Les temples étaient des édifices sacré
destinés au culte de la divinité : tous les peuples en ont élevé, et la piété qui les fonda
hâta les progrès de l'architecture, par le désir de rendre ces édilices plus dignes de leur destination. Les Egyptiens, si religieux et si fidèles aux dogmes fondamentaux et au culte primitif institué par leurs ancêtres, ont surpassé tous les peuples dans l’étendue et la magnificence de ces monumens publics; ils en avaient déjà d’anciens, quand l’oracle de Delphes n’habitait qu’une cabane de lauriers , et que le Jupiter de Dodone n’avait qu’un vieux chêne pour demeure.
3 7 . Egyptiens. Le temple proprement dit, ou la Cella , était de forme carrée ou carré long; c’est là qu’habitait le dieu, représenté par son symbole vivant , que des esprits légers ou superstitieux ont pris pour la divinité même. Les rites religieux avaient réglé dans tous ses détails l’ordre du service desprêtres auprès de ces animaux sacrés, choisis et désignés d’après les signes extérieurs réglés par le rituel, et qui étaient embaumés après leur mort. La Cella , partie* principale du temple, en est toujours la plus ancienne , et porte le nom du Pharaon qui l’a fait construire et dédiée. Les plans des divers temples de l’Egypte, figurés dans la Description
D>ES Tfc\IJ*LES.
cïe cette contrée, rédigée par les savans français de l’expédition , montrent une grande diversité dans leur ensemble, mais prouvent une certaine uniformité dans les parties principales. La description suivante du temple enfermé dans l’enceinte du palais de Lonqsor à Tlièbes , donne une idée suffisante de ce genre de construction chez les Egyptiens. . . *
. 38. Temple de Louqsor. Un pylône, ou porte flanquée de deux especes de tours carrées et en talus, long de 1 5 mètres , conduit dans une cour ornée d’un portique sur trois côtés, et formant un rectangle dont la longueur est exactement le double de la largeur; Des piliers cariatides soutiennent le plafond du portique; des deux côtés, les galeries latérales ont 8 pieds 9 pouces de largeur; le portique du fond est formé -aussi par quatre cariatides, mais placées en avant de quatre colonnes. La porte qui est percée dans ce mur, est couronnée d’une corniche ornée d’un globe aile au-dessous duquel se montre la tête du serpent Urœus ; cette porte conduit à un second portique , soutenu pat deu* rangées de çolonnes, dont les chapitaux ont
4>» MON U MENS D*ÀRCHITECTURE.
la forme d’un bouton de lotus tronqué. Quel* ques sophitçs sont percées de trous carrés évasés en forme d’entonnoir renversé; c’est par là que la lumière pénètre dans ce second portique. Un petit avant-corps figure, sur le mur du fond , la façade d’un temple ; une porte y est pratiquée , et donne entrée dans un sanctuaire de 8 mètres ) de profondeur , sur 14 mètres de largeur et qui est éclairé par des soupiraux ouverts dans la partie supérieure ; au fond , est un petit corps avancé, où l’on a pratiqué une niche qui servait à renfermer l’animal sacré, symbole du dieu adoré dans le temple. Sur les eûtes, deux couloirs communiquaient avec ce sanctuaire, et l’escalier pratiqué dans l’un des deux, mène sur la plate-forme du temple. Il a dans son en-* semble 160 pieds de longueur sur y 6 de large, et ses murs sont entièrement couverts de sculpture en bas-relief dans le creux et coloriées. Ces dimensions sont à peu près celles des grands temples de l’Egypte ; mais il en est plusieurs de proportions colossales , et celui-ci n’est qu’une partie du grand palaisde Louqsor, dans un quartier de Thèbes.
3 q. Grand temple du sud à Karrrac. Pour
donner au lecteur une idée approximative de ce qu’entreprenait la munificence des Egyptiens, et de leur piété envers les dieux , nous plaçons ici une description sommaire du grand temple, au sud des ruines de Karnac , autre partie de l’ancienne capitale de la Thébaïde et de l’Egypte.
Une allée de sphinx acroupis sur ;leur piédestal, au nombre de 600 environ de chaque côté , conduisait par une avenue de 2000 mètres , pavée en dalles, du palais de Louqsor au temple de Karnac ; qu’on se figure l’avenue des champs élysées, «à Paris , depuis l’arc de triomphe jusqu’à la place Louis XV , décorée de chaque côté de la route , d’une rangée de 600 sphinx placés sur des piédestaux de 16 pieds et demi de long sur 4 pieds 7 pouces de large. Une autre avenue, ornée de béliers placés de même sur des piédestaux, prolongeait la première sur une longeur de i 65 mètres, ayant 58 de ces monolithes de chaque côté. La tête d’un Lélier a 4 pieds et tiers de longueur , et le reste du corps est taillé sur cette proportion. Des arbres ombrageaient les abords du temple; une porte triomphale, isolée, se présen-
pU
4a MOVÜMBNS d'aRCHITECTURE.
tait d’abord; le mur d’eaceinte s’appuie sur ses côtés; elle a 17 pieds 3 pouces d’ouverture , 3b pieds 3 pouces de profondeur , b 4 pieds 7 pouces d’élévation, dont 44 pieds sous la plate-bande. Elle est en grès : sa corniche est ornée du globe ailé avec l’urœus ; le reste de sa surface à l’extérieur , à l’intérieur et au plafond, est couvert de sculptures coloriées et d’inscriptions hiéroglyphiques; l’enfoncement même où venaient se loger les battans de la porte, en est également orné. A 43 mètres de distance, on arrive au pylône ou entrée principale du temple ; des béliers sur leurs piédestaux ornent encore cette avenue. Le devant de ce pylône avait', de chaque côté , quatre mats d’une grande élévation et portant des banderoles ; sa longueur est de 98 pieds ; sa largeur dè 3i, et sa hauteur de 55. Il paraît que deux statues colossales décoraient cette entrée qui introduit dans une cour découverte , entourée d’un double rang de colonnes; leurs chapiteaux, en forme de lotus tronqués, sont surmontés de dés assez élevés qui portent l’entablement. Vient ensuite une salle de 74 pieds de large sur 40 de profondeur, et or-
DES TEfltrUES.
née de colonnes. Trois portes sont pratiquées dans le mur du fond; celle du milieu conduit à un sanctuaire isolé, et les deux autres à des petites salles dépendantes du temple.
Une autre salle est aussi derrière le sanctuaire, et une porte conduisait encore à d’autres dépendances. Les murs et les colonnes sont chargés de sculptures coloriées; rien n’égale ailleurs cette profusion , et il n’est pas extraordinaire d’en mesurer 3 o,ooo pieds carrés dans un temple égyptien .
Il manque à ces deux temples , les obélisques qui en ornaient l’entrée, et portaient le nom des princes qui avaient élevé , réparé ou augmenté ces édifices; car il ne faut pas perdre de vue que les grands monumens de l’architecture égyptienne sont le fruit du temps et de la piété de plusieurs rois qui ajoutaient de nouvelles salles, de nouvelles cours, des portiques , d’autres ornemens ou des murs d’enceinte à des temples commencés par d’autres rois : ainsi pour le temple de Karnac, dont nous venons de parler, le sanctuaire porte le nom de pharaon Ramsés-Phéron, fils de Sésostris, et u e roi de la XIX e dynastie (1418 ans avant J. C.J, et la porte
triomphale est du règne d’un Ptolomée, dont le nom et celui de sa femme Bérénice sont plusieurs fois répétés sur ce magnifique monument : or plus de douze siècles séparent ces deux époques.
4o. Grecs. Les temples, en Grèce, étaient très-nombreux; les villes en élevaient à leurs divinités tutélaires : Athènes k Minerve, Ephèse à Diane, Delphes à Apollon , etc. , et les habitans des campagnes, aux divinités champêtres. Les temples des Grecs n’égalèrent jamais l’étendue de ceux de l’Egypte : tel ne fut pas le goût de ^e peuple ; mais les arts qu’il perfectionna se montraient avec toute leur richesse dans leurs monumens religieux.
On donna le nom de Hiéron à la totalité de l’enceinte sacrée qui renfermait le temple proprement dit , les habitations des prêtres, et des terrains quelquefois considérables. Le Naos, Cella ou temple proprement dit , avait ordinairement la forme d’un carré long ; quelquefois une cour , entourée d’un portique ou d’une colonnade, le précédait, comme au temple d’Isis à Pompeï, au temple de Sérapis à Pouzzoles, et au temple de Jupiter olympien à Athènes. Un portique , area,
39 le
entourait la cella , et celui-ci était plus ou moins vaste, selon la destination du monument. C’est là que le peuple s’assemblait, les prêtres seuls ayant le droit d’entrer dans le temple ; le Péribolos ou cour entourée d’un mur, qui la séparait du reste des terrains Sacrés , ajoutait encore à l’étendue de l’espace ; il était ordinairement orné de statues , d’autels et autres monumens , même de quelques petits temples. Ceux des divinités tutélaires étaient, en général, sur le point le le plus élevé de la ville ; ceux de Mercure , sur les marchés; enfin les temples de Mars, de Vénus, de Vulcain, d’Esculapc, en dehors et près des portes ; mais en cela on consultait d’abord les localités , et quelquefois les ordres des oracles ou les présages divins. En général, l’entrée des temples regardait l’occident, afin que ceux qui venaient faire des sacrifices fussent tournés vers l’orient, d’où la statue du dieu paraissait venir. La partie antérieure, en avant de l’entrée de la cella , s’appelait le pronaos , et la partie postérieure, s'il y en avait , le posdeum on opisthodome.
Au-dessus de l’entablement des colonnes , s’élevai* aux deux façades, w\\ fronton en trian-
46 MONUMENS d’aRCHITECTURE.
gle obtus , nommé Aêtos et Aétovia par les Grecs. La façade était toujours ornée d’un nombre pair de colonnes , c’est-à-dire de 4 ( temple tctrastylc ), de 6 (hexa style), de 8 (oçtastyle) , ^ t de io ( dêcastyle ). Sur les côtés, ces colonnes étaient ordinairement en nombre impair, et comme la longueur du temple était communément le double de la largeur, il y avait i 3 colonnes de côté pour la façade de 6, 17 pour celle de 8, en comptant deux fois les colonnes des angles. C’est ce que l’on remarque au petit temple de Pæstum, à celui de la Concorde à Agrigente, et au Parthénon d’Athènes; des escaliers intérieurs conduisaient aux parties supérieures de l’édifice. La statue du dieu auquel il était consacré, en était l’objet le plus sacré, et l’ouvrage des plus habiles artistes. Les particuliers pouvaient placer à leurs dépens, soit dans le naos , soit dans le pronaos , des statues d’autres dieux ou de héros. O11 leur faisait également des sacrifices, et les autels étaient dédiés , par la piété des Grecs, à la divinité principale, et aux autres dieux adorés dans le môme temple, OE OI 1TNNAOI.
L’autel des sacrifices était placé devant la
statue de la divinité principale ; quelquefois plusieurs autels se voyaient dans la meme cella. Les murs intérieurs étaient chargés de peintures représentant le mythe du dieu, ou les actions des héros et des anciens l'ois. Enlin ou déposait dans le trésor du temple , souvent placé dans Vopistodome , les riches offrandes, les dépouilles enlevées sur l’ennemi, qui étaient consacrées aux dieux par les rois, les villes, les généraux et les particuliers. Quelquefois aussi le trésor public était déposé dans le temple. Ces monumens présentaient les plus beaux modèles de l’architecture antique : l’ordre toscan et l’ordre dorique caractérisent les plus anciens, et l’ordre corinthien les plus élégans.
4r. Etrusques ou Toscans. D’après ce que dit Yitruve du temple de Cérès, construit à Ilome , auprès du grand cirque , par le dictateur A. Postliumius , l’an 260 de Rome, ( 494 e avant J. G.-)., et qui fut démoli sous Auguste, les temples toscans ou étrusques avaient une figure oblongue ; la surface était divisée en deux parties dans le sens de la longueur; celle de devant était pour le portique , et l’autre pour le temple proprement
48 MOWUMENS d’aECUÎTBCTURE.
dit, pai'tagé en trois cellcc, celle du milieu pour Jupiter, ayant à droite celle de Mercure, et celle de Junon à gauche.
4a. Gaulois. Malgré l’opinion de quelques archéologues , qui ont cru reconnaître dans des constructions antiques des restes de temples gaulois, il ne parait pas que ces peuple s en aient construit primitivement ; il est vrai que des champs, entourés de grosses pierres brutes fichées en terre , ont été considérés comme des temples de ce peuple ; tel est l’ensemble circulaire de Carnac en Basse- Bretagne. Les pierres qui la décrivent sont remarquables par leur volume, et 1 ensemble de l’ouvrage annonce une intention manifeste et le travail de l’homme; mais l’on est encore fort divisé sur la nature et la destination de cc monument, et de quelques autres de formes analogues qui subsistent en diveis lieux de la France.
43. Romains. Rome, disciple de la Grèce, l’imita, en général , dans la construction de ses temples , et ce qui vient d’être dit des temples des Grecs s’applique presque entièrement à ceux des Romains. Ceux-ci, toutefois, différaient essentiellement des premiers
jr- rr :
DES TEJIPLES. 4f)
dans la disposition des colonnes placées sur les côtés ; les Romains, en effet, comptaient, non les colonnes, mais les entre-colonnemens, et Vitruve assure qu’on en donnait «à chaque côté deux fois autant qu’en avait la façade, de sorte qu’un temple romain qui avait G ou 8 colonnes sur le devant , en avait n ou. i5 sur chaque côté. Le temple de la Fortune virile «à Rome avait quatre colonnes de front et sept sur les côtés; ainsi lo nombre des entre-colonnemens des côtés était double de celui de la façade. Mais on trouve des exceptions à toutes ces règles. La statue du dieu était aussi l’objet principal du temple ; un autel s’élevait devant elle; on voyait aussi dans quelques temples plusieurs statues et plusieurs autels ; les temples des Romains avaient également des peintures ; l’an /\5o de Rome (3o4 avant J. C. ), Fabius eu orna le temple de la déesse Sains , ce qui lui fit donner le surnom de Pictor , conservé par scs descendais. Des peintures enlevées aux temples de ]a Grèce furent placées quelquefois dans ceux de Rome.
44- ^ cs Grecs et les Romains bâtirent aussi des temples d e forme circulaire , si du moins
56 MONUMENS D’ARCtUTEOTÜRE.
on considère comme des temples certain* édifices de cette forme qui sont dans la baie de Pouzzoles; cette invention ne remonte pas très-haut dans l’histoire de l’art : ces monu* mens étaient couverts d’une coupole dont la hauteur égalait à peu près le demi-diamètre de l’édifice entier. Les temples étaient ou /nonopteres ou périptères , c’est-à-dire formés d’un rang circulaire de colonnes sans murs, ou bien d’dn mur entouré de colonnes qui étaient distantes de ce mur de la largeur d’un entre-colonnement. Le Philippeion , ou rotonde de Philippe à Olympie, était périp* tère ; tels étaient aussi le temple de Vesta à Rome et celui de la Sibylle à Tivoli. Le Panthéon , à Rome , est monoptère , mais il offre cette singularité que son entrée est précédée d’un portique à huit colonnes; on y arrive par deux marches, et on doit remorquer qu’en général les temples des anciens étaient entourés de gradins qui leur serraient de base.
45. Les temples étaient éclairés de diverses manières : les circulaires monoptères , formés de colonnes sans murs , l’étaient naturellement ; les périptères , par des fenêtres prises dans le mur ou dans la voûte , quelquefois
par un percé ménagé dans la coupole ; on a aussi l’indication antique du mur d'un de ces temples , élevé seulement à la moitié de sa hauteur , qui est terminée par un treillis à compartimens et à jour. Les temples quadrangulaires étaient éclaires selon leurs dimensions : les petits et les moyens, assez ordinairement par la porte seulement; mais cependant on apercevait de dehors même la statue du dieu qui était en face ; la maison carrée de Nîmes , temple de moyenne proportion , puisqu’il a 80 pieds de longueur , n’était pas éclairé autrement. Les grands temples avaient des jours de combles par des fenêtres garnies de carreaux de pierre spéculaire, d’étoffes diaphanes, de peaux, de corne , etc. Quant aux temples «à cella toute découverte , ou hjpœtôn , selon l’acception ordinaire de ce mot , il n’en reste aucun exemple , et les plus doctes ne croient pas qu’il y en ait jamais eu. Les édifices qui ont cette apparence, n’ont jamais été achevés ; tel est le temple de Jupiter Olympien à Agrigcnte , et Diodore de Sicile en fait connaître les motifs.
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5 a M 03 CUM 2 MS d’architecture.
SECTION IV
Des Autels.
46. Leur forme est fort variée et dépend de leur destination, soit pour faire les libations, soit pour les sacrifices d’animaux vivons, soit enfin pour disposer les vases et les offrandes. Les autels votifs étaient souvent remarquables par leur simplicité, n’étant que d’une seule pierre taillée , plus ou moins ornée , et portant une inscription qui indiquait les motifs et l’époque de leur consécration, avec le nom de la divinité et celui du dévôt qui l’avait élevé. On en trouve beaucoup laissés par les Grecs et les Romains, et il ne faut pas les confondre avec les piédestaux de statues également consacrées par le zèle ou l’intérét des. particuliers ; les inscriptions votives se ressemblent beaucoup sur ces deux espèces de monumens; mais on remarque assez ordinairement sur les piédestaux, des restes de soudure de la statue qu’ils portaient , ou les trous qui avaient servi «à l’y fixer.
47. Les autels égyptiens sont des monolithes de forme conique tronquée, de 4 pieds
de hauteur, mais fort évasés ensuite à la partie supérieure , qui est ordinairement creusée en entonnoir terminé par une ouverture qui traverse la pierre dans toute sa longueur : la partie supérieure du contour pose sur une pointe de quelques pouces. On connaît des autels égyptiens eh basalte vert et en granit ; le cabinet du Roi en possède un de la première matière ; son poli est parfait et des inscriptions hiéroglyphiques le décorent. Caylus, pl. 19 du tome I er de son Recueil, donne la ligure d’un autre dont les inscriptions hiéroglyphiques portent le nom du roi Psammétique. II est rare, en effet, de trouver un monument égyptien d’un certain volume, dénué d’inscriptions ou de sculptures symboliques; ce peuple était essentiellement écrivain ; il voyait toujours devant lui les temps futurs, et semblait s’attacher à leur arriver tout entier. L’indifférence des Grecs et des Romains pour les productions tles arts de l’Égypte , l’a en quelque sorte conservée dans son intégrité à nos études et «à notre admiration.
48. Les autels grecs , d’abord de bois, bienlot après de pierre, et quelquefois de métal,
54 MOHUMENS D’ARCHITECTURE.
sont en général, remarquables par le goàt qui a présidé à leur exécution. Les autels placés dans les temples étaient de diverses formes, carrés, ronds ou triangulaires, de brique ou de pierre; ils 11e devaient pas être trop élevés , afin de ne pas cadrer la statue du Dieu. Les autels destinés aux libations étaient creux, les autres massifs; on les ornait de feuilles et de fleurs d ? olivier pour Minerve , de myrte pour Vénus, de pins pour Pan, etc.; les sculpteurs imitèrent ensuite ces ornemens, et la différence des feuilles, des fleurs ou des fruits qui les composent, indiquait exactement le dieu auquel ils furent consacrés. On y voit aussi figurer des têtes de victimes, des patères, des vases, et autres ornemens religieux, et sur les plus élégnns, des bas-reliefs dont le sujet est relatif aux sacrifices ; des inscriptions s’y lisent aussi fort souvent , et la langue dans laquelle elles sont écrites indique l’origine du. monument.
4 y. Ce que nous venons de dire des autels grecs s’applique en général aux autels romains ; les inscriptions latines caractérisent ces derniers ; il ne faut d’ailleurs pas oublier que les Romains n’employèrent que 'des ar-
DES COLONNES ET OBELISQUES. 55 tistes grecs, et le goût de ceux-ci préside à tous leurs ouvrages.
5 0. Autels et temples gaulois. On a voulu considérer comme des autels les monumens
gaulois connus sous le nom de pierres levées ; mais, en ayant moi-méme fait fouiller plusieurs, et rtyant toujours reconnu dans ces fouilles tout ce qui constitue une sépulture , je ne puis les considérer que comme des tombeaux, et j’en parlerai en leur lieu. Quant aux temples gaulois, on a pris pour tels d’antiques constructions quelquefois souterraines, mais on est généralement d’accord qu’une pareille attribution ne mérite aucune con..
fiance. ( V oyez n° 42).
SECTION V
Des colonnes et obélisques.
51. Colonnes. C’est un pilier cylindrique, quelquefois renflé à une certaine hauteur, et composé du fût ou corps de la colonne, d’une tête ou chapiteau , et d’un pied ou base. D’abord faites de bois, ou les remplaça trèsanciennement par toutes sortes de pierres dures. Les colonnes ne furent d’abord que des soutiens, mais le goût et le progrès des
56 MOKUMl'.N'S D’AftCHIt-ECTURÜU
arts les ornèrent ensuite, et la différence de ces ornemens et des proportions qu’on donna aux diverses parties de la colonne, constituèrent les divers ordres classiques qu’on a réduits à cinq ; ordres grecs ‘.dorique, ionique, corinthien; ordres romains : toscan , romain ou composite. Il reste des exemples de presque tous ces ordres ; les livres d’architecture apprennent à les distinguer. {V oyez PI. I, Cg. a,
5 a. Egyptiens. La forme des colonnes véritablement égyptiennes, (fig. i) antérieure à l’influence des Grecs, est très-variée; elles sont cylindriques en général, et quelquefois à plusieurs côtés, plus ou moins déprimées à une certaine hauteur, et toujours chargées de sculptures et d’inscriptions hiéroglyphiques ; leurs proportions varient beaucoup ; elles n’avaient pas de base, ou du moins elle était peu sensible, et leurs chapiteaux sont variés à l’infini. Destinées à supporter de grandes masses, elles sont d’un très-grand diamètre par rapport «à leur élévation; cependaut certains chapiteaux en bouquet de lotus ou en
(') Voyez le Trniti d’architecture.