VASES PEINTS, ÉTRUSQUES
ticulier à la vieille Ihlie ; les hommes et les héros portent une barbe et une chevelure volumineuses ; les dieux et les génies , de grandes ailes ; on y reconnaît enfin des divinités , des pratiques religieuses , des usages , des attributs, des armes et des symboles différenciés de ceux des Grecs. Si une inscription en caractères étrusques, volsques , etc. , tracée constamment de droite à gauche, accompagne la peinture , la certitude sur l’origine du vase est alors complète. Il est vrai que la plupart des caractères de l’ancien alphabet grec ont la même forme que ceux de l’alphabet étrusque; mais il y a dans celui-ci quelques signes particuliers qui peuvent prévenir toute confusion. On a vu plus haut que les vases peints étrusques sont très-rares et en très-petit nombre , comparativement à ceux qui sont dus aux arts de la Grèce.
§ 3. frases peints grecs.
i5i. Us sont faits d’une terre plus ou moins fine et très -légère. Leur couverte extérieure parait être une espèce d’ocre jaune ou rouge, réduite en poussière trèsline , mêlée avec un corps gommeux ou hui-
leux , et appliquée au pinceau. La couverte intérieure est noire, et a l’éclat de l’émail. On croit quelle est formée avec nne matière charbonneuse, de la plombagine ou de l’antbracite, appliquée sur le vase encore humide, ou bien délayée dans un coulis d’argile appliqué sur le vase sec , et qui a cuit avec lui , car , soumise à l’action d’une chaleur blanche , cette couleur n’a éprouvé aucune altération. On croit aussi que ce vernis pouvait avoir une base ferrugineuse. Le traité de la céramie des anciens , que M. Artaud va publier, jetera de nouvelles lumières sur cette partie intéressante de l’histoire des arts des anciens.
i5a. Les formes des vases dérivent en général de la forme de l’œuf ou de celle d’une cloche renversée; une espèce particulière approche de la figure d’une corne : on nomme ceux-ci rjrthons , diota les vases qui ont deux anses, et patères ceux qui ont la forme d’un disque. Ils sont de grandeurs très-variées ; on en connaît de plusieurs pieds de hauteur et d’un diamètre proportionné; il y en a qui n’ont pas un pouce de longueur. En général, les formes sont belles et gracieuses , le galbe
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très-élégant, et les anses ajoutées avec beaucoup de goût, quelquefois très-ornces, et leâ plus remarquables sont à col de cygne. (PI. I,
lig. 14 ).
153. Les couleurs sont appliquées de différentes manières, qui constituent deux genres particuliers de vases. Les uns sont couverts en dedans d’une couleur noire ; le dehors est un fond jaune ou rouge , et les figures y sont tracées aussi en noir comme une espèce de silhouette. On les appelle vases noirs ; ils sont en générai du premier style , leurs sujets appartiennent aux plus anciennes traditions mythologiques , et leurs inscriptions aux plus anciennes formes de l’alphabet grec, écrites de droite à gauche ou en boustrophédon. Les vétemens, les accessoires, les harnais des chevaux et les roues des chars , sont retouchés de blanc.
154. On couvrit ensuite tout le vase de la même couleur noire, en épargnant seulement en dehors la place et la forme des figures qui sont alors de la couleur de la pâte du vase ; les contours, les cheveux, les vétemens, etc. , sont dessinés avec cette couleur noire.
1 55 . Il y a donc deux classes générales de
vases grecs , déterminées par les figures qui sont noires ou jaunes. Mais il est à remarquer que les 'vases de Nola , ainsi appelés parce qu’on les trouve dans cette ville, quoiqu’à figures noires quelquefois, et même avec des figures noires et jaunes à la fois, ne remontent pas tous à la première époque de l’art grec. On trouve aussi sur les vases des figures du plus ancien style, mais dont les détails mieux terminés annoncent une époque moins reculée, et vraisemblablement l’imitation d’un sujet ancien très-accrédité , perfectionné par de meilleurs artistes. En général, les vases de Nola sont d’une terre très-fine et légère, de petites dimensions, mais de formes très-élégantes, avec des dessins très-bien exécutés, des sujets curieux, des compositions très-agréables, et le vernis noir très-brillant.
i56. On doit remarquer les divers membres du vase , le pied, la panse , le col et les anses , l’ouverture qui le termine. Le sujet est sur un côté de la panse; quelquefois aussi il en occupe toute la surface, mais plus ordinairement une partie seulement, et alors il y a un revers y assez ordinairement insignifiant, composé de deux ou trois figures de vieillards