‹ Résultats éloignés de la prostate supra-pubienneChapitre 7 sur 45 · I. — RESULTATS ANATOMIQUES · texte numérisé non relu

I. — RESULTATS ANATOMIQUES

Quel est, six mois après l'opération de Frever, l'état anatomique de la cavité prostatique, de l’urètre prostatique, et du col vésical à

Plusieurs moyens d’investigations ont été employés pour répondre à ces questions.

Le premier et le plus fidèle est l'autopsie ; car le proverbe latin est toujours vrai : Morte spectata servare vitam. Malheureusement, c’est celui que l’on a le moins l'occasion d'employer; car, si l’ancien prostatectomisé vient à mourir pour une cause étrangère à sa première maladie, il faut un hasard heureux de circonstances pour que le médecin, chargé de l’autopsie, ne borne pas ses recherches aux organes céphaliques thoraciques et abdominaux seuls, mais qu'il porte également ses investigations sur la vessie et l'urètre. Or, comme, d’une part, il n’est pas habituel de diriger le scalpel sur ces organes et que, d’autre part, les recherches nécropsiques sont, dans cette région, délicates et d’une technique un peu spéciale, il est fort rare qu’on l’explore, si l’on n’a pas, dès le début, eu l'intention d’y procéder particulièrement.

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Heureusement que, à défaut d'observations très nombreuses, nous possédons dans la littérature médicale quelques études de grande valeur, par le luxe de la description, et la minutie des détails.

Un second moyen d’investigations nous est fourni par les nouvelles opérations qui, pour une cause ou pour une autre, portent secondairement sur la région déjà opérée. Ce seront surtout des cystotomies pour calculs ou corps étrangers de la vessie, pour nouveaux obstacles à la miction, qui permettront à l'opérateur curieux, de constater les résultats précédemment obtenus par un confrère chanceux ou malchancheux, soit par l'exploration digitale, soit par l’intermédiaire d’un cystoscope introduit par la brèche vésicale:; c’est ainsi notamment que Chevassu a pu, par un cystoscope introduit par la plaie hypogastrique non encore cicatrisée d’un certain nombre de prostatectomisés, se rendre compte des diverses étapes de la réparation anatomique.

Un autre moyen de contrôle est fourni par l’exploralion par la voie urétrale grâce à des explorateurs à boule, ou métalliques qui, par les diverses impressions tactiles qu'ils fournissent à des doigts exercés, renseigneront sur l’état de l’urètre prostatique, et permettront, avec l'association d’un doigt introduit dans le rectum, de contrôler certains aspects particuliers.

Mais, inconstestablement supérieure au précédent, l'endoscopie nous fournit des renseignements précieux, soit grâce à l’urétroscopie (urétroscope de Buerger ou de Mac Carthy) soit par l'intermédiaire du cystoscope ; et il est d’ailleurs regrettable, quand on voit les résultats obtenus par ces procédés, de ne pas voir se généraliser ce moyen

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. d'exploration qui gagnerait à être fait en série ; il faut d’ailleurs convenir qu'il n’est pas toujours aisé d'obtenir d’un ancien opéré qu'il se prête à ces recherches, et les observations qui ont été publiées concernent surtout des malades dont l'exploration endoscopique était rendue nécessaire pour corriger un résultat défectueux de la prostatectomie. Aussi, grâce à l’urétrocystoscopie nous avons surtout connaissance des urètres et des vessies anormales.

Un dernier procédé qui a surtout été préconisé et employé par Legueu, Papin et Maïngot consiste en la radiographie sur le vivant de la vessie et de la portion prostatique de l’urètre soit après distension à l'oxygène, soit grâce à un liquide opaque : nitrate d’argent, sels de bismuth, collargol... L'étude des cystoradiogrammes ainsi obtenus est des plus instructive.

Tous ces divers procédés nous permettent d'être fixés d’une façon certaine sur les résultats anatomiques éloignés de la prostatectomie transvésicale ; mais il est le plus souvent fort difficile de dire s’il y a eu réparation intégrale, car on ignore, dans la plupart des cas, les conditions dans lesquelles l’adénome a été enlevé et quelles en étaient ses di-

mensions.

1° LA CAVITÉ PROSTATIQUE. — Thomson Walker, dans le British Medical Journal du 7 octobre 1905, a donné une description que l’on peut considérer comme typique : « Deux ans après la prostatectomie, la cavité prostatique s'était retrécie jusqu'à la dimension d’une noisette. L'ouverture conduisant dans la vessie était diminuée par une saillie qui faisait en partie voûte sur la partie postérieure

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de la cavité. L'extrémité du petit doigt pouvait être introduite dans l'ouverture. La saillie était blanche et dure avec un bord mince et lisse. La partie supérieure de cette saillie formait le trigone vésical.

-« La partie restante de la circonférence de l’ouverture dans la vessie était lisse, il n’y avait pas de signe d'épaississement ou de rétrécissement à la jonction de la vessie avec la cavité prostatique. L'ouverture de la cavité prostatique dans l’urètre était plus petite que l'ouverture de la vessie. Le diamètre était à peu près celui d’un crayon ordinaire. |

« La jonction de l’urètre avec la cavité prostatique n'était pas plus étroite en avant que sur les côtés. Sur la partie postérieure, une languette de la muqueuse urétrale se continuait le long du mur postérieur de la cavité prostatique. Cet appendice était fixé au mur postérieur de la cavité et représentait le côté postérieur de l’urètre prostatique depuis la saillie jusqu’au véru.

« Le fond de la cavité prsotatique était, en majeure partie, lisse. Un examen microscopique de la partie antérieure de ce mur montra un tissu fibreux dense avec un amas de muscle strié sous forme de fibres isolées.

« Les murs latéraux et postérieurs étaient plus minces. La cavité prostatique était bordée par une couche de cellules de dimensions différentes ; par places il y avait seulement une ou deux couches; ailleurs les cellules étaient amassées en plusieurs couches. Les cellules montraient une tendance à s’aplanir dans les couches supérieures ».

De même, dans une observation , le professeur Legueu et Chirié écrivent : « Le réservoir urinaire est formé

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de deux cavités superposées, reliées par un orifice de communication de la grandeur d’une pièce de 5 francs environ.

« Dans son ensemble, ce réservoir a la forme d’une gourde renversée, l’orifice venant s'ouvrir au niveau de l’urètre membraneux. La partie supérieure correspond en effet à la vessie. Les parois en sont épaissies et la surface interne présente de nombreuses cellules. La partie inférieure de cette cavité est, en grande partie, occupée par l’orifice qui fait communiquer les deux étages. En arrière, on voit la région du trigone qui s’avance en éperon et sépare, en arrière, la cavité vésicale de la cavité prostatique. La face supérieure du trigone a deux centimètres dans le sens antéro-postérieur ; à un centimètre du bord de l’éperon on voit les deux orifices urétéraux.

« En arrière du muscle interurétéral, existe une petite dépression qui correspond au bas-fond vésical.

« La cavité inférieure ou prostatique a une forme pyramidale à sommet inférieur. La base supérieure correspond au large orifice de communication. On voit, en arrière et à gauche, quelques débris prostatiques. Partout, la réparation est complète et cette cavité est tapissée d’un revêtement qui paraît muqueux ; il se continue, en haut, sans ligne de démarcation aucune, avec le revêtement de la cavité supérieure ou vésicale.

« L'orifice interne de l’urètre est abaissé, comme transplanté au niveau de l’urètre membraneux. En ce point, on voit une légère saillie circulaire de couleur blanchâtre ; il existe d’ailleurs une différence très nette entre la teinte blanc nacré de la muqueuse urétrale et la teinte grisâtre du revêtement muqueux de la cavité prostatique ».

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