ALIÉNATION
ni celles où les facultés de Tesprit jouissent d’uu grand développement, ni celles où d’ordinaire elles n’en possèdent que peu ; mais, au contraire, celles qui tiennent le milieu entre ces deux états opposés, celles, enfin, où se rencontre ce demi-savoir plus dangereux que l’ignorance; nouvelle preuve que la diffusion des lumières est toujours la sauve-garde des sociétés comme des individus»
et que l’aliénation, dont les causes éloignées sont encore si peu connues, trouvera une digue puissante dans le perfectionnement des mœurs et la propagation des connaissances utiles : aussi est-il dans l’intérét de tous, que chacun ait sa place dans l’ordre social, et que l’on voie disparaître de nos institutions , et la classe des riches oisifs et celle des prolétaires, dont l’existence agitée et souvent incertaine est la source des désordres qui nous occupent.
Jusque laies aliénés devront recevoir protection de la société. En effet, il ne suffit pas que la loi pourvoie à leurs intérêts pécuniaires et à ceux de leurs ayans cause ; elle est encore en droit de surveiller les établissemens destinés à les recevoir. Ici de nom-
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breuses améliorations ont été faites depuis environ trente ans. Grâce aux soins généreux de Pinel, ces infortunés sont maintenant traités avec les égards que réclame leur état. Cependant les hôpitaux où ils sont reçus pourraient encore recevoir d’utiles modifications ; c’est ainsi qu’il conviendrait de rompre l’uniformité de régime hygiénique qui les gouverne. Les divisions proposées par Pinel sont susceptibles d’étre agrandies et subdivisées. Le régime des convalescens réclame aussi de nouveaux perfectionnemens. Il importerait, par exemple, que ceux que l’on désigne par ce nom de convalescens ‘ jouissent de plus de liberté, eussent une existence plus variée. Tous ces avantages se rencontrent dans les maisons particulières où sont reçus les malades assez riches
pour payer pension. Mais la société doit faire pour les autres ce qu’ils ne peuvent obtenir de leurs propres moyens. Du reste, comme il est dans l’intérét des malades que tant que dure leur traitement, ils soient éloignés de leur famille, ces dernières nous paraissent en droit d’exiger que l’autorité veille à ce que les soins que réclame l’état des aliénés
■ ALlifTATIOir. 47
leur soient effectivement donnés , et ce devrait être le sujet d’une organisât! ôn administrative qu’il ne nous appartient pas de provoquer. Par là on verrait cesser les plaintes souvent exagérées, mais quelquefois fondées, que la malveillance accueille toujours avec empressement. Et d’ailleurs il est juste et convenable de soumettre à un contrôle la conduite de ceux qui momentanément sont subrogés à la famille.
SECTIOIf VII.
Du magnétisme animal et du somnambulisme.
C’est encore aujourd’hui une grande question que celle de savoir si les pratiques du magnétisme animal reposent sur des faits réels, ou si elles ne sont qu’un piège tendu à la crédulité publique. La solution de ce problème nous semble facile, bien que débcate.
Toute question scientifique, et celle-là en est une, pouvant et devant être ramenée à une question de fait, tout se réduit à savoir si l’action de l’homme sur l’homme est telle que les effets attribués au magnétisme animal en puissent résulter. Pour tout homme
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éclairé et de bonne foi cette question ne fait plus de doute. II est certain , en effet , que l’action de la volonté, quelles qu’en soient la nature et la source, ce sur quoi nous ne voulons point disputer en ce moment , est assez puissante pour produire sur l’homme placé dans certaines conditions , tous les phénomènes du somnambulisme et ceux attribués au magnétisme animal.
Ce premier point convenu , beaucoup de questions subsidiaires se présentent, et dans le nombre, celles qui se rapportent le plus directement à notre objet sont les suivantes : 1 ° L’action magnétique peut-elle produire des guérisons ? a® Les phénomènes du somnambulisme magnétique peuvent-ils être utiles , ou sont-ils toujours nuisibles à ceux chez qui ils se développent ? 3® Est-il dans l’intérét de la santé générale d’encourager les pratiques du magnétisme animal , ou doit-on en régler l’emploi ? Toutes ces questions sont dominées par une autre, qui consiste à savoir à quelles causes les phénomènes magnétiques peuvent être ramenés.
Jusqu’à présent , il est impossible de dire
SOMUTÀMfiUL. ST MAGSST. iLNIMAL. 49
de quelle nature est Taction magnétique; ceux qui se sont occupés de ce sujet n*ont fait que proposer des hypothèses , quelquefois bizarres , d’autres fois empruntées aux sciences physiques, et par cela même incomplètes. Les faits qui ont donné lieu à ces hypothèses ont été souvent mal observés , et il convient d’ajouter que l’enthousiasme et quelquefois la mauvaise foi scientifique ont encore contribué à obscurcir la question.
11 est donc aussi téméraire de prétendre ramener tous les faits magnétiques à l’action d’un fluide qui aurait quelque analogie avec le magnétisme minéral ou le fluide électrique, qu’il le serait de prétendre ramener tous les phénomènes psycologiques à une action organique, ainsi qu’on l’a tenté à plusieurs reprises. Du (este , les faits observés, bien qu’ assez nombreux, ne l’ont pas été sous un point de vue assez philosophique pour qu’il soit permis de les généraliser. Abstenons-nous donc de toute théorie sur ce point.
Mais, quelle que soit la cause à laquelle on puisse rapporter les phénomènes magnétiques, ils n’cn existent pas moins ; et chacun