ETRUSQUES, GRECS ET ROMAIJVS. I
tique, ce que la fidélité du costume égyptogrec semblait confirmer; d’autres n’hésitaient pas à l’attribuer à un artiste du siècle de la renaissance des arts en Europe; enfin un Allemand a prétendu tout récemment , que ce portrait est l’ouvrage de Timomaclius de Byzance, contemporain de la reine d’Egypte.
De ces sentimens si opposés, la critique tirera peut-être un jour d’autres lumières et quelque certitude.
139. Il n’est pas nécessaire de s’étendre ici sur les diverses écoles de peinture en Grèce; il y en eut plusieurs, parce qu’il y eut beaucoup de bons maîtres. Mais leurs ouvrages étant perdus, la connaissance des caractères particuliers à chaque école, serait aujourd’hui très-oiseuse. Il suffit donc au but qu'on se propose ici, des notions générales qui se rapportent à la peinture. Les anciens artistes ajoutaient très-souvent le nom à la figure du personnage qu’ils représentaient ; ils se distinguaient surtout par la correction du dessin , le sentiment , l’expression et la pose des figures , et l’idéal dont ils les animaient.
Quant au coloris, la détrempe ne leur offrait pas les ressources des couleurs à l’huile , et
I j6 MOITUMENS DE PEINTURE
peut-être aussi que l’inobservation du clairobscur, le défaut de l’extrême harmonie qui riait de la dégradation des nuances, laissaient quelque chose à désirer à l’égard de cette parfaite illusion qui fait le charme et le prix des ouvrages modernes. Les artistes anciens couvraient leurs tableaux d’un vernis appelé atramentum; on en reconnaît encore quelques traces sur les peintures d’Herculanum et de Pompéï. On remarque enfin que les Grecs mirent peu de figures dans leurs compositions, mais ils en soignèrent très-particulièrement l’expression. Ce qui nous en reste ne doit point servir à asseoir notre jugement sur le degré de perfection où l’art était parvenu ; ce sont , en général , des travaux d’artistes médiocres , de décorateurs de bâtimens , et l’histoire nous donne une opinion plus avantageuse des travaux des Grecs en peinture ; elle en raconte même des merveilles. Ce que nous dirons des vases peints, dans la section suivante , confirmera en quelque sorte ces récits.
140. Les Romains connurent la peinture par les Etrusques, leurs ancêtres et leurs voisins. La tradition leur attribue les premiers