‹ Résultats immédiats et éloignés des interventions pour ulcères gastro-duodénaux perforés (D'après les malades du service de garde de l'Hôtel-de-Dieu de Lyon)Chapitre 55 sur 65 · LES STÉNOSES DE LA BOUCHE DE GASTROENTÉROSTOMIE · texte numérisé non relu

LES STÉNOSES DE LA BOUCHE DE GASTROENTÉROSTOMIE

Nous en avons relevé trois cas : obs. 55, 68 et 72, soit 2,34 %. Les signes cliniques sont les mêmes dans les trois observations : le malade revient quelque temps après l’intervention se plaignant de douleurs suivies de vomissements. Le tableau clinique peut même être dramatique. Paul BonneT, à la Société de Chirurgie de Lyon (10 novembre 1927), rapporte un cas de « Syndrome péritonéal aigu en relation avec le rétrécissement tardif d’une bouche de gastro-entéro-anastomose effectuée à l’occasion d’une perforation d’ulcère pylorique » Le diagnostic peut parfois être difficile cliniquement, et il est utile de soumettre ce malade à un examen radioscopique. Nous avons pu pratiquer une gastrophotographie chez un tel malade, qui nous a montré, avec l'évidence d’une chose vue, ce rétrécissement secondaire de la bouche. On peut donc espérer qu’à l’avenir cette méthode nouvelle de recherches permettra de préciser le diagnostic dans les cas restés douteux.

Bouche de gastro-entérostomie au bouton, orifice normal Autour : Les plis normaux de la muqueuse

Orifice de gastro-entérostomie retréci

Le traitement est uniquement chirurgical. 11 faut réintervenir pour rétablir une large bouche à la suture, suivant la technique bien exposée par MM. DELORE, MicHox et PoLLossox.

Cette proportion de rétrécissement tardif, après gastroentérostomie au bouton, est relativement assez élevée, puisque DELORE en signale 0,75 % environ, et puisque JABouLAY, sur 210 cas de gastro-entéro-anastomose, donnait à peu près le même pourcentage. Ii y a donc là un inconvénient certain du bouton, et GAvF1, en 1904, estimait que c'était le plus grand reproche à adresser à ce procédé. PATEL, au contraire, considère. cette complication comme plutôt rare. On sait que ces sténoses tardives sont dues, en général, à un processus cicatriciel à tendance rétractile, succédant à des poussées de gastrite qui, comme nous l’avons vu, sont souvent prédominantes autour de la bouche.

Le degré d’oblitération est variable. Il va de la réduction de moitié de l’orifice à l’oblitération totale puisque, dans certains cas, estomac et intestin sont séparés.

Doit-on tirer argument de ces incidents pour écarter le bouton de JABOULAY de la pratique chirurgicale? Il nous semble qu’il n’en est rien, dans la lésion qui nous occupe, et que le Bouton rencontre, même, au cours du traitement des perforations gastriques, son indication de choix. Il permet des manœuvres rapides, sûres, et c’est grâce à lui que la gastro-entérostomie complémentaire est devenue un temps opératoire systématique pour beaucoup de chirurgiens, à Lyon en particulier. À Paris, où son usage est moins générale-

= MNeD=

ment répandu, de nombreux auteurs reprochent encore à ce temps opératoire d’allonger dangereusement l’opération. Pour nous ce reproche est sans fondement puisque, en 2 à 4 minutes, des mains exercées peuvent placer ce bouton. D’ailleurs, la gastro-entérostomie à la suture, si elle s'accompagne moins fréquemment de sténose, n’en met pas sûrement à l’abri.

Ces sténoses tardives ne sont pas d’une grande gravité à condition qu’on les diagnostique à temps, afin de les traiter rapidement. Les résultats de ce traitement chirurgical sont très bons, puisque les trois cas relevés dans notre statistique ont très bien guéri et puisque dans son travail DELORE signale 15 réinterventions sans aucune mort. Le procédé d’élargissement de la gastroentérostomie donne d’excellents résultats fonctionnels, et nos trois malades sont restés,

depuis, parfaitement guéris.

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