OBSERVATION VI
B..., Joseph, âgé de 27 ans, entré le 22 juin 1896. Son père et sa mère sont bien portants, ainsi que six frères et une sœur. Personnellement, le malade a eu de l’impetigo aux paupières. Il est marié depuis quatre ans, à trois enfants. Deux sont bien portants, le dernier, âgé de quelques mois, porterait des plaques rouges sur tout le corps. Sa femme serait en bonne santé.
Il y a cinq ans, après le premier coït, le malade a vu survenir quelques troubles du côté des voies urinaires ; mais il fut surtout frappé par de l’intertrigo dans le pli génito-crural qu'il n’avait jamais remarqué auparavant. Il n’a pas souvenir d’avoir eu d'écoulement uréthral.
Il y a environ un mois et demi que le malade a vu le nombre de mictions augmenter ; le besoin, äès qu'il se manifeste, est intense. Ses mictions sont surtout nombreuses après quelques fatigues et sont suivies de l'émission de quelques gouttes de sang.
L’urine est trouble, contient du pus et de l’albumine.
Depuis un mois et demi aussi, les testicules ont également subi des modifications. Leur volume est
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augmenté de chaque côté. A gauche, la forme générale est conservée,malgré l'augmentation de volume ; on sent des nodosités sur toute la surface du testicule et de l’épididyme fortement augmenté de volume aussi ; l’induration est plus sensible à la queue. La bourse gauche est parfaitement normale et glisse aisément sur le testicule.
A droite, le testicule est généralement irrégulier, présentant de nombreuses nodosités. Deux de ces nodosités, surtout, sont très volumineuses et adhérentes à la fois au testicule et aux bourses. L'une siège à la tête de l’épididyme, l’autre à la queue de l’'épididyme et adhère au fond des bourses. En avantet en dedans, sur la face interne du testicule, on sent de la fluctuation et du ramollissement du testicule. C’est vers ce point que la douleur est le plus nette. La peau de la bourse est un peu plus rouge sur les points où elle adhère à la masse testiculaire que dans le voisinage.
L'état général du malade ne s’est point modifié. Il accuse un peu de faiblesse des jambes.
On le traite alors par le repos au lit etle suspensoir; le malade sort le 27 juin 1896.
Le 18 août 1896, le malade rentre, porteur d’une fistule ouverte depuis dix jours, et située à la partie inférieure de la bourse droite, fistule par laquelle il s'écoule un liquide séro-purulent. A la partie antérieure et supérieure de la bourse, du même côté, se voit une adhérence très nette entreles enveloppes du testicule et l'organe lui-même; la suppuration se fait
ro de jour en dehors par une fistule semblable à la précédente.
Le testicule gauche est devenu douloureux depuis une semaine; l’épididyme est volumineux; pas de fistule.
Le malade se plaint de douleurs en urinant; les mictions sont assez fréquentes, au nombre de trois par nuit, en moyenne. L’urine est trouble et ses dernières gouttes contiennent un peu de sang. Bon état général. Le malade n’a jamais eu d'hémoptysies. Le malade reste alors environ un mois à l'hôpital; il en sortle 14septembre sans que l’on soit intervenu.
Le 16 juin 1897, un an après son premier séjour, le malade rentre de nouveau à l'hôpital pour la persistance de la suppuration testiculaire et des troubles de l’état général. On trouve donc une fistule avec quelques bourgeons fongueux situés autour de la fistule siégant à droite et à gauche du scrotum. La suppuration est assez abondante. Les signes locaux constatés au cours de l'observation persistent toujours. Le malade a eu, il y a un mois et demi, une hématurie ayant duré quelque temps et qui fut arrêtée par des pilules ordonnées par un médecin, Les urines sont troubles et chargées; elles renferment du sang.
On fait, cette fois-ci, la castration; elle est double. On trouve de la matière caséeuse dans une caverne du volume d’une noisette. Du côté gauche, il y a un petit foyer caséeux.
La température, à la suite de l'opération, est à peu
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près normale; en tous cas, elle ne dépasse pas 980. Les urines sont toujours troubles et sanguinolentes. Le malade sort le 13 juillet 1897; il est guéri.
En août 1900, nous avons des nouvelles du malade qui se dit bien portant; ses forces sont revenus; il a engraissé et n’a pas de troubles psychiques. Il continue son état qui, du reste, n’est pas très pénible.