I.a Couronne australe
Id.
Le Poisson austral *.
Id.
48 DES COHSTELL1TIOJÏS
L’Écu de Sobieski.
Hévélius.
La Colombe.
Halley.
Le Phénix.
Ilalley et Bay<
Le Paon.
Id.
L’Oiseau de Paradis.
Id.
La Mouche, ou l’Abeille.
Id .
Le Caméléon.
Id-
La Grue.
Id.
L ’1 mlicn.
Bayer.
Le Triangle austral *.
Id.
Le Toucan.
Id.
L’Hydre mâle.
' Id.
La Dorade.
Id.
Le Poisson volant.
Id.
La Règle et l’Equerre.
La caille.
La Boussole.
Id.
Le Compas et le Niveau.
Id.
Le Microscope.
Id.
Le Burin.
Id.
L’Atelier du Sculpteur.
Id.
Le Fourneau chimique.
Id.
L’Horloge ou Pendule.
Id.
Le Réticule Rhomboïde.
Id.
Le Chevalet du peintre.
Id.
La Machine pneumatique.
Id.
L’Octant de réflexion.
Id.
La Montagne de la Table, renfermant le grand et le
petit nuage.
Id.
La Croix du Sud *.
Royer.
La Licorne.
Hévélius.
Le Solitaire.
aa
Le Monnicr.
Le Télescope d’Herschel.
Rode.
Le Quart de cercle.
IJ
Le Sceptre.
IJ
Le Globe aérostatique
IJ
Le Chat
IJ
Le Loch.
IJ
La Harpe.
Hell.
Etoiles australes. i ,aaa
Total des étoiles qu'on discerne à l’œil nu , dans tout le ciel, en parcourant les diverses constellations. /j,ojj
Pour avoir une idée de la multitude infinie des étoiles, il faut ajouter à ce tableau toutes les télescopiques et toutes celles qui forment la voie lactée, les groupes d’étoiles et les nébuleuses.
L’observation de la déclinaison et de l’as- • cension droite des astres, donne leur position précise, mais cette méthode ne peut convenir qu’aux astronomes : elle est trèslongue et très-minutieuse, elle exige l’emploi d’instrumens. La simple comparaison des groupes d’étoiles figurés sur un globe ou un planisphère , avec ceux qu’ils représentent dans le ciel, pourrait suffire à la rigueur pour
5o DES CONSTELLATION»
conduire à la connaissance des constellations; mais la méthode des alignemens , qui n’a besoin du secours d’aucun instrument, qui ne varie pas quelles que soient les heures et les époques , est la plus simple et la plus facile : elle consiste à chercher la position des constellations et des étoiles qui en dépendent, au moyen de lignes qu’on tire idéalement des unes aux autres. Nous allons nous en servir pour faire reconnaître à la première vue les principales constellations et les étoiles les plus remarquables : à l’aide de ces indications, qu’on peut suivre sur le planisphère, elles ne pourront échapper à qui jettera les yeux sur la voûte étoilée.
Tout le monde connaît la grande ourse ou le charriot, constellation boréale toujours visible dans nos climats et très-remarquable ( voyez pl. I, fig. 4 ). Ses principales étoiles forment un carré long avec trois de 2 e grandeur et une de 3 e : trois autres étoiles secondaires sont placées à un des angles du carré , elles composent la queue de l’ourse. On découvre sur-le-champ cette constellation en jetant les yeux vers le nord. C’eèt elle qui va nous servir de point de départ et nous
ET DE LEUR ORIGINE. 5ï
conduire par divers embrancliemens à toutes les autres.
En prolongeant la ligne (i , « du carré de la grande ourse , on arrive à une étoile de a c grandeur, très-importante à connaître; c’est la polaire , placée à i° 38' du pôle, et qui, par conséquent , indique toujours le nord. Elle est la plus brillante et la dernière de la queue de la petite ourse , constellation de forme tout-à-fait semblable à la précédente , mais plus petite , renversée et moins brillante.
La première de la queue de la grande ourse t , conduit par la polaire à la constellation de Cassiopée , où l’on distingue 5 étoiles tertiaires en forme de Y ou de chaise renversée, d’où le nom de trône , de chaise , qu’on lui donne. Elle est de l’autre côté du pôle par rapport à la grande ourse et très-distincte.
Cephée est une constellation placée entre la petite ourse et cassiopée : on la distingue à l’arc que forment ses trois principales étoiles de 3 e grandeur.
La même ligne $ , a , par la polaire , mais bien au-delà, conduit au carré de Pégase , très-régulier et formé de 4 étoiles secondaires.
DES CONSTELL VTIONS
La diagonale de ce carré rencontre d’abord deux étoiles secondaires qui appartiennent à la constellation à' Andromède ; puis une autre de même grandeur qui appartient à celle de Persée. Ces étoiles forment, avec celles du carré de Pégase , ce qu’on appelle la grande croix.
Persée t auquel conduit aussi la diagonale du carré de la grande ourse, montre deux files d’étoiles rangées en arcs dont l’un aboutit à la chèvre et l’autre aux pléiades. En suivant la même diagonale , on arrive à la tête de Méduse ou algol , {£ de Persée , qui est remarquable en ce qu’elle est changeante.
Un groupe de petites étoiles l’environne.
Au-delà d’Andromède on aperçoit le triangle formé de trois étoiles , dont une seule est tertiaire.
Toutes ces constellations ne sont bien visibles que quand la grande ourse est placée près de l’horizon.
Le Cocher est indiqué, et par l’arc boréal des étoiles de Persée, et par la ligne c. r , a de la grande ourse. C’est un pentagone, dont l’étoile la plus éloignée appartient au Taureau , et qui contient la Chèvre , étoile primaire mar-
<(uée par un petit triangle aigu placé dans son voisinage.
Le Dragon est une constellation circompolaire, composée d’une file de nombreuses étoiles, dont les premières ou la queue ,sont placées entre la grande et la petite ourse : la troisième, qui est secondaire, est sur la ligne du carré de la petite ourse à la queue de la grande. La traînée d’étoiles circonscrit ensuite la petite ourse en s’avançant vers ccpliée, puis retourne vers quatre étoiles tertiaires qui forment la tête du dragon.
Les dernières étoiles de la queue de l’ourse conduisent à une des étoiles les plus brillantes du ciel, Arcturusj qui appartient à la constellation du Bouvier. On y distingue encore, en se rapprochant de la queue vers l’est, un pentagone d’étoiles assez remarquable, et de l’autre coté le cœur de Charles , étoile tertiaire.
La Chevelure de Bérénice est un groupe de petites étoiles indiqué par la ligne de la polaire passant par 2 de la grande ourse et le cœur de Charles.
La Couronne boréale est un demi-cercle composé d’environ sept étoiles. La ligne dia-
gonale du carré de la grande ourse par les deux premières de sa queue, après avoir rasé un des côtés du pentagone du Bouvier, va rencontrer & de la couronne, étoile secondaire.
g La ligne à ’ a du cocher ou de la chèvre par la polaire, conduit assez bien à la Lyre , où l’on remarque Wèga , étoile primaire , accompagnée d’un petit triangle. A l’orient on rencontre le Cygne , qui forme une grande croix au milieu de la voie lactée ; au-dessous de * ces deux constellations est Y Aigle , où l’on remarque trois étoiles rapprochées dont la centrale est Altaïr de i re grandeur, et plusieurs changeantes.
De la lyre à la couronne on traverse un quadrilatère d’étoiles tertiaires qui appartient à la constellation à' Hercule. Au-dessous de la couronne se trouve la tête et le cœur du serpent , qui se prolonge au-dessous d’Hercule et enlace Ophiuchus dans ses replis.
Indiquons maintenant les constellations zodiacales , dont chacune occupe environ 3o°, et qu’on désigne par un signe particulier : on donne à ces figures le nom de signes du zodiaque. Il est bon d’observer que ces signes ,
par le déplacement dû à la précession des équinoxes , ne coïncident plus avec la constellation qu’ils représentaient, et en ce moment en sont éloignés de 3o° environ ; ainsi le •igné du belier , qui commençait l’année à 1 équinoxe du printemps , est maintenant dans 1& constellation des poissons , parce que c’est dans cette constellation que le lieu de cet équinoxe est reporté, et que cependant il continue à indiquer ce lieu.
Le Bélier v (aries), où se trouvait autrefois l’équinoxe de printemps, est placé au-dessous d’Andromède et du triangle; on n’y distingue aucune étoile remarquable.
En avançant vers l’est, on rencontre ensuite le Taureau W (taurus) où brille Aldéba ran ou Y œil du taureau , étoile primaire un peu rougeâtre qu’indique la ligne du baudrier d’Orion , constellation des plus remarquables que nous apprendrons cà connaître tout à l’heure. Aldébaran forme, avec cinq autres étoiles, un V très-apparent, qui sont les Ilyades. A côté sont les Pléiades , ou la Poussinière , groupe très-remarquable d’étoiles entassées.
Les Gémeaux S (gemini) renferment un pa-
56 DES COiNSTF.LUTIOKS
rallélogramme très-facile à reconnaître. Deux belles étoiles, Castor et Pollux , qu’indique assez bien la ligne cf, de la grande ourse, sont les têtes des gémeaux , et forment un petit côté du parallélogramme.
Le Cancer ou l’Ecrevisse <&> (cancer), ne &£ distingue par aucun groupe; mais on établira facilement sa position entre les gémeaux et le lion. *
Le Lion SI (leo) est un grand trapèze trèsremarquable , auquel conduit la polaire et a . ,
Jg de la grande ourse. Outre deux secondaires, qui forment la petite base, on remarque au-dessous deux primaires Régulas ou le • cœur, et la queue qui est le plus à l’est.
La Vierge ( virgo) a une primaire l'Epi , qui est indiquée par la grande diagonale du carré de l’ourse et forme un triangle avec la queue du Lion et arcturus du Bouvier. On remarque encore dans la Vierge un V ouvert de cinq étoiles tertiaires.
A l’est, on distingue sur-le-champ deux secondaires, formant un carré avec deux tertiaires , ce sont les plateaux de la Balance ju (libra).
La ligne de Régulus par l’Epi conduit «à
ET DE LEUR ORIGINE. bj
l’ctoile primaire Antarès ou le cœur du Scorpion nv (scorpius). On y distingue encore un arc d’étoiles assez remarquable, et en outre une longue file qui se cache sous l’horizon.
Le Sagittaire (arcitenens), qui vient ensuite, se distingue à un petit trapèze de tertiaires surmonté d’un petit quadrilatère, et précédé d’une file d’étoiles imitant un arc, avec la flèche indiquée par une axitre file et dirigée vers le scorpion.
La ligne qui va de la lyre à l’aigle tombe sur deux étoiles tertiaires, dont l’une est double; elles occupent le tète du Capricorne > (caper).
Au-dessous du carré de Pégase, on trouve le Verseau ~ (aquarius), où l’on distingue un triangle d’étoiles tertiaires et une longue file •
de petites étoiles. L a poisson austral , où brille Fornalhaut , est au-dessous et sur le prolongement des extrêmes du carré >3 , * delagrande ourse.
Enfin, les Poissons )( (pisces), où se trouve maintenant l’équinoxe de printemps v , présentent deux files d’étoiles peu remarquables au-dessous d’Andromède et dé 9 Pégase. Le point de l’équinoxe est en ce moment sur le
prolongement de la ligne « d’Andromède et y de Pégase , et à une distance à peu près égale à celle qui sépare ces étoiles.
Parmi les constellations australes, dont les principales sont Orion , le grand et le petit Chien y la Baleine , Y Eridan , Y Hydre y la Coupe y le Navire y la Couronne et le Triangle austral , nous ne nous arrêterons que sur les trois premières, qui sont très-remarquables. Les autres s’élèvent peu au-dessus de l’horizon de Paris, ou même y sont tout-à-fait invisibles; on n’y trouve que deux primaires, Achamar, à l’extrémité de l’Eridan, et Canopus, la seconde étoile du ciel , dans le navire.
Orion est la constellation la plus remarquable par son étendue et les astres brillans qui la composent , aussi la prend-on souvent pour point de départ des alignemens ; mais elle n’est visible le soir que pendant l’hiver. Orion est placé au-dessous du cocher dans l’alignement de la polaire et de la chèvre : on y distingue un grand quadrilatère formé de deux secondaires et de deux primaires ; cellesci sont Y épaule , et le pied ou rigel. Au milieu du quadrilatère est le baudrier ou le râteau, les trois rois y formé de trois secondaires très-
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rapprochées, qui indiquent d’un côté Sinus du grand chien , de l’autre Aldébaran du taureau : une file d’étoiles , qui désigne le bouclier d’Oriony le sépare du taureau; enfin, audessous du baudrier est une traînée lumineuse qui représente l'épée. Dans son voisinage est une nébuleuse très-remarquable.
Nous venons de dire que la ligne du baudrier vers le sud, conduit à Sinus : c’est l’étoile la plus brillante du ciel; elle appartient au grand chien , et y forme avec trois secondaires un quadrilatère, dans un des angles duquel deux autres secondaires forment un triangle.
Enfin, au-dessous des Gémeaux, à l’est d’Orion, est le petit chien où brille P roc j on , étoile de première grandeur, accompagnée d’une tertiaire.
Ainsi, dans ce quartier du ciel, sont accumulés les astres les plus brillans, et en février et mars, vers neuf heures, on peut compter jusqu’à douze étoiles de première grandeur, outre un grand nombre de secondaires.
Il est inutile d’indiquer le passage de la njoic lactée , cette trace blanchâtre, si singulière et si remarquable, qui ceint le ciel dans tout son pourtour : à partir du scorpion, elle
()0 DES CONSTEEEVTIOSS
se divise en deux embranchemens qui se rejoignent à la queue du cygne. On sait maintenant que c’est un amas infini d’étoiles.
A l’aide des alignemens que nous venons d’indiquer, rien de plus facile que de s’orienter dans le ciel et de reconnaître toutes les constellations : la connaissance de l’une conduit à celle des autres ; il suffira pour cela de voir leur position sur le planisphère. Si l’on remarque dans le ciel un astre dont la place n’est point indiquée, on pourra en conclure que c’est une planète; et en l’observant quelques jours de suite, on verra qu’elle change en effet de position par rapport aux étoiles. La connaissance dés constellations conduit aussi à trouver les planètes, en cherchant leur position dans les tables astronomiques , ainsi que les comètes, dont les journaux apprennent toujours le lieu d’apparition.
L’appréciation des distances facilite encore Y orientation : on peut les estimer approximativement à vue d’œil, en remarquant que le diamètre de la lune est d’environ \ degré ; que les deux premières étoiles du carré de la grande ourse sont distantes de 5°; que le baudrier d’Oiion , étant placé sur la ligne de
ET DE LEUR ORIGINE. 6l
l’équateur, est à 90° de la polaire , distance qui est assez bien partagée en deux par la chèvre, étoile toujours visible, qui passe à peu près au zénith de Paris. Ces mesures sont suffisantes, lorsqu’on ne veut point en faire la base de calculs rigoureux.
v Section II.
De l'origine des constellations et des fables.
Les constellations, quoique arbitraires dans leur but réel, ont des rapports entre elles et une liaison intime avec la mythologie et la chronologie : ce n’est point une étude sans intérêt que de remonter à l’origine de ces emblèmes , et de lire dans le ciel l’histoire des coutumes civiles et religieuses des anciens peuples, perpétuée par ces symboles poétiques ; mais l’étendue que leur explication nécessite , nous laissera le regret de ne pouvoir qu’en indiquer les principaux traits.
Il est presque impossible d’assigner précisément l’origine de chaque constellation , mais on peut conjecturer des documens de l’histoire, de la tradition et de la fable, qu’elles ont été créées dans le but d’indiquer
6 a DES CONSTELLATIONS
le retour des travaux de l’agriculture ou de circonstances atmosphériques importantes , comme la saison des pluies ou de la chaleur.
Le retour des constellations se faisant sensiblement de concert avec celui du soleil, régulateur des saisons, l’apparition à l’horizon de certains assemblages d’étoiles a dû être choisie pour indice du retour de ces saisons, et une figure analogue a dû leur être imposée ; souvent aussi une ressemblance grossière de certains groupes d’étoiles avec différens objets et le désir de fixer la mémoire de quelque événement remarquable, de quelque personnage distingué, les a fait placer dans le ciel.
Les constellations zodiacales qui suivent plus exactement la marche du soleil , paraissent surtout avoir eu pour but, dans leur origine, l’indication du retour des saisons et des travaux de peuples pasteurs ou agricoles.
C’est ainsi que la Vierge et son épi annonçaient l’approche des moissons, la Balance l’égalité des jours et des nuits, les Gémeaux l’époque de l’amour et du printemps, le Verseau et les Poissons la saison des pluies ou des inondations.
La culture aux humains montra 1 astronomie.
L’astre brillant du jour gouverna les saisons ;
Tour n tour il régna dans ses douze maisons ;
De son cours annuel ils tracèrent les lignes.
Le chef de leurs brebis fut chef des douze signes.
Le Taureau sur ses pas, après lui les Gémeaux,
Leur marquèreut l’époqne ou naissent les troupeaux; Aux tropiques brûlans, la Chèvre et l'Ecrevisse,
De l’hiver, de l’été, fixèrent le solstice :
La Balance à la nuit rendit le jour égal;
La Vierge, des moissons ramena le signal;
Le ciel devint un livre ou la terre étonnée Lut en lettres de fen l’histoire de l’année.
Manilius nous apprend que chacun des douze principaux dieux de la fable présidait à un signe du zodiaque. Uranus, ou le ciel, n’est-il pas le plus ancien des dieux, leur père commun ? il les enveloppe tous , les étoiles sont ses yeux. Les planètes ne portent-elles pas depuis la plus haute antiquité les noms de Saturne, Jupiter, Mars, Phébus ou le soleil, Vénus, Mercure, Phébée ou la lune?
Tout ce que nous savons de la mythologie, paraît rouler sur des allégories poétiques au ciel et aux astres qui le peuplent , ainsi que sur l’influence que des nations , portées à la superstition , attribuaient au retour de cer-
(>4 DES COXSTEJLLVTIOJYS
tains phénomènes naturels. C’est surtout eu combinant la marche du soleil , source du bien et régénérateur de la nature, avec celle des autres corps célestes , qu’on voit que toutes les religions orientales dérivent du culte des astres.
En comparant les zodiaques tartare , chinois , indien , égyptien et grec , on ne peut guère douter qu’ils ne les aient tirés d’une origine commune, tout en les modifiant conformément à leurs idées mythologiques.
Dans l’Inde, en Égypte, on a trouvé de nombreux restes de zodiaques ; on en voit souvent dessinés sur les enveloppes des momies ; enfin , un de ceux qui ornait le temple de Denderali a été transporté à Paris , où il a réveillé toutes les discussions sur l’antiquité des connaissances astronomiques de ces peuples. Mais la science ne paraît point avoir présidé à la construction de tous ces monumens qui devaient nous éclairer sur la chronologie , et de la controverse des savans de notre époque il paraît résulter, qu’on ne doit point y chercher autre chose que des allusions astrologiques ou de$ allégories à la mythologie religieuse de ces nations : M. Le-
tronne semble même avoir entièrement renversé l’antiquité du monument que nous possédons, par la discussion des figures qu’il renferme, et il a écarté toute idée qui pourrait attribuer des notions astronomiques exactes à ses constructeurs.
Quoi qu’il en soit , la plupart des constellations doivent leur origine à l’influence qu’on leur attribuait sur les saisons ou les événemens, et aux relations qu’on avait remarquées dans leur lever et leur coucher , soit entre elles, soit avec le soleil, la lune ou les planètes : c’est ce qu’on nommait leurs paranatel- /uns. Leur apparition et leur disparition, leur succession pour les peuples égyptien et grec, expliquent la plupart des fables mvthologiques et des qualités que les auteurs anciens accordent aux personnages que ces constellations représentent. C’est ainsi que les travaux d’Hercule, la chute de Phaéton, rhistoire de Cérès et de Proserpine, celle de Minerve, l’adoration de Bacchus ou du taureau chez presque tous les peuples orientaux, les attributions de Jupiter, de Pluton, la présence de Cerbère à la porte des enfers, enfin la plupart des fables de la mythologie
des anciens, même jusque dans leurs détails, s’expliquent avec la plus grande facilité par les rapports de position , d’aspect , de lever et de coucher des constellations ; ainsi Hercule est vainqueur du Lion de Némée, parce que le soleil, en entrant dans cette constellation , la fait disparaître. Phaéton effrayé par le scorpion, est renversé dans l’Éridan, parce que la constellation du cocher qu’il représente, se couche avecl’Eridan quand le soleil est dans le scorpion. Proserpine ou la couronne est fille de Cérès ou de la Vierge, parce que la constellation de la couronne se lève en même temps que celle de la Vierge se couche : Proserpine passait six mois aux enfers et six mois dans le ciel, parce qu’après avoir annoncé par son lever du matin le passage du soleil dans les régions australes ou l’hémisphère inférieur, son lever du soir indiquait le retour tlu même astre vers nos régions septentrionales. Il en est de même de la plupart des autres fables mythologiques.
Ou trouve aussi dans les constellations, la clef d’un grand nombre des métamorphoses d’Ovide et des allusions qu’on rencontre à chaque pas dans les auteurs anciens.
"Virgile appelle-t-il Orion pluvieux? c’est que son apparition arrivait au commencement de l’hiver, lorsque la saison des pluies commençait son règne. Sirius ou le chien est-il appelé brûlant* c’est que l’époque du lever de cette constellation, qui a déterminé la durée de la canicule du 22 juillet au 23 août , la fît considérer comme la cause des grandes chaleurs et des maladies qui régnent alors :
Déjà le chien brûlant dont l’Inde est dévorée.
Vomissait tous ses feux sur la plaine altérée.
Dblille, Géorg.
Le scorpion est encore appelé brûlant , parce qu il apparaissait à l’époque où les maladies et les fléaux destructeurs manifestaient leur violence : il était l’emblème de la victoire du génie du mal , de Typhon , à? Ahrimann , c’està-dire qu’il annonçait l’hiver ou le passage du soleil dans les signes inférieurs.
Quand la Balance enfin, recevant le soleil.
Egale au jour la nuit, le travail au sommeil ,
nous voyons que l’equLnoxe est arrivé , et en effet il y a 2000 ans , le soleil à l’équinoxe d automne, occupait la Balance.
Les deux ourses polaires qui ne se eou-
68 DES CONSTELLATIONS, etc.
client jamais et que le dragon environne , sont Calisto et son fidèle compagnon changes en ourses. Le dragon les garde à la recommandation de Junon , de peur qu’elles ne touchent les eaux de l’Océan.
Telle est l’origine astronomique des allégories sur lesquelles a reposé pendant si long-temps la croyance des peuples anciens :
on retrouve , d’une manière analogue , la clef de la plupart des religions païennes de l’orient, qui toutes ont pour base le culte du soleil et des astres. C’est ainsi que la superstition et l’amour du merveilleux, ont fait servir des notions incomplètes d’astronomie à créer et propager des erreurs absurdes , à conserver des religions aussi contraires au culte de la morale qu’à l’adoration du véritable Créateur des mondes.
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