INTRODUCTION HISTORIQUE
Ce serait une grave erreur, que de croire que la médecine borne ses bienfaits à ren** dre la santé à celui qui l’a perdue; de même qu’on se tromperait grossièrement si l’on pensait que toutes les méditations du médecin ne vont pas au-delà de la connaissance des maladies et des moyens propres à les détruire. Une tâche à la fois plus grande et plus noble lui est imposée par la nature des choses. Eii effet, l’homme a des rapports constans avec tous les êtres qui l’environnent ; et de même qu’il agit sur la nature , cette dernière réagit sur lui et modifie son organisation d’une foule de manières ; d’où résulte que les états désignés sous les noms
de santé et de maladie sont toujours le produit de la double action de l’organisation et des modificateurs externes. Dire quelle est l’influence des agens que je viens de nommer; déterminer jusqu’à quel point ils contribuent à maintenir l’équilibre de nos fonctions, et quand ils deviennent la cause incessante des nombreuses infirmités qui affligent notre existence ; enfin , enseigner les précautions que l’on doit prendre , les préceptes qu’ilconvient d’observer pour maintenir notre corps dans ce juste milieu si vanté par les sages de tous les temps; tel est le but del’HYGiÈNE. Cette branche des connaissances médicales, quelqu’intérêt qu’elle mérite d’ailleurs, ne peut donc être considérée que comme une déduction nécessaire et forcée des principes admis dans les sciences anatomiques, physiologiques et physiques.
Mais du moment où l’Hygiène doit être considérée comme la science qui a pour objet la conservation de l'individu et de l’espèce dans , l’état de santé le plus parfait possible , on conçoit, qu’en dernier résultat elle est du nombre des connaissances qui se rattachent le plus intimement au bonheur
des hommes. En effet, à quelque opinion que l’on s’arrête sur la nature de l’être intellectuel et moral, un fait que l’on ne peut nier, parce qu’il est le fruit de l’expérience journalière, c’est que l’état de maladie constitue un des plus grands obstacles que l’homme puisse rencontrer dans son développement intellectuel et son perfectionnement moral; et comme, pour lui, il n’y a bonheur que là où il y a perfectionnement, et que pour l’homme toute perfection consiste dans l’activité et l’énergie de toutes les puissances qui le constituent, il en résulte que. la science qui nous enseigne à jouir avec liberté et plénitude de nos puissances organiques est du nombre de celles sur lesquelles il nous importe le plus d’être éclairés. Mais l’Hygiène acquiert une toute autre importance alors que, ne s’occupant plus des intérêts de l’individu , ses préceptes s’adressent à l’espèce entière; car, du moment où les hommes se sont réunis en société, du seul fait de leur association spnt nés des besoins et des devoirs nouveaux : il ne s’est plus agi seulement de considérer l’homme dans ses rapports avec le monde
extérieur; mais il a encore fallu s’occuper de l’homme en rapport aVec ses semblables; il n’a plus suffi de tracer les devoirs de l’individu à l’égard de l’individu; on a senti le besoin de s’élever jusqu’à la considération des intérêts, des devoirs et du bienêtre de l’espèce. Dans un semblable état de choses, toutes les fois que le médecin, s’associant aux vues de l’homme d’état, est venu lui indiquer les moyens d’éloigner des populations les causes nombreuses de destruction qui les environnent; qu’il a dicté à ce dernier les mesures sanitaires qu’il doit mettre à exécution dans l’intérêt des nations; toutes les fois enfin que, par ses lumières, il a aidéle magistrat et le législateur à découvrir le crime et à en prévenir la funeste répétition ; alors l’ensemble des préceptes qu’il a établis a été désigné sous les dénominations différentes d 'Hygiène publique et de Médecine légale ou judiciaire. Ces importantes notions sont l’objet d’un traité spécial ( i ) : ici il ne sera question que de Y Hygiène privée.
Ainsi que nous l’avons déjà dit, l’ensem-
(,) Hygiène publique et Médecine légale , par 31. le docteur Simon. 1 vol. 3 Ir. 5o cent. ,
Lie des préceptes hygiéniques ne pouvant être considéré que comme une déduction des principes reconnus par plusieurs autres sciences, il semblerait que son histoire devrait être en rapport direct avec celle des connaissances d’où elle tire son origine. Il n’en est cependant pas ainsi; car, dans la haute antiquité, déjà nous trouvons dans les codes religieux des divers peuples qui existaient alors, de sages préceptes qui répondaient assez Lien aux besoins des peuplades auxquelles ils étaient destinés. Néanmoins à cette époque on vivait dans la plus complète ignorance sur l’organisation humaine.
Faut -il s’étonner de cette espèce d’anomalie? nous ne le pensons pas. A l’origine des temps historiques, de même que dans l’enfance de l’individu, on dut procéder en vertu d’une vue purement empirique des choses. Or, il suffisait d’observer avec
quelque soin, pour remarquer que l’usage de tel aliment, l’action de tel agent physique, etc. , étaient nuisibles à la santé ; et comme les connaissances acquises ne permettaient point d’expliquer les faits observés, les préceptes hygiéniques furent présentés, par les
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législateurs de l’époque, sous la forme dogmatique, et firent corps avec les lois religieuses enseignées par ces premiers maîtres du monde : c’est ainsi que dans l’Inde , où le climat est brûlant, la loi défendait de faire usage des animaux, et prescrivait aux peuples de se nourrir exclusivement de lait de vache, de légumes et de fruits, ainsi que quelques soins de propreté dans le détail desquels il est inutile d’entrer.
Bien que . chez les Perses l’hygiène fasse encore partie des lois religieuses, elle commence cependant à prendre plus d’extension.
On s’y occupe du soin de donner à l’Etat des hommes sains et vigoureux : c’est ainsi qu’aussitôt leur naissance, les enfans étaient soustraits à leurs parens; et que, sous la surveillance des magistrats , ils étaient exercés à braver la faim, la soif, l’intempérie des saisons; l’eau était leur boisson habituelle, et ils n’avaient d’autres alimens que le pain et le cardamum, et marchaient habituellement la tête découverte. A l’àge de puberté , l’exercice des armes et la chasse occupaient leurs momens ; ils ne faisaient qu’un repas et dormaient en pléin air.
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En Egypte, pays où la civilisation était déjà plus avancée, les prêtres qui parta* geaient la puissance des rois , et qui étaient à la fois naturalistes, médecins, astronomes. astrologues et religiounaires , tracèrent également des lois sanitaires et les imposèrent aux peuples qu’ils gouvernaient.
Mai» à côté de mesures judicieuses , il s’introbiisit, dans les habitudes de ce peuplé, de? coutumes auxquelles ils attachaient une gmnde importance, et qui aujourd’hui ne néritent que le ridicule. C’est ainsi qu’ils croyaient avoir trouvé un moyen de prolonger la vie dans l’art d’exciter le vomissement ou la sueur. Chez eux, il était reçu de prendre au moins deux vomitifs par mois ; et, au lieu de se demander: Comment vous portez-vous , on s’abordait en disant ^Comment suez-vous.
La loi de Moïse imposait aux Hébreux des devoirs bien autrement salutaires l’incision du prépuce , les lotions , les ablutions , les bains, la séquestration des lépreux, la défense du mariage entre parens, la prohibition d’une grande quantité d’espèces d’animaux, attestent de la part du législateur
et une bien plus grande sagesse, et infiniment plus de lumières. .
Jusqu’ici nous avons vu l’hygiène faire corps avec les doctrines religieuses et politiques du temps; mais. en Grèce il n’en sera pas toujours de même. En effet P*thagore, qui avait pnisé chez les Indiens <t les Egyptiens les principes qu’il professa , recommande à ses disciples la sobriété tî la chasteté; veut qu’ils ne négligent poim le bien-être physique ; leur impose l’abstineice de certains alimens ; leur ordonne de veiller à leur santé,' et leur dit que trop ou troj peu de soins sont à fuir; car V envie à l’un et à Vautre excès s’attache également.
Les lois de Lycurgue contiennent des préceptes qui offrent un tout autre caractère : il ne s’agit pas chez ces. Spartiates si vantés, et si peu dignes de l’être, d’enseigner aux hommes les moyens de vivre sains et heureux, mais seulement de donner à la république de fiers citoyens, en état de toujours combattre et de supporter les fatigues inséparables de l’état de conquête. Aussi voyons-nous que chez ces peuples on vouait à la mort les enfans qui naissaient avec une faible con-
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stitution ; et afin que le nombre en fût moins grand , les femmes partageaient les travaux des hommes jusqu’au momdnt de leur mariage. Tout nouveau-né était plongé dans le vin au moment de sa naissance, et son éducation devenait un des points qui attiraient toute la sollicitude de l’État. Dès ses plus jeunes ans, le Spartiate était habitué à braver la douleur , la soif, la faim , et toutes les rigueurs des saisons; à l’âge de dix-huit ans , on accoutumait les jeunes gens à braver et mépriser le danger. Les arts, on le sait, étaient bannis de Lacédémone, où on les considérait comme susceptibles d’énerver le courage; et, en effet, comment ces peuples auraient-ils pu les goûter et apprécier leur influence sur la civilisation , eux qui étaient tourmentés de la soif des conquêtes et obligés de résister constamment aux attaques des Barbares? Aussi, chez les Grecs, la gymnastique fut-elle spécialement en honneur.
Ils inventèrent des méthodes et tracèrent des règles pour varier la force du mouvement imprimé au corps.
Les Romains , qui figurent aussi dans l’histoire à la tête des peuples conqaérans,
empruntèrent aux Grecs la plupart des coutumes hygiéniques qu’ils observaient ; ils leur donnèrent môme plus d’extension , et ne firent souvent que les détourner de leur but : c’est ainsi que l’usage des bains, qui d’abord ne fut établi que comme moyen de conserver la santé, finit par devenir un objet de luxe, quelquefois môme de débauche et de sensualité. Chez eux, les exercices gymnastiques jouirent aussi d’une grande faveur ; et quelque soin qu’on ait pris dans ces derniers temps de nous vanter la frugalité des Romains, il nous suffit de consulter nos souvenirs historiques pour nous convaincre de l’erreur dans laquelle on est tombé à ce sujet.
11 paraît aussi que chez eux on attachait assez d’importance à un moyen singulier de prolonger la vie, et que l’on a appelé la gérocomique; il consiste dans l’art de rajeunir ou conserver un corps usé par l’àge, en le mettant en contact avec celui d’une personne pleine de vigueur et de jeunesse. Cette pratique semble remonter fort loin : au moins l’histoire du roi David le laisse à penser.
S’il faut en croire certains témoignages , il paraîtrait que Iccus et Hérodicus furent les
premiers médecins qui firent de l’hygiène une branche à part des autres connaissances médicales. La tradition rapporte qu’ils étudièrent d’une manière toute spéciale l’influence du régime , des hains et de la gymnastique sur la santé de l’homme; cependant Hippocrate est le premier qui nous présente l’hygiène réduite en principes; son traité des eaux , des airs et des lieux , est sans contredit le plus beau monument d’hygiène publique, et même le seul que nous ait légué l’antiquité. Il a en outre écrit trois livres sur le régime, où l’on rencontre de judicieuses considérations sur les propriétés et les variétés des alimeus, les signes avant-coureurs des maladies, et la manière de les pré*venir. Dans ces livres, il expose la doctrine du chaud, du froid, du sec et de l’humide ; enfin nous avons encore d’Hippocrate un traité sur le régime dans les maladies aiguës , et un autre sur t usage des liquides , qui se rapportent plus particulièrement à la thérapeutique: aussi n’en parlerons-nous pas.
Après Hippocrate, il faut aller jusqu’à Ce/se avant de trouver dans les anciens quelque chose qui ait rapport à l’hygiène;
et même ce dernier ne nous apprend-il rien de nouveau : il trace néanmoins avec assez de détails les règles que doivent observer ceux qui jouissent d’une bonne santé, et celles auxquelles dçivent se soumettre les valétudinaires ; il indique les précautions que l’on doit prendre dans les différentes saisons, selon les âges, etc. De Celse jusqu’à Galien nous ne rencontrons que le traité de Plutarque sur l'art de conserver la santé , où ce profond moraliste s’efforce de faire revivre les principes de Pytbagore; et quelques sages conseils donnés par Aulu-Gelle sur l’éducation des enfans et l’allaitement maternel.
Mais Galien, l’ain des plus grands génies qui aient existé, est le premier dont les écrits contiennent un plan systématique sur la matière. On trouve dans ses œuvres la division de tout ce qui concerne l’économie humaine. Cette division comprend trois parties. Dans la première, il traite des choses naturelles, c’est-à-dire inhérentes à la'nature de l’homme; dans la seconde, des choses non naturelles, c’est-à-dire hors de sa nature; et dans la troisième , des choses extra-naturelles, ou différentes du cours ordinaire de la na-
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ture. Les choses non naturelles, qui font la matière de l’ilygiène, étaient selon lui au nombre de six : aër, cibus et potus, inanitio et repletio, motus et quies, soin mis et vigilia , et accidentia animi. Les successeurs de Galien, Oribas , Aëtitts , Paul d’Égine, n’ont fait que suivre sa doctrine en l’étendant sur certains points. Les Arabes n’y ont non plus rien ajouté.
On pense bien que lé moyen âge ne fut pas l’époque de bien grands progrès. C’est en effet dans ce temps que nous voyons apparaître X astrologie judiciaire , la pierre philosophale , la chiromancie , la cabale, la médecine universelle, toutes pratiques superstitieuses qui prenaient leur source dans les idées du temps , et dont on ne peut donner l’explication qu’autant qu’on les rattachera aux opinions religieuses et sociales qui gouvernaient alors les masses (i).
. A la renaissance des lettres, les connaissances médicales durent inévitablement Se ressentir du puissant mouvement imprimé aux sciences en général. Et pourtant les divisions de Galien furent conservées Les défi) Voj**7. le Traité d'IIycikse prBi.iqci.
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couvertes dont s’enrichirent l’anatomie , la physiologie, la physique et la médecine proprement dite, firent abandonner les pratiques supertitieuses du moyen âge, et les théories incomplètes de l’antiquité ; on perfectionna les points de détail; mais l’idée générale subsista. Jusqu’au dix - huitième siècle, on ne rencontre point d’ouvrages remarquables sur l’Hygiène. Des. hommes tels que Baglivi , Bâillon , Vanhelmont , Stahl , Hojfmânn , etc. , ne purent rester étrangers à la science qui nous occupe; mais aucun d’eux ne s’y attacha d’une manière spéciale, Au dix-huitième siècle il en fut autrement; Tourtelle donna un traité d’Hygiène, qui, à côté des conseils les plus sages, contient encore une foule d’erreurs grossières et de contes puérils qui aujourd’hui n’ont aucune valeur. Ce fut aussi alors que l’Académie royale de chirurgie éveilla l’attention des hommes de l’art sur l’influence des agcns physiques, en proposant pour sujet de prix la plupitrt des hautes questions qui, de nos jours encore, font le sujet des traités d’Hygiène. Et, bien que les mémoires dont -nous parlons aient été
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plutôt conçus et exécutés sous le point de vue du traitement des maladief, que sous celui de la conservation de la santé, néanmoins on trouve dans les mémoires couronnés, une quantité immense de faits que l’on consultera toujours avec fruit. Il sufiit d’ailleurs de citer les noms de Saucerotte, Chain * peaux y Laflize y Camper, Tissot, Donnefoy et Lombard , pour donner une idée de l’impor- .
tance de leurs travaux. .
Dans ce môme temps, Diderot et d’Alemb^rt conçurent et mirent à exécution le projet qui fit leur célébrité. C’est dans fcet immense recueil que Halle est venu déposer le fruit de ses recherches et de ses observations sur l’Hygiène. Pour qui a mé,dité ses travaux, il reste prouvé que cet homme, justement estimé, avait envisagé son sujet dans toute son étendue, mais aussi que sa division est radicalement fausse : d’abord en ce qu’elle embrasse des points qui sont du domaine de la physiologie proprement dite ; et en second lieu parce qu’il conserve la division de Galien, dont nous avons déjà remarqué les défauts. Mais, du reste, Halle n’a pu mettre la dernière main à son œuvre; croyons que
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s’il en eût été autrement, il eût été le premier à reconnaître les défauts de sa méthode ; et disons que c’est déjà beaucoup d’avoir vu toute l’étendue et l’importance du sujet auquel il consacra sa vie entière.
Ce serait mal comprendre notre sujet que de terminer cette introduction historique sans parler des travaux de Cabanis et de Roussel. Bien que ces deux hommes, d’un talent supérieur, aient eu l’idée, non pas de nous tracer des préceptes hygiéniques, mais de nous dévoiler'la véritable nature d e l’homme et de la femme , leurs travaux nous semblent appartenir plus spécialement à la branche dont nous nous occupons qu’à la physiologie ou même à la psychologie. Ce n’est pas qne Cabanis ne puisse être rangé au nombre des philosophes du dix-huitième siècle, dont il est pour ainsi dire le dernier embranchement ; mais aujourd’hui ses travaux n’ont sous ce rapport aucune valeur; tandis que ses judicieuses observations sur l’influence des âges, des sexe$, des tempéramens et des climats, sans avoir le mérite de la nouveauté, ont encore celui de l’application.
Il nous resterait à parler des contempo-
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Tains, et nous aurions certainement beaucoup à dire; car. jamais peut-être on ne , s’occupa d’Hygiène avec autant de zèfe»
Mais , outre que .dans le cours de ce traijé nous aurons souvent l’occasion de citer les travaux des hommes, vivans , ce n’est pas à nous qu’il appartient dé les juger.
DivisioÀ de l’ouvrage.
L’Hygiène se compp.se. d’une foule de ma«»
tériaux si divers qu’il ne faut pas être étonné si, jusque dans ces derniers, temps, -les classifications qu’on a proposée^’ étaient toutes plus ou moins défectueuses. M. Rostan:
est le premier qui ait essayé une classification fondée sur la physiologie. Cet essai ne fut pas heureux ; mais l’idée n’en était pas moins bonne. D’ailleurs M. Delondre a su échapper aux erreurs de son prédécesseur , et par conséquent présenter l’Hygiène sous son véritable point de vue. •
CKkcun sait que depuis assez long-temps lés physiologistes ont reconnu que tous les phénomènes de' la vie peuvent, dans leur multiplicité, être .ramenés à trois grands HYGIÈNE. - * t • a
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faits généraux, auxquels on peut donner le nom de lois. Le premier de ces faits consiste dans l’entretien et le développemèht de l’individu, c’est la loi de nutrition ou assimilation, qui comprend la digestion , l’absorption , la respiration, la circulation, la résorption veineuse et les sécrétions. Le second, que l’on peut désigner sous le nom de loi de • relation, comprend tous les actes par lesquels l’homme entre en rapport avec le monde extérieur et ses semblables : iLse compose des sensations proprement dites, des manifestations intellectuelles et morales , des mouvprnens et des moyens d’expression. Enfin vient la loi de la' reproduction des êtres, dont les organes génitaux sont les agens , et où l’on rencontre la copulation , la fécondation , le développement du produit de la conception , et comme phénomènes consécutifs , l’accouchement et l’allaitement.
Pour être conséquens à ce que nous venons d’établir, nous aurons donc à traiter de l’action des modificateurs externes, et de leur influence sur tous les actes vitaux que nous venons de passer en revue, et à en déduire les préceptes qu’il convient
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d’observer pour que chacune des fonctions que nous venons d’énumérer puisse s’exercer avec liberté et facilité. Mais, outre ces actes, il est certains états physiologiques très-réels, et que nous ne pouvons examiner ici en détail, qui impriment à l’organisme entier des modifications si importantes, que^ si on ne les prenait en considération , on en serait réduit à établir des préceptes hygiéniques pour chaque individu pris isolément.
Ce sont les âges., les sexes, les liàbitudes, les tempéramens , les professions, les climats, les saisons, les prédispositions héréditaires, les idiosyncrasies, qui forment autant de conditions particulières qui viendront compliquer les différents problèmes que nous aurons à résoudre, et qui réclament des soins hygiéniques particuliers, dont la connaissance nous donnera la loi de toutes les variations individuelles. Nous en traiterons sous le titre de Notions générales. '