît nécessaire. Il insiste également sur la nécessité d'éviter que le drain hypogastrique ne séjourne dans la cavité prostatique, d'où il empêcherait les débris de sortir. I] pratique enfin des lavages fréquents tant que l'urine ne lui paraît pas libre de tout dépôt.

Les calculs peuvent, non seulement avoir une origine vésicale, ils peuvent également provenir de la loge prostatique, où on les trouve parfois : ces calculs ont comme point de départ, soit ces petits calculs intraprostatiques que l’adénomectomie libère, sans parfois toujours les extérioriser. [ls peuvent également avoir pour origine une suppuration de la loge prostatique ou des débris de muqueuse dis-

sociée lors de l’énucléation. Si la loge prostatique est anfractueuse, hérissée de saillies, l’urine stagne et trouve ainsi les meilleures conditions réunies pour la cristallisation de ses matières concrescibles.

Un fait important et sur lequel insiste M. Pousson, c'est la tolérance de la loge prostatique pour ces calculs, qui, à l'opposé des calculs inclus dans la vessie, ne se traduisent souvent par aucun autre symptôme qu’une abondante pyurie.

Nous venons de voir que la prostatectomie ne met pas toujours à l’abri de la formation de nouvelles concrétions, et si, dans certains cas (pyélonéphrite, diverticule vésical), elle ne peut en être responsable, par contre, on peut, dans d’autres cas, lui reprocher ces insuccès.

Les causes générales de ces résultats défectueux sont toujours les mêmes : loge prostatique anfractueuse avec saillies et recessus, débris de muqueuse dilacérée, résidu persistant, infection rebelle. Pour éviter, donc, les calculs secondaires qui peuvent, dans certains cas, être évitables, 1l faut assurer, avant l'intervention, une désinfection de la vessie et de l’urètre prostatique aussi soignée que possible ; veiller particulièrement à la bonne énucléation de l’adénome et laisser une loge communiquant largement avec la vessie, à parois nettes, sans débris, sans calculs de prove- : nance prostatique, ou le moins possible.

Après la prostatectomie, ou assurera un bon drainage de la cavité, on craindra l’occlusion rapide de la plaie hypogastrique, on désinfectera soigneusement les urines et on assurera la parfaite perméabilité du canal,

Enfin, comme pour les autres résultats éloignés que nous avons déjà envisagés, il importera de surveiller le prostatectomisé un certain temps après l'opération, on pratiquera des examens cystoscopiques réguliers pour s'assurer qu'il n'y a pas, malgré toutes les précautions prises, de formation de nouveaux calculs. En cas de récidive, on pratiquera une nouvelle lithotritie, qui ne sera pas toujours très facile, en raison des obstacles qui peuvent déformer la traversée prostatique, les calculs étant plus fréquemment observés, quand il y a des obstacles à la libre évacuation de la vessie. On aura recours à la taille en dernier ressort.

Ïl faudra craindre, cependant, que cette surveillance périodique ne soit pas du goût du prostatectomisé qui ne voit que le résultat présent, et ne songe pas, comme le chirurgien, à l'avenir toujours aléatoire.

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