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Après ce laps de temps, on reprend une seconde série d’injections conjuguées novarséno-bismuthiques identique à la première et on la fait suivre d’une nouvelle période de repos d’un mois.
Après ce mois de repos on continue par une série d’injections intraveineuses de novarsénobenzol seul (dose totale d'environ 7 grammes), puis, après un nouvel intervalle d’un mois, par une série de quinze à vingt injections intramusculaires bi-hebdomadaires d’un sel insoluble de bismuth, lorsqu'on emploie des ampoules « simple dose » ou une série de dix injections, lorsqu'on emploie des ampoules « double dose ».
Le traitement d'attaque, tel que le préconise M. Sézary, est donc un traitement novarséno-bismuthique composé de deux premières séries mixtes d’injections conquguées de novarsénobenzol et de bis- muth, suivies d’une série d’injections de 914 et d’une série d'injections d’un sel insoluble de bismuth, chacun de ces médicaments étant alors employé seul.
Ces différentes séries d’injections sont séparées les unes des autres par un intervalle qui ne doit pas étre de plus d’un mois.
Le traitement d’attaque est terminé, il a duré dix mois environ.
Si le malade a été traité précocement, le liquide céphalo-rachidien est toujours normal (Sézary et Duruy).
Peut-on, dès lors, arrêter définitivement le traitement ?
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À cette question, M. Sézary répond de nouveau :
«€ Nous manquons d’un recul suffisant pour porter un jugement et préférant pécher par excès plutôt que par manque de prudence, nous appliquons aux malades soumis au traitement conjugué novarsénobismuthique, la règle basée sur l’expérience acquise par l’étude du traitement arsenical seul. »
En conséquence, il prescrit de faire suivre le traitement d'attaque d’untraitement dit de consolidation, d’une durée variable de deux à trois ans, suivant la période de la maladie à laquelle on a commencé le traitement d’attaque. On cesse l’emploi du novarsénobenzol, car les malades peuvent se sensibiliser à son égard et on le remplace par des médicaments « d’usure » : le bismuth, le mercure.
À la fin du traitement de consolidation, le malade est soumis à une surveillance clinique et biologique prolongée.
Malgré l'efficacité du traitement d’attaque novarséno-bismuthique, M. SÉzary conseille de traiter la syphilis pendant trois ou quatre ans.
C’est la prudence qui l’oblige à agir ainsi, car on ne sait pas si le traitement novarséno-bismuthique conjugué institué précocement et seulement pendant quelques mois, peut guérir la syphilis.
Pour s’en rendre compte, nous comprenons que M. Sézary ait eu des scrupules à interrompre le traitement des syphilitiques après les deux premières séries mixtes novarséno-bismuthiques.
Mais, par leur découragement ou leur négligence,
AD
certains malades ont fourni spontanément des éléments d'appréciation.
Beaucoup de syphilitiques, soignés dès le début de leur maladie, ont interrompu leur’ traitement pendant plusieurs mois ou plusieurs années, soit au cours de l’une des deux premières séries mixtes conjuguées novarséno-bismuthiques, soit à la fin de celles-ci.
Les observations de ces malades constituent des documents très importants pour établir si les traitements à la fois précoces, intensifs et écourtés ont été ou non suffisants pour éteindre, pendant de nombreuses années, toute manifestation apparente, clinique ou biologique.
M. Sézary nous a chargé de cette enquête ; nous en avons publié avec lui les conclusions à la Société Française de Dermatologie (séance de juin 1938).
Dans ce travail nous apportons d’une façon détaillée les résultats et les observations des malades.
Nos conclusions permettent de répondre à ces questions : peut-on écourter le traitement d'attaque, peut-on supprimer le traitement de consolidation de la syphilis soignée précocement, grâce à une thérapeulique aussi intensive qu'il est possible de la faire sans exposer les malades à des accidents graves P
Nous avons dépouillé plus de 12.000 dossiers, appartenant au dispensaire Laillier, annexé au
service de M. Sézary à l'Hôpital Saint-Louis, ou à la consultation du soir qu’il dirige à l'hôpital Laënnec.
Parmi les dossiers qui nous semblaient pouvoir
être retenus, très peu furent en réalité utilisables. Les uns, parce que les renseignements fournis par les malades sur les traitements qu’ils avaient suivis au dehors étaient trop imprécis, les autres parce que leurs titulaires ne sont pas revenus au dispensaire, malgré plusieurs convocations envoyées par l’Assistante sociale (1), après la suspension de leur traitement.
Quelques observations, parmi celles que nous rapportons, pourront paraître incomplètes ; il y manque l’état du liquide céphalo-rachidien. Nous avons fait tous nos efforts pour convaincre les malades de la nécessité d’une ponction lombaire, mais ils acceptent difficilement cette petite intervention et c’est souvent le motif pour lequel ils ne reviennent plus à la consultation (2).
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Les malades qui ont ainsi spontanément interrompu pendant plusieurs mois ou plusieurs années le traitement d’attaque novarséno-bismuthique, tel qu'ila été préconisé par M. Sézary (3), peuvent être divisés en deux grandes catégories :
(1) Nous remercions vivement Me Cavarrer, assistante sociale et Mne DemarrTini, infirmière chargée du service du dispensaire Laillier à l'hôpital Saint-Louis, de l’extrême obligeance qu’elles ont eue en nous aidant à trier les dossiers et à retrouver les malades.
(2) La ponction sous-occipitale est plus facilement acceptée par les malades car elleneles oblige pas à une immobilisation pendant 48 heures et elle n’a pas les petits inconvénients de la ponction lombaire ; mais M. Sézanry l’a abandonnée car il la considère comme dangereuse.
(3) Voir page 8.
19 Ceux qui ont suivi régulièrement le début de leur cure et qui ont reçu deux séries normales ou au moins une seule série normale d’injections conjuguées novarséno-bismuthiques.
Nous considérons ce début du traitement d'attaque comme un traitement minimum et c’est à lui que nous avons donné le nom de traitement d'attaque novarséno-bismuthique écourté.
Ces malades, en raison de leur régularité, nous permettrons de nous rendre compte, de l’eflicacité du traitement mixte novarséno-bismuthique inital.
Leurs observations ont été réunies dans le premier chapitre de ce travail.
20 Ceux qui ont suivi irrégulièrement un traitement semblable à celui des malades précédents ou ceux qui ont interrompu la première série d’injections avant d’avoir atteint des doses totales normales de 914 et de bismuth.
Parmi ces derniers, certains n’ont reçu que quelques injections de 914 et de bismuth. Dans ces cas on ne peut pas parler de traitements écourtés ; il s’agit de traitements notoirement insuffisants.
Les observations de ces malades, qui ont fait un traitement d'attaque écourté et irrégulier ou insuffsant, ont été réunies dans le deuxième chapitre.
Dans chacun de ces chapitres, nous avons groupé nos observations suivant la période de la maladie à laquelle a été institué le traitement initial.
En effet, les syphiligraphes ont toujours reconnu,