‹ Résumé complet d'astronomie ... Par C. BaillyChapitre 7 sur 48 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Des constellations et de leur origine.

Un des objets les plus intéressai! s de l’astronomie, est de pouvoir reconnaître et distinguer toutes ces étincelles qui brillent au firmament et que la science nous apprend être d’immenses soleils semblables au nôtre. Ce n’est point sans émotion , ce n’est point non plus sans curiosité que nous considérons la voûte céleste; l’harmonie admirable qui règne entre tous ces grands corps , l’immensité et la richesse de l’univers dont ils sont les témoins, élèvent nos pensées vers la main toute-puissante qui les a coordonnés , vers le génie de l’homme qui a su en comprendre l’arrangement sublime. L’ignorance de la langue majestueuse des qieux est un poids qui nous est insupportable; mais notre curiosité se sent encore vivement piquée , lorsque nous rencontrons dans les auteurs anciens une foule d’allusions à l’influence des constellations , lorsque nous retrouvons dans celles-ci le type des coutumes, l’origine des monumens

ET DE LEUR ORIGINE. £l

religieux de divers peuples : essayons de donner les moyens de reconnaître dans le ciel les constellations et les étoiles dignes de remarque, et de résoudre les principales fables dont elles paraissent la base.

Section première.

/ Description des constellations.

Les constellations ou astérismes sont des figures tout-à-fait arbitraires , qu’on suppose dessinées sur la surface concave du ciel et auxquelles on affecte les étoiles qui s’y trouvent comprises afin de les reconnaître plus facilement : ce sont des animaux , des instrumens, des liommes auxquels les premiers astronomes consacrèrent certains espaces célestes , mais en général sans leur donner le moindre rapport avec les figures réelles que forment les astres; c’est certainement un grand vice de cette classification confuse , mais on ne peut guère espérer le corriger, puisqu’il est né avec l’astronomie.

Les anciens n’avaient distingué que 102 a étoiles, ainsi que le constate le catalogue

4 2 DES CONSTELL\TIOXS

d’Hipparçue, etilsles distribuaient en 48 constellations, appelant informes les étoiles qui n’étaient point comprises dans ces constellations; mais les voyages et les découvertes des modernes forcèrent d’en intercaler de nouvelles parmi les anciennes, aussi bien pour classer les nouveaux astres , que pour garnir tout l’hémisphère austral.

Par une ouverture qui comprend le méridien on compte à l’oeil nu environ 5 , 000 étoiles. A l’aide des télescopes on en découvre un nombre infini, et on a déterminé la position d’environ 70,000. Dans un espace de 8° dans un sens et de 3 ° dans l’autre , Herschel en a compté 44 >o°° bien distinctes ; ainsi en tenant compte des endroits où l’on en aperçoit moins , on pourrait sans exagération estimer à 20 millions le nombre de celles que nos moyens nous permettent de connaître. Quelle immensité ! quelle faible idée le vulgaire qui ne s’arrête qu’aux apparences , conçoit de l’univers et de la puissance de son créateur !

Aux constellations des anciens Bayer et Hévélius en ajoutèrent chacun douze : Haller huit, Lacaille qui dressa le catalogue des

étoiles de l’hémisphère austral, seize , les astronomes modernes douze, en sorte que la sphère est maintenant composée de cent huit constellations ; dans les anciennes sont les étoiles les plus remarquables. On les distingue, d’après leur éclat, en étoiles de première grandeur, seconde grandeur, etc.; celles de la sixième grandeur sont encore visibles à l’œil nu: (Voyez leur figure, pl. I , et dans le planisphère ) toutes les autres sont dites étoiles télescopiques. On compte dixsept ou dix-neuf étoiles de première grandeur et im assez grand nombre de seconde.

Parmi les plus brillantes plusieurs ont un nom particulier, et sans doute autrefois on les reconnaissait pour la plupart en indiquant leur position , comme la nageoire du poisson, l’œil du taureau; mais lorsqu’on exigea plus de précision , on désigna les étoiles par des lettres et des numéros. Dans cette méthode inventée par Bayer , les lettres de l’alphabet grec , puis celles de l’alphabet romain , et enfin des numéros , indiquent l’éclat apparent des astres dans chaque constellation. Ainsi on dit * , fè , etc. de la grande ourse.

Nous donnons ici le tableau des constellations du ciel avec le nombre d’étoiles qu’on y découvre à l’œil nu , et le nom des astronomes qui les ont établies. Nous marquons d’un astérisque (*) celles qui sont remarquables ou importantes. Les circompolaires sont celles qui ne se cachent jamais pour l’horizon de Paris , elles font partie des boréales. Les zodiacales sont celles qui se rencontrent à peu près sur la ligne de l’écliptique. On nomme australes celles qui occupent l’hémisphère qui nous est opposé. Dans le planisphère , pl. I, sont représentées la plupart de ces constellations avec les principales étoiles qu’elles renferment : on les retrouvera facilement dans le ciel à toutes les époques de l’année , à l’aide des alignemens qui sont indiqués , et en remarquant que la place de chaque mois sur le dernier cercle , donne l’aspect du ciel dont on jouit alors à dix heures du soir; il suffit donc de compter les heures à partir de cellelà pour trouver sur cette carte l’aspect du ciel à toutes les heures et pour tous les jours de l’année. Le premier cercle intérieur marque les degrés, le second les heures, et le troisième les mois ; ils ont été disposés pour

le moment de l’équinoxe de printemps de i8a5 qui est arrivée le 21 mars à neuf heures et demie. (Voyez, pour la figure des constellations, le planisphère , pl. I.)

Constellations circompolaires.

Lia petite Ourse, ou Cyno-

sure *.

Connue des anciens.

La grande Ourse , ou le

IJ

Charriot **.

Le Dragon *.

Id.

Cépbée *.

IJ

Cassiopée * ■

IJ

Persée *.

Le Lynx.

liévélius.

La Giraffe.

Id.

Le Lézard.

Le Renne.

Le Monnier.

Le MesSier.

Lalande.

Étoiles circompolaires.

Constellations boréales

non

circompolaires.

Le Bouvier *.

Connue des anciens.

La Couronne boréale *.

Id.

Hercule, ou TAgenouillé *.

Id.

La Lyre *.

Id.

Le Cygne , ou la Poule *.

Id.

Le Cocber *.

Opbiuchus, ou le Serpentaire.

Le Serpent.

La Flèche.

L’Aigle, ou le Vautour "volant *.

Le Dauphin.

Le petit Cheval.

Pégase, ou le grand Cheval.

Andromède *.

Le Triangle boréal.

Le petit Chien, ou Procyon*.

Antinous.

Les Lévriers.

Le Cœur de Charles.

Le Mont-Ménale.

La Chevelure de Bérénice *.

Cerbère, ou le RamcandTIerculc.

Le Sextant d’Uranic ou d’Hévélius. - Le petit Triangle.

La Mouche,oulaFleurdcLys.

Le petit Lion.

Le Taureau de Poniatowski.

Le Renard.

L’Oie.

Étoiles boréales non toujours., visibles à Paris. t

85 Connue des ancien*.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Hévélius.

Id.

Halley.

Hévélius.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Poczobut.

Id.

Id.

liT DE LEUR ORIGIKE.

Constellations zodiacales.

( Toutes établies

par les anciens.

Y Le Oelier. 42

1 Ik La Balance *.

0 * Le Taureau, ren-

fil Le Scorp;

ion *.

fermant Je» Pléia-

Le Sagittaire *.

des * et les ilyades. 207

Le Capricorne.

H Les Gémeaux *. 83

ri: Le Verseau.

&S> L’écrevisse. 85

)( Les Poissons.

Cd Le Lion *. q 3

HJ? La Vierge *. 1 1 y

Étoiles zodiacales.

Constellations australes.

La Baleine *.

toa Connue

des anciens.-

Orion **.

Id.

L’Eridan, ou le Fleuve *.

Id.

Le Lièvre.

Jd.

Le grand Cliien *, ou Sirius.

Le Vaisseau, ou le Navire

Argo \

Id.

L’Hydre femelle *.

üo

Id.

La. Coupe ou le Vase *.

Id.

Le Corlienu *.

Id.

Le Centaure *.

Id.

Le Loup ou la Bête.

Id.

L’Autel.

Id.

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