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primés, les nerfs et les veines ne le sont pas du tout. Voilà les caractères principaux pour les figures nues; le nombre de celles qui sont en gaine (fig. 9), comme une momie, est bien plus considérable que celui des figures nues ou vêtues. Dans celles qui sont en gaine, les caractères de la tête, les yeux bien fendus , et la hauteur des oreilles, servent à indiquer leur véritable origine. Ces caractères sont les plus ordinaires et ceux de tous les ouvrages qui ne sent pas dûs aux meilleurs artistes de la belle époque, et dans ceux-ci encore, ces caractères, quoique corrigés en ce qu’ils ont de trop exagéré, se font aussi remarquer. Le siècle de Sésostris (i 45 o avant l’ère chrétienne), est cette belle époque , et l’on connaît une statue de ce roi, en granit noir , de 6 à 7 pieds de hauteur , dont le travail et l’exécution ne laissent rien à désirer sur sa beauté et la pureté des formes : elle contredit ouvertement ceux qui 11’accordent à l’Egypte qu’un art sans imitation. Ils en connurent donc toutes les ressources ; ils ne l’élevèrent pas jusqu’à Y idéal, le but même de l’art s’y opposait, car il ne faut pas oublier que l’Egypte 11e le cultiva pas pour lui-même et
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comme un moyeo par lequel le génie de l’homme peut manifester sa puissance, mais seulement comme capable de reproduire, par l’imitation et le grandiose, les objets qui concouraient au culte des dieux et à l’illustration nationale. On sait aussi que l’art égyptien a produit les plus grands monumens connus, des colosses de plus de 60 pieds de hauteur, et dont l’aspect offre dans leur ensemble une harmonie qui ravit et charme l’imagination. Les Egyptiens ont travaillé les matières les plus dures comme les plus molles , le granit brèche et la cire ; les principaux métaux , l’or , l’argent , le bronze , le plomb, etc. ; les pierres fines de toute espèce, la cornaline et le lapis. Enfin ils ne firent pas des statues comme monument de l’art destiné à ses progrès , une statue, un obélisque avait une destination toute religieuse, et dépendait d’un temple, d’une catacombe ou d’un tombeau; et rien n’égale l’esprit et le vrai avec lesquels les Egyptiens ont figuré les animaux de tous les règnes de la nature.
Il y avait donc là un art savant, réfléchi , se proposant un but déterminé , et non pas une grossière manœuvre dépourvue de goût et
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de règles. Nous insistons sur ce point, parce qu’il n’est pas rare d’entendre professer le contraire, et nous ajoutons que l’artiste qui a si habilement terminé le portrait d’un bélier , d’un lion , leur tête , leur corps et leurs griffes , aurait également bien terminé une main ou un pied humain , s’il l’avait voulu. Mais la statue d’un dieu, d'un roi n’était que comme un membre de la phrase générale , qu’exprimait le temple dont elle dépendait, et quand le caractère principal de cette expression particulière avait reçu le type essentiel, le dieu, sa forme et ses attributs , le roi , la ressemblance et ses insignes , le corps, les pieds et les mains importaient peu à l’intelligence de l’idée qu’ils concouraient à manifester; l’artiste pouvait donc les négliger un peu sans manquer le but que l’art luimême s’était proposé. L’ctude approfondie des monumens égyptiens confirmera de plus en plus ces nouveaux aperçus; les caractères principaux de leur sculpture , exposés au commencement de cet article, suffiront pour f aire reconnaître leurs ouvrages qui sont infiniment variés, et qui ont reproduit une quantité infinie d’objets naturels. Ces carao-
tères se retrouvent dans tous les ouvrages de l’art égyptien , à toutes ses époques , depuis la plus haute antiquité jusqu’au Bas-Empire ; seulement ils se dégradent peu à peu depuis la domination des Grecs et des Romains en Egypte ; mais on les reconnaît encore, quoiqu’affaiblis , dans les derniers ouvrages; des sectes religieuses s’appliquèrent même à les conserver dans leurs talismans , dès les premiers siècles du christianisme.
yy. Style étrusque. Ses caractères principaux sont aussi, d’après les plus anciens monumens de ce peuple, les lignes droites, l’attitude roide , l’ébauclie imparfaite des traits de la figure, le défaut de proportions dans les membres qui sont ordinairement si minces , qu’ils ne donnent aucune idée de chair ni de muscles, de sorte que leur contour n’a aucune ondulation; la forme des têtes est un ovale rétréci vers le menton qui se termine en pointe; les yeux sont ou droits ou relevés, et toujours parallèles à l’os supérieur. Il ne reste aucun ouvrage égyptien aussi informe.
Il est vrai que nous parions ici des ouvrages des Etrusques, et que nous ne savons pas comment l’Egypte commença. Les bras des
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figurines étrusques sont pend ans et serrés le long du corps ; leurs pieds sont parallèles ; les plis des draperies sont marqués avec un simple trait, et quand la figurine est nue, les parties sexuelles sont enfermées dans une bourse attachée sur les hanches : c’est ce qu’on appelle \e premier style (fig i o). Le second reconnaît à quelques perfectionnemens essentiels, à une expression forte des. traits du visage et des membres, sans que la roideur et la gène de la pose aient disparu; les muscles et les os sont indiqués durement, au gras de la jambe surtout, et en général toute l’expression est outrée; c’est tout l’opposé de l’aisé , du gracieux et du moelleux. Ces caractères sont communs «à toutes les figures du second style, et pour reconnaître les personnages mythologiques qu’elles représentent, il faut avoir recours à leurs attributs; car Apollon est fait comme Hercule. Presque toutes les figures mâles portent la barbe; les mains sont contraintes , les doigts roides, les yeux monstrueux , les physionomies d’une nature commune, et les diverses parties du corps mal assemblées. Les cheveux tombent par
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tresses , et les draperies sont indiquées par des plis parallèles, droits ou en travers; quelquefois, sur les figures de femmes, les manches des tuniques sont plissées très-finement. Quant au troisième style, il est dû à l’influence des Grecs, et il se rapproche beaucoup de leurs pratiques, sans en égaler les perfections. Ils se confondent dès-lors en une seule école, et l’on a souvent besoin des inscriptions en caractères étrusques gravées sur les monumens, pour les rapporter avec certitude «à leurs véritables auteurs; l’air et la forme des têtes plus grosses, plus rondes, plus caractérisées que celles des Grecs , servent encore «à les distinguer. Ce que nous venons de dire du style étrusque, peut s’appliquer en général aux ouvrages des Volsques, des Samnites et des Campaniens ; les monumens de ces peuples , peu nombreux, sont surtout rares en France. On connaît aussi des figures trouvées dans l’île de Sardaigne; c’est ce que l’art ancien a produit de plus mauvais; les têtes très-longues, les yeux d’une grandeur sans mesure , le cou très-allongé, toutes les autres parties du corps également difformes, un manteau court
STYLE PARTICULIER A CHAQUE PEUPLE. Il5 et étroit, quelquefois un haut de chausses et une épée à la main, voilà leurs principaux caractères.
98. Style grec. U eut aussi plusieurs époques; le premier ( fig. 1 1), roide et dur comme celui des Etrusques , comme celui de tous les peuples qui débutent dans l’imitation de la nature, se perfectionna bientôt par les beaux modèles que l’espèce humaine offrait aux artistes de la Grèce, avantage étranger à beaucoup d’autres climats. Les têtes de ce premier style sont remarquables par la ligne inclinée, sans bosse ni enfoncement, qui forme à la fois le front et le nez ; les yeux presque de face sur les figures de profil, grands et enfoncés ; la bouche formée par des lèvres saillantes et relevées; le menton droit et pointu, les cheveux volumineux et tressés, mais sans que rien fasse discerner une tête d’homme de celle d’une femme. On y trouve , du reste , cette roideur , ces lignes droites , et la maigreur des premiers ouvrages étrusques. Il reste fort peu de monumens de ce premier style ou essai de l’art de la Grèce, et il se distingue moins par la grâce et la justesse de ses proportions, que par l’exagération de
ia6 MONUMEJîS DE SCULPTURE, toutes les expressions , et une énergie sans grâces ni beauté. Mais cette sorte de véhémence prépara aussi les progrès de l’art vers le sublime, il n’y manquait qu’une plus parfaite correction dans le dessin , et de plus justes proportions dans ses parties ; c’est ce qui constitue le sicond style. On y remarque en effet plus de modération dans l’expression, des contours à la place des lignes droites, et une tendance constante vers le beau, le grand et le sublime. Phidias, Myron et Polyclète opérèrent cette mémorable réforme , sans proscrire toutefois entièrement toute roideur, tout angle saillant dans les contours ; le sublime se montrait sur ces figures , mais avec une certaine rudesse, dénuée de ces contours moelleux et coulans , de cette grâce qui caractérisent les ouvrages du troisième style , nommé le beau style (fig. 1 2), dont Lysippe et Praxitèle furent les créateurs, et qui se distingue par l’abandon de tous les traits anguleux. Enfin l’esprit d’imitation marqua la décadence de l’art, et à force de rondeur et de mollese, 011 détruisit la noblesse et la dignité de l’expression; on fit alors des bustes et des portraits, les artistes ne pouvant pas lutter