‹ Résultats éloignés de la prostate supra-pubienneChapitre 42 sur 45 · VRAIES RECIDIVES PAR DEVELOPPEMENT D'UN NOUVEL ADENOME · texte numérisé non relu

VRAIES RECIDIVES PAR DEVELOPPEMENT D'UN NOUVEL ADENOME

Pour la plupart des urologues, l'adénome prostatique se développant exclusivement aux dépens des glandes périurétrales, la prostatectomie, par la suppression totale de l'urètre prostatique et de ses glandes, met toujours à l'abri d'une récidive. Celles-ci, si elles sont observées, ne constituent qu’une continuation de l’adénome primitif et sont dues à une énucléation incomplète qui a laissé subsister un fragment d’adénome dont le développement ultérieur cons-. tituera la pseudo-récidive. Ces faits rentrent donc dans le cadre précédent.

Il est très difficile de prouver que l’énucléation a été complète et que l’on a rien oublié. C'est cette certitude absolue qui manque et qui empêche de résoudre le problème des vraies récidives. Quand on voit, en effet, comme nous en avons cité un cas, un prostatectomisé, opéré à deux reprises par un urologue consommé, faire, quelques années après, une récidive d’adénome typique, on peut se deman-

te

der si, véritablement, dans ce cas, les deux premières opérations avaient été incomplètes et si on ne se none pas en présence d’une véritable récidive.

Nous en avons observé également d’autres cas, mais nous ne les avons pas mentionnés parce qu'ils pouvaient prêter à discussion, l'examen histologique de la tumeur enlevée lors de la deuxième opération n'ayant pas été effectué, et, bien que l’état général et l’état local de ces malades se maintiennent parfaits depuis quelques mois, on aurait pu toujours nous objecter que la tumeur enlevée était un adénome dégénéré.

Il est regrettable que les urologues qui se montrent intransigeants sur la question des vraies récidives n’aient pas occasion d'examiner à nouveau un de leurs opérés qui présente tous les signes d’une récidive.

S'ils avaient la certitude que, lors de la première opération, l’énucléation avait été totale, la question des récidives vraies pourrait peut-être se trouver résolue. Malheureusement, les malades vont ailleurs, ou refusent une nouvelle intervention et ce n’est que, pièces en main et le microscope à l’œil, que l’on peut répondre avec toute la certitude scientifique nécessaire.

M. Pousson, dans son rapport, cite bien quelques cas intéressants, mais chez ces malades, la première opération fut une périnéale et on ne peut, par cette méthode, acquérir la certitude que l’énucléation a été totale.

On peut dire actuellement, mais ce ne sont que des hypothèses, que les récidives vraies, si elles existent, sont exceptionnelles ; elles auraient alors, comme point de

départ, d’après M. Chevassu, les glandes PPnN de la capsule prostatique.

Nous avons vu que la maladie prostatique n’était pas uniquement constituée par le développement d’un adénome péri-urétral, mais qu’il fallait lui assigner une cause beau- | coup plus générale englobant tous les prostatiques, même ceux atteints d’atrophie de la prostate. Pour le Professeur Legueu, la maladie prostatique est caractérisée par l’hypertrophie de tous les éléments du col. I] n’y aurait donc rien de surprenant que, dans les cas de destruction incomplète du col, la maladie prostatique, conditionnée par l’âge, continue à évoluer et elle peut le faire, non seulement par développement de nouveaux adénomes, mais aussi par le développement des autres éléments musculaires et fibreux. C’est peut-être au développement de ces derniers qu’il faut rapporter les cas de rétention post-opératoire attribués par M. Escat à une involution sénile du col et qui sont si remarquablement guéris par l’excision de ce dernier. Ce serait donc, dans ce cas, une récidive de la maladie prostatique, non pas sur les éléments glandulaires, mais sur les éléments musculaires et fibreux. Mais nous sommes, là encore, dans le domaine des hypothèses. La maladie prostatique n’a pas encore livré tous ses secrets.

Page 1