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appuyés sur un bâton et qui instruisent un jeune homme, ou lui présentent quelqu’instrument ou ustensile; une bacchanale compose aussi parfois ce revers. Enfin on trouve encore deux sujets sur les deux faces du vase. Le pied, le col et les autres parties portent des ornemens en labyrinthe formé par des carrés liés entr’eux, en mceandres, en vagues, en palmettes, etc. (PI. I, fig. 1 5); une couronne orne le col, ou bien une tête de femme, sortant d’une fleur , remplace la couronne; ces orneinenssont en général d’un très-bon goût; les anses en sont ordinairement décorées.Un vase peint a quelquefois deux rangs de peintures sur la panse ; il est alors à deux registres.
ijj. On remarque des différences sensibles, outre celles du style, dans l’exécution de ces peintures. Elles ne.sont pas toutes d’un grand mérite; mais la hardiesse des contours s'y montre généralement. Elles ne pouvaient être exécutées qu’avec la plus grande célérité, la terre absorbant très-vite les couleurs, et si cette ligne avait été interrompue, la reprise devenait sensible. On a cru que les figures étaient exécutées au moyen de patrons découpés qui, appliqués sur le vase, couser-
Tga MONÜMENS DE PEINTURE.
vaient dans le fond noir leurs masses principales jaunes, qu’on terminait ensuite au pinceau. Mais cette opinion d’Hamilton a été abandonnée par lui-même , depuis surtout qu’on a reconnu les traits d’une pointe avec laquelle l’artiste avait d’abord esquissé sur la terre molle , les conteurs essentiels , qu’il arrêtait définitivement et terminait ensuite au roseau ou au pinceau garni de couleur noire, sans s’astreindre même à suivre le trait tracé par la pointe. Ces traits même 11e s’observent que rarement : tout dépendait donc de la science et de la hardiesse des artistes. Ils devaient être nombreux , puisque les monumens de ce genre sont si communs, et la plupart sont d’excellentes études pour la correction du dessin et l’élégance de la composition. Très-peu des artistes dont ils sont l’ouvrage, y ont apposé leur nom; on ne connaît guère que ceux de Lasimon , Taléidès , Asteaï et C-alIiphon. Taléidès est le plus ancien; ses dessins annoncent l’enfance de l’art, et ceux des autres d’assez grands progrès; le nom sc reconnaît au mot ETTOIE2EN, ou bien FTPAGEN, ou ETPA'PE , faisait, peignait ou a peint, qui le suit immédiatement.
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i58. D’autres inscriptions se lisent aussi sur des vases, et elles leur donnent beaucoup plus de prix. Ce sont ordinairement les noms des dieux , des héros et autres personnages mythologiques , qui sont mis en action dans les sujets de la peinture. Ces inscriptions ont un double intérêt: i° par la forme des caractères et l’ordre suivant lequel ils sont tracés, on peut connaître la plus ou moins grande antiquité du vase, ces inscriptions ayant dû suivre toutes les variations de l’alphabet grec; on examinera donc attentivement si l’inscription va de droite à gauche , si les voyelles longues H £2 , les lettres doubles ¥ H , sont remplacées par les voyelles brèves ou les lettres simples; ce sont en général des signes d’antiquité relative qui prouvent celle du vase même; 2 ° parce que ces noms expliquent invariablement le sujet de la peinture , et indiquent même par un nom inconnu jusque-là , soit un personnage qui en portait quelquefois un autre, soit un personnage dont le véritable nom était ignoré, enfin des êtres mythiques dontles écrits qui nous restent des anciens , n’ont point parlé. Ces notions authentiques sont d’un très-haut intérêt pour
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l’étude de la mythologie grecque, considérée à diverses époques , et pour l’interprétation et l’intelligence des anciens poètes tragiques ou lyriques. On a trouvé aussi sur des vases, des inscriptions morales ou historiques, en.prose ou en vers : c’est comme un fragment original d’un manuscrit des beaux temps de la Grèce. Les lettres de ces inscriptions sont majuscules ou cursives; elles sont tracées très-délicatement , et exigent souvent beaucoup d’attention pour être aperçues ; elles sont en noir ou en blanc au pinceau , ou bien gravées en creux avec un poinçon trèsfin. On doit les recueillir avec un grand soin; elles ajoutent d'ailleurs beaucoup .à l’iutérét et au prix d’un vase.
139. Le mot KAA02 se lit très- fréquemment , sur les vases qui portent des inscriptions , accompagné presque toujours d’un nom propre. Il paraît que de peintre l’écrivait d’abord en exécutant le vase , et qu’on y ajoutait ensuite, quand il sortait de ses mains, le nom de la personne qui devait le garder ; on trouve en effet des vases ou aucun nom ne suit ce mot grec qui signifie, en général, beau. Avec la forme jtaxoxciyaôocr ,
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c’était beau et brave , ce qui était le comble de l’éloge d’une personne. Il paraît que KAAOS seul emporta ensuite les mêmes acceptions , et Mazzocchi l’a expliqué comme une acclamation d’amitié, d’attacliement ou de reconnaissanceen l’honneur de celui dont le nom le suit, et qui était écrit, soit par l’artiste qui lui faisait présent du vase , soit par l’ordre de celui qui l’offrait à la personne nommée sur le vase. C’était donc une sorte de bravo , de vivat pour cette personne. Guattani a pensé que le mot KAAOS était écrit par l’artiste au-dessus de celle des figures de son vase qui obtenait le plus de suffrages quand il l’expcsait en public ; mais il faudrait pour cela que le nom propre écrit sur le vase fut aussi celui du personnage mythologique au-dessus duquel se trouve l’inscription , ce qui n’arrive pas. On s’en tient donc à l’explication plus simple et plus naturelle, qui fait du mot KA- AOS une véritable acclamation.
160. Les sujets représentés sur les vases peints, quoiqu’iniiniment variés , peuvent se réduire à trois classes qui les renferment tous : i° sujets mythologiques; a° sujets héroïques ; 3 ° sujets historiques ; et leur étude
offre le double avantage de l’instruction et de l’agrément.
161. Les sujets mythologiques se rapportent à l’histoire de tous les dieux , et leurs aventures très-humaines y sont reproduites sous mille formes. C’est encore la connaissance de la mythologie grecque qui peut seule en expliquer les personnages et les circonstances ; mais elle ne suffit pas toujours , et ce n’est pas trop quelquefois de toutes les ressources d’une érudition profonde. Mais il est reconnu que la plus grande partie des peintures de vases sont relatives à Bacchus , à ses fêtes et à leurs mystères. On y voit sa naissance, son enfance , son éducation, tous ses exploits, ses débauches, ses banquets et ses jeux; ses compagnons habituels, ses pompes religieuses , les lampadophores agitant leurs longues torches , les dendrophores élevant des branches d’arbre, ornées de guirlandes et de tablettes; les initiés se préparant aux redoutables mystères , enfin les cérémonies particulières à ces grandes institutions , et les circonstances relatives à leurs dogmes et à leur but. *