‹ Résumé complet d'astronomie ... Par C. BaillyChapitre 27 sur 48 · DE JUPITER · texte numérisé non relu

DE JUPITER

celle du globe que nous habitons , c’est-à-dire analogue à celle de la résine, sa masse n’est que 3 xo fois plus considérable que la nôtre. Jupiter doit donc être considéré comme une énorme planète , composée de matières fort légères, presque entièrement liquides ou gazeuses : il serait bien curieux, dans la vue d’appuyer ou d’infirmer l’opinion de Ruffon sur l’incandescence de Jupiter, de déterminer si son volume 11e diminue pas, ce qui doit arriver s’il se refroidit ; mais les observations exactes de son diamètre ne sont point assez anciennes pour obtenir maintenant quelque résultat à cet égard. Quoi qu’il en soit, Jupiter ne nous présente-t-il pas, sous tous les rapports, l’apparence d’une planète en fusion et qui commence à se figer? On verra dans le Traité de géologie que les observations des couches souterraines prouvent aussi que notre terre, pendant fort long-temps, n’a presqu’été qu’un immense amas de matières liquides présentant çà et là quelques îles.

Jupiter est accompagné de quatre satellites ou lunes , dont l’observation a conduit à la belle découverte de la vitesse de la lumière, et qui sont en .outre de la plus haute impor-

l5ü DES PLANÈTES.

tance dans l’astronomie nautique pour la détermination des longitudes : nous en parle- * rons dans le chapitre suivant.

Section VIL De Saturne

Avant la découverte d’Uranus, Saturne était regardé comme la planète placée aux confins de notre système : à l’œil nu, on la distingue difficilement des étoiles fixes, malgré qu’elle jette une lumière pâle et comme plombée, ce qui provient de son énorme distance du soleil et de la terre; car ce globe , si peu lumineux, n’en est pas moins après Jupiter la planète la plus volumineuse. A l’œil armé d’une lunette, l’anneau mince , aplati, brillant qui entoure Saturne , et par ses positions diverses lui donne une apparence si singulière , et les sept satellites ou lunes dont il est accompagné , en font un des astres les plus curieux à observer.

Les astronomes modernes ont reconnu que Saturne est doué d’un mouvement de rotation d’occident en orient, qu’il exécute en io h- 16', et que son aplatissement aux pôles est d’en-

DE SATtJRNE.

viron On remarque à son équateur, comme à celui de Jupiter, des bandes parallèles changeantes (Voyez pl. II, fig. 5 ). La distance de Saturne au soleil est d’environ 33 o millions de lieues, et il parcourt son orbite en 29 ans 5 mois 14 jours. Son diamètre est dix fois plus grand que celui de la terre , et son -volume près de 900 fois plus considérable; mais comme sa densité n’est que ^ de celle de notre globe, sa masse n’est guère que 100 fois plus forte.

Ce que Saturne présente de plus remarquable à l’observateur, c’est Vanneau qui l’entoure , anneau qu’on avait d’abord cru unique, qu’Herschel a prouvé être double, et qu’011 soupçonne maintenant être une série de lames annulaires dont on ignore le nombre , placées à de fort petites distances , et qui sont peut-être douées de mouvemens indépendans.

Herschel a observé des étoiles entre les deux anneaux principaux , qui sont d’ailleurs séparés par une ligne obscure : ainsi leur existence est prouvée ; mais ce qui en fait soupçonner plusieurs autres , c’est l’observation de taches sur la tranche de l’anneau , taches qui ne présentent pas toujours les mêmes rapports en-

tr’elles. Quoi qu’il en soit, cet anneau tourne autour du même axe que la planète , mais un peu plus lentement , et par sa position inclinée lui donne une ligure alongée et souvent la fait paraître au milieu de deux anses ; cet anneau n’étant point visible lorsque la planète lui cache le soleil , on «reconnaît par là , et qu’il n’est point lumineux , et qu’il est de toute part détaché d’elle. Il parait en être éloigné de io ooo lieues et avoir une largeur aussi de io ooo lieues : Herschel pense que sa surface extérieure n’est point plate, mais convexe , et il attribue aux anneaux l’épaisseur suivante : à l’intérieur 700 lieues ; à l’extérieur, a 5 o ; au vide , entre les deux anneaux, 1 00 lieues. Au reste , ces quantités sont fort incertaines, la tranche de l’anneau paraissant d’une minceur extrême et étant fort difficile à observer, surtout parce qu’elle se présente toujours obliquement ; mais ces dimensions approximatives montrent du moins combien est considérable l’étendue de ces deux corps annulaires dont la largeur est de 10 ooo lieues, c’est-à-dire plus de trois fois plus grande que le diamètre terrestre, et dont l’épaisseur réunie égale à peu près le rayon de notre globe.

DE SATURNE. l 53

Quelle variété d’aspect doivent présenter aux habitans de Saturne les positions diverses de ces anneaux et la présence de ces grands arcs mouvans! On ignore complètement leur usage et leur état physique , mais les taches qu’on y a observées font soupçonner qu’ils sont de la même nature que la planète : dès-lors, s’ils sont habités , de quel beau spectacle doivent jouir les voyageurs de ces contrées , qui tantôt ont devant eux l’immense espace du firmament , tantôt voient se jouer autour d’eux les sept lunes qui circulent autour de Saturne et de son anneau , qui plus loin contemplent une planète énorme , placée pour eux à une distance 8 fois moindre que la lune 11e l’est de nous ; enfin, qui bientôt se trouvent resserrés entre deux anneaux presque contigus où doit régner une obscurité éternelle! Que de telles merveilles donnent beau jeu à l’imagination de leurs poètes! mais parce qu’ils voient le soleil 10 fois plus petit que nous, on les condamnera toujours à avoir 100 fois plus froid, ce qui ne doit point éveiller leur verve , tandis que Buffon voudra qu’ils brûlent encore pendant plus de 5 o mille ans. v •

l54 DES PLANÈTES.

Saturne est entouré de sept lunes ou satellites y qui n’offrent rien de particulier, et dont nous donnerons les distances en traitant de ceux de Jupiter.

Section VIII.

D'Uranus ou Herschel .

Uranus ou Herschel est la planète la plus éloignée du soleil : placée à 660 millions de lieues de cet astre, son orbe enveloppe au loin ceux de toutes les autres planètes ; elle a été découverte le i3 mars 1781 par l’illustre astronome dont elle porte le nom.

Cette planète présente une teinte un peu bleuâtre et est assez brillante , mais on l’aperçoit rarement à l’œil nu à cause de son prodigieux éloignement ; car le soleil doit paraître à ses habitans 20 fois moindre qu’à nous. Uranus, en parcourant son orbite dans l’espace de 83 ans 29 jours , s’écarte fort * peu du plan de l’écliptique ; son diamètre est d’environ 1 2 000 lieues, et son 'volume 80 fois plus considérable que celui de la terre. On pense, par analogie avefc les autres planètes

d’urànus ou herschel. i55 qu’il est doué d’un mouvement de rotation, mais aucune observation n’a permis de le déterminer directement.

Le même astronome qui a découvert Uranus a compté autour de lui six satellites ou lunes; mais l’observation en est si difficile , que ce nombre est peut-être un peu douteux.

Plusieurs n’ayant été vus que par lui, ceitains astronomes pensent qu’il les a peut-être admis un peu légèrement, tandis que d’autres semblent présumer qu’il en existe un plus grand nombre : du reste, on sait fort peu de chose à leur égard, et Herschel a seulement déterminé la durée de la révolution de quelques-uns d’entr’eux.

Dans le tableau suivant, on peut embrasser d’un seul coup d’œil et comparer les principaux élémens du système planétaire. Pour Vesta, Junon, Cérès et Pallas plusieurs de ces élémens sont inconnus : le diamètre que nous leur donnons est celui indique par Schroeter : celui d’Herschel bien moindre, est, savoir : de 54 lieues pour Cérès et de 27 pour Pallas.

En secondes, Schroeter l’évalue de 6" pour Cérès, 6" pour Pallas , 3" pour Junon , pour Vesta.

Tableau des élémens

Temps ,

Distances

Vitesse

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Astres.

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