‹ Résultats immédiats et éloignés des interventions pour ulcères gastro-duodénaux perforés (D'après les malades du service de garde de l'Hôtel-de-Dieu de Lyon)Chapitre 58 sur 65 · Le mode d’anesthésie · texte numérisé non relu

Le mode d’anesthésie

Dans la majorité des observations, c’est l’anesthésie générale à l’éther qui a été pratiquée. On n’y signale aucun accident particulier pendant la durée de lintervention; il semble donc qu’il y ait unanimité sur ce point entre tous les chirurgiens qui ont assuré le Service de garde pendant la période envisagée. Cependant, nous avons vu dans le chapitre des complications rapprochées la fréquence des complications pulmonaires post-opératoires. Si, pour une partie, elles peuvent être provoquées par un processus embolique à point de départ dans la lésion gastrique infectée, il y a certainement lieu de penser que l’inhalation d’éther a tout au moins favorisé bon nombre de ces accidents. C’est ce qui nous a fait dire au méme chapitre que, dans le cas de malades shockés, opérés tardivement, on pourrait préconiser l’anesthésie locale. Celle-ci, en effet, avec un peu d’entraînement, permet de pratiquer l'opération convenablement. Pourtant, le chirurgien, il faut le dire, a moins la liberté de ses mouvements, dans ces cas où il faut parfois se livrer à une exploration viscérale étendue. Il est très gêné par la contracture persistante de la paroi. La fermeture est souvent très difficile, le malade « poussant >» malgré les recommandations. — La rachianesthésie a aussi quelques défenseurs. DESJAC-

QUES nous a communiqué trois observations où ce

mode d’anesthésie a été utilisé. Pratiquée assez haute, à la percaïne, elle donne une anesthésie d’excellente qualité et, en particulier, un « silence abdominal » parfait. Il semble cependant qu’elle ne saurait être indiquée systématiquement pour ces malades trop shockés et le plus souvent hypotendus.

En résumé, l’anesthésie générale à l’éther, pratiquée par un personnel spécialisé et entraîné, reste, malgré ses inconvénients certains, le mode d’anesthésie qui s’imposera le plus souvent. Elle exige seulement une prophylaxie plus attentive encore des complications pulmonaires (oxygène, réchauffement, révulsion, vaccinothérapie post-opératoire). Ces complications, si elles relèvent de l’anesthésie, sont d’ailleurs, pour une large part, comme lont montré plusieurs auteurs, et comme y insiste particulièrement le Professeur Bérarp, le fait des contagions microbiennes dans les salles communes d’hôpital. Elles diminueraient certainement si on pouvait mettre les malades dans des chambres isolées.

L’anesthésie locale, quels qu’en soient ses avantages, reste une indication de cas exceptionnels : il faudra savoir l’utiliser chez les malades opérés tardive-

ment, shockés, et surtout chez les malades âgés.

Quant à l’anesthésie rachidienne, elle ne doit être pratiquée qu'avec certaines précautions (prise de la tension artérielle, surveillance rigoureuse). Pour la plupart des chirurgiens elle reste peu indiquée en chirurgie viscérale d’urgence.

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