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expériences concluantes : sectionnant les artères du cordon et laissant le canal déférent intact, il a vu survenir l’atrophie testiculaire ; sectionnant au contraire le canal déférent et respectant les artères, il n’a pas trouvé de changement de volume du testicule. Donc, que les voies spermatiques soient supprimées ou par section ou par oblitération, si les vaisseaux sont épargnés, la glande séminale ne subira pas d’atrophie. |
Pour la même raison il ne doit pas se produire de gangrène et pour notre part nous n'avons pas eu à déplorer cette complication.
Notre résultat éloigné le plus satisfaisant et qui, il faut le dire, n’est pas sans importance, c’est la conservation du sens génital chez tous nos malades sans exception.
Interrogés à ce sujet, tous nous ont répondu qu'ils avaient encore des désirs et une puissance génitale, sinon supérieure, du moins égale à celle qu'ils se connaissaient avant l'opération. L’érection se produit aussi bien qu'avant. Puisque nous ne relatons aucune observation d’épididymectomie bilatérale, nos opérés peuvent éjaculer ; leur sperme a une apparence normale. P. Delbet a dit avec raison : « Un homme sans épididyme n’est pas un eunuque ». Si nous avions’eu la satisfaction de retrouver un malade devenu père depuis sa sortie de l’hôpital, le succès aurait été complet.
Berthelot, plus heureux que nous, parle dans sa thèse d’un de ses malades qui lui écrit « qu'il est père d'un bel enfant de dix-huit mois ».
Enfin, tous les opérés de M. Hartmann sont dans un état parfait au, point de vue moral comme au point de
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vue physique. Ce résultat est encore la conséquence de la conservation du testicule.
Depuis quelques années, avec les progrès de la science, de nouvelles théories ont vu le jour. Les expériences de physiologie et les travaux de Brown-Séquard ont démontré que, comme le corps thyroïde et le pancréas, le testicule possédait une sécrétion interne : la glande répand dans le sang certaines substances ayant une action indéterminée sur les centres nerveux. M. Legueu développe cette idée dans un article sur « les Opérations conservatrices dans la Tuberculose testiculaire » (1).
« Il y a une grande différence entre un castré et un individu qui a perdu son épididyme et conservé ses tesücules : malgré que la fonction extérieure du testicule soit perdue dans le deuxième cas, la glande continue cette sécrétion interne que Brown-Séquard a découverte et qui fait que les fonctions génitales s’exécutent chez notre malade comme si rien d'anormal ne s'était passé. »
Cette sécrétion interne supprimée, des désordres se produisent dans l’état mental du sujet. Cela est tellement exact qu'on a pu voir des amputés du testicule devenir hypocondriaques, mourir de chagrin ou se suicider. En dehors de ces cas extrêmes, le castré peut présenter des troubles nerveux ou psychiques. Les testicules contribuent beaucoup à maintenir l'équilibre entre les facultés corporelles et intellectuelles. |
Dès la plus haute antiquité, on a reconnu la grande influence que possède sur la conservation de l’intelligence et de la santé l'intégrité de la glande testiculaire.
(4) LeGuec. Revue internalienale de chirurgie et de médecine, octobre 1899,
«© Les Romains, connaissant l'importance de ces organes, à l'époque du dictateur Scylla, punissaient très sévèrement ceux qui entreprenaient l’ablation des testicules, parce que, disaient-ils, quand on enlève les testicules de l’homme, sa santé se trouble, ainsi que ses facultés intellectuelles. De même, les Romains, croyant que les testicules fonctionnant physiologiquement donnent à l’homme sa parfaite santé corporelle et psychique, défendaient l'entrée au tribunal comme témoins à tous ceux qui étrient dépourvus de leurs testicules, aux anorchides et aux eunuques. L'importance des testicules résulte encore de ce que ceux qui sont dépourvus de testicules dès leur naissance, ‘les eunuques de Charème et plus rarement ceux qui ont de petits testicules (microrchidie), la plupart sont d’une faible constitution, maigres, pâles, cachectiques, timides et craintifs. Les Byzantins historiographes, voulant démontrer l’imperfection des facultés intellectuelles des eunuques (lesquels à l'époque des Byzantins se maintenaient à la Cour), caractérisent ces individus comme incapables d'agir corporellement et moralement, inhabiles à toute entreprise généreuse et comme efféminés et de plus comme misanthropes calomniateurs (sycophantes), pleins d'instincts infâmes et traîtres, parce que plusieurs fois ils ont trahi même leur nation, ayant pour cela provoqué des désordres nationaux comme par exemple Eutropius et d’autres eunuques » (1).
Vu. les troubles observés chez les anorchides, l’épididymectomie est de beaucoup supérieure à la castration
(4) Guisx. Affections des organes génito-urinaires des deux sexes comme causes de troubles des façultés intellectuelles. Progrès médical, 13 juin 1896.
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en ce sens qu'elle conserve toujours la glande dont l'importance est si grande comme nous venons de Île voir. En effet, si on fait sur un sujet l’ablation d'un testicule tuberculeux et que, par suite de l'extension des lésions tuberculeuses à l’autre testicule, on ait, quelque temps après, à enlever cet organe, on aura exposé le malade à tous les désordres que nous venons de citer. Au contraire, si après épididymectomie unilatérale, il y a récidive dans l’autre testicule, on pourra pratiquer une nouvelle épididymectomie et, au besoin, si les foyers sont trop avancés, on fera l’ablation de la glande elle-même. On n'aura pas fait un castré, c'est-à-dire un être en état d'infériorité morale et physique. On aura su au moins épargner un organe et par conséquent laisser à l'organisme la sécrétion interne si nécessaire à son bon fonctionnement.
Les inconvénients signalés plus haut ont été évités à un de nos malades (Obs. V et VI).
Epididymectomisé pour tuberculose suppurée de l’épididyme gauche, 1l dut subir, six mois plus tard, par suite de la propagation de la tuberculose au testicule droit, l'ablation de cet organe. Il possède donc encore son testicule gauche. Quand bien même on aurait pratiqué la castration lors de la première opération, il est
probable qu'on aurait été contraint d'enlever le second
testicule, car 1l n’est pas prouvé que dans ce cas la cas-
tration unilatérale aurait pu empêcher l'extension des
foyers à l’autre testicule. Notre malade doit donc à
l'opération économique qui fut d’abord pratiquée sur lui = GS POS A
le privilège de n'être pas un eunuque.
Tels sont les résultats éloignés que nous avions à
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signaler. S1 tous nos opérés n’ont pas été complètement guéris, l'opération a toujours été curatrice et on n’a pas eu de récidive quand on a pu arriver assez lôt, avant que les lésions aient pu atteindre le testicule.
L'épididymectomie est done une opération utile et bienfaisante car elle remplit toutes les conditions qui peuvent légitimer une intervention.
« L'intervention, disait Nélaton dans sa thèse d’agrégation de 1883, a pour effet :
1° De débarrasser le malade d’une lésion douloureuse et gênante.
2° De lui permettre de réparer son organisme en lui enlevant une source d’affaiblissement.
Par elle, la lésion locale a été guérie, mais le terrain sur lequel elle évoluait n'a pas été modifié ».
OBSERVATiONS
OBSERvATION 1 (Inédite).
Epididymite tuberculeuse droite. — Epididymectomie.
Le nommé R..., valet de chambre, 24 ans, entre le 3 avril 1902, salle Civiale, pour une tuméfaction douloureuse siégeant au côté droit du scrotum. Il se plaint en même temps d’un écoulement uréthral incolore, épais, filant.
Le malade raconte que, jusqu’à l’âge de 11 ans, il a eu de l’incontinence d'urine. Il ne tousse pas, mais a un peu maigri depuis k ans.
Son père est mort à 56 ans d’une pleurésie : il toussait depuis l’âge de 45 ans. Sa mère est bien portante. Il a 3 frères et 6 sœurs tous en bonne santé.
Jamais de blennorrhagie.
En 1898, il contracta un chancre siégeant sur le bord antérieur du prépuce. Ce chancre apparut quelques jours seulement après le coit et fut bientôt suivi d’une adénite droite suppurée.
En 1899, le malade fait, insidieusement, un peu au-dessus du mamelon droit, une collection purulente du volume d’une mandarine, indolente, légèrement douloureuse à la pression, n'ayant jamais déterminé une élévation notable de la température. Traitée d’abord par une incision suivie de drainage, cette affection néces. sita un curettage, puis un grattage du gril costal.
En 1900, le malade s’aperçut qu'il existait au niveau de son testicule droit, à la partie supérieure de la face latérale droite et s'étendant en arrière, un petit noyau dur, peu douloureux, légère-
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ment sensible à la palpation, mais n'empêchant pas le malade de monter à cheval. Ce petit noyau persista dans la suite sans augmentation de volume et sans que le malade s'en plaigne.
En décembre 1901, le malade, ayant beaucoup fatigué dans les premiers jours du mois, souffre de ce noyau qui augmente quelque peu de volume. ,
Le 18 mars 1902, il constate une tuméfaction douloureuse et très notable du testicule droit. La douleur s'exagère par la marche et par la fatigue. Le malade porta alors un suspensoir.
Le 30 mars 1909, il a un écoulement uréthral peu abondant. Le liquide est épais, filant, incolore, mais ne tache pas le linge.
C’est alors que le 3 avril, la tuméfaction et la douleur ne faisant qu'augmenter, le malade vient à la consultation.
EXAMEN DU MALADE. — À l'inspection, on constate que, du côté droit, le serotum, régulièrement augmenté de volume, est approximativement deux fois plus gros que du côté gauche. La peau n’a subi aucun changement de coloration à la palpation, le serotum n’adhère en aucun point aux plans sous-jacents.
Epididyme droit. — Queue et tête dures, volumineuses, douloureuses au palper.
Testicule droit. — Un peu douloureux, augmenté de volume ; le cordon est très douloureux.
La palpation révèle l'existence de deux saillies séparées par un sillon : l’une, antérieure, donnant à la pression une sensation de douleur testiculaire ; l’autre, postérieure, allongée. Cette dernière est formée elle-même de deux saillies : l'une supérieure, rénitente, douloureuse à la palpation, en cimier de casque ; l’autre, inférieure, allongée, dure, un peu moins douloureuse à la pression que la supérieure et séparée comme elle de la tumeur antérieure par un sillon très net.
Epididyme et testicule gauches. — Normaux.
Urèthre. — La pression sur le canal fait sourdre une goutte de liquide présentant les caractères annoncés plus haut.
Prostate. — Le toucher rectal ne décèle aucune lésion de cet organe.
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Vésieules séminales. — Elles ne sont pas douloureuses et ne paraissent pas augmentées de volume.
Ebinipymécromie le 7 avril 1902. — M. Hartmann opère le malade; il fait une incision en avant, puis il ouvre la vaginale. L'épididyme est alors libéré en entier et enlevé en totalité avec l’origine du canal déférent.
Surjets au catgut sur plaie d’albuginée au niveau de la tête et de la qeue désinsérées. Drain. Suture du serotum.
Les suites opératoires sont excellentes. Le malade ne présente pas d’élévation de température. La plaie est réunie par première intention et le 23 avril, c'est-à-dire exactement 16 jours après l'opération, il sort de l'hôpital sans fistule.
Nous n’avons pu revoir ce malade.
OBsERvATION II (Inédite).
Epididymite tuberculeuse suppurée avec fistules. — Epididymectomie.
Le nommé B..., cordonnier, 22 ans, entre le 23 juin 1902, salle Civiale, pour des douleurs siégeant au testicule droit.
Pas d’antécédents héréditaires.
Le malade a toujours été bien portant, mais le moindre effort lui causait une grande fatigue. Il n’a jamais toussé.
En février 1901, le malade a commencé à ressentir des douleurs au niveau de son testicule droit. Celui-ci s’est tuméfié et les douleurs étaient provoquées par la marche. Le malade est resté ainsi pendant un mois et demi; puis, ayant consulté un médecin, il se mit au lit, en avril 1901. Sous l'influence du repos, la douleur disparaît, mais la tuméfaction persiste. À ce moment, l'état général n’était pas satisfaisant.
Après 15 jours de repos, le malade reprit son travail, mais le testicule droit était toujours un peu douloureux.
En février 1902, le testicule gauche fut pris à son tour. Les bourses se mirent à enfler et devinrent spontanément douloureuses.