RA.PPORTS, CONSULTATIONS, CERTIFICATS
L’enseignement médical, -quoique bien imparfait encore, est cependant assez étendu pour qu’il soit difficile que'le médecin commette des fautes grossières. Cependant,. en pareil cas, celui qui serait consulté devrait donner son avis avec toute la sévérité d’un juge indépendant, et avec toute la réserve d’un homme qui connaît les .nombreuses difficultés de la science et de l’art.
3“ Des certificats. Cet acte diffère du rapport en ce qu’il peut être délivré par tous ceux qui en sont requis , sur la simple demande de la partie intéressée, sans que celui qui le délivre soit assüjéti à la prestation du serment , ni assisté d’aucun magistrat. Le médecin est appelé à en délivrer dans le cas où un individu a besoin de s’excuser d’avoir manqué à un service public quelconque et alors il prend le nom à^exoêne, La forme dans laquelle il doit être rédigé est exactement la même que celle des rapports.
4° Des consultationsmedico-légaies. Cet acte peut être fait à la requête des magistrats ou des parties intéressées, rédigé par plusieurs docteurs en médecine, une faculté ou une académie, et a pour objet la discussion.scien-
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tifiquê de rapports et de certificats, notes ou mémoires déjà présentés, qu*ils soient contradictoires ou non. La manière dont ces consultations doivent être rédigées varie nécessairement selon les cas.
§ II. — Des Ages,
Ainsi que nous le verrons plus loin , il est une foule de questions, telles'que celles de * l’infanticide, de l’avortement, etc., qui, pour être convenablement résolues, exigent que l’on puisse déterminer, au moins approximativement, l’âge de l’individu soumis à l’examen du médecin-légiste. La vie humaine commence au moment où l’embryon frappe nos sens , et s’étend jusqu’à la vieillesse la plus reculée. D’où résulte qu’il s’agit d’indiquer les caractères propres à chacune des périodes de la vie intrà et extra-utérine.
Vie intra-utérine. La détermination de l’âge pendant le temps que dure la gestation, se fonde entièrement sur le développement des organes ou appareils organiques, connus sous le nom de phénomènes de l’évolution du germe. Les caractères que l’on observe alors sont inconstans et varia,bles , cependant ils
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offrent encore assez de fixité pour que l’on puisse indiquer certains traits généraux qui * mettront à l’abri de grossières méprises.
Huit jours après la conception, on ne trouve dans la matrice qu’une petite vésicule d’un liquide transparent sans forme humaine.
Du i5* au 1 X 0 ^ jour ^ l’embryon est vermiforme, oblong, renflé au milieu, obtus à une extrémité, terminé en pointe à l’autre; il est grisâtre, peu opaque, long de trois à cinq lignes, et pèse de deux à trois grains. A 3o jours la tête est déjà visible; la moelle épinière est la seule partie encéphalique qui puisse être aperçue; les paupières, très-minces, recouvrent les yeux, qui ne se présentent encore que sous la forme de deux points noirs; deux simples trous indiquent le lieu où les oreilles se développeront plus tard. La cavité buccale n’est encore marquée que par une fente transversale. Les membres thoraciques n’existent que sous forme de mamelons ou de bourgeons; la clavicule et l’os de la mâchoire inférieure offrent déjà chacun un point d’ossification. On aperçoit les premiers rudimens du cœur, de l’aorte et de l’artère pulmonaire. La membrane caduque qui
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revêt l’intérieur de Tutérus et l’extérieur de l’œuf est alors mollasse, comme charnue, pulpeuse, et semblable à un caillot sanguin incolore, dont la surface est hérissée de filamens. L’amnios est mou , le chorion présente la forme d’une membrane opaque , épaisse , tomenteuse à sa face externe , hérissée de villosités qui plus tard doivent former le placenta. Il n’y a point encore de cordon ombilical, mais la vésicule qui porte ce nom est déjà fort apparente , ainsi que .
les vaisseaux omphalo-mésentériques. A. 4S jours, l’avant-bras , la main , la jambe et le pied sont distincts, les apophyses des vertèbres cervicales’ commencent à s’ossifier.
Tous les autres os offrent aussi des points d’ossification ; le méconium, alors blanchâtre, est contenu dans l’estomac ; le cæcum et son appendice se montrent ; le foie, trèsvolumineux , occupe une partie de l’abdomen. A deux mois, les doigts de la main sont apercévables , et ce n’est que vers la fin du deuxième mois que les membres pelviens commencent à dépasser la queue rudimentaire ; Tarière pulmonaire s’est développée ; on aperçoit Tépiploon , et on ne
peut plus élever de doute sur l’existence des alvéoles et des os maxillaires. A 3 mois \ la tête devient plus grosse et plus pesante que le reste du Corps ; la pupille est fermée par la membrane pupillaire, laboucbe est grande et ouverte, le cerveau, presque fluide, offre la consistance de la matière caséeusb; le placenta peut être très-facilement reconnu, et couvre presque la moitié de l’œuf; le cordon ombilical s’insère près du pubis et a la forme d’une colonne torse. A 4 mois ^ les fontanelles sont très-amples et les commissures du crâne très-larges; on commence à apercevoir la membrane pupillaire; la peau commence à se couvrir d’un léger duvet; les cheveux sont courts , rares et argentins ; les osselets de l’ouïe et les cornets inférieurs du nez s’ossifient; les lamelles du' cervelet sont déjà visibles; le méconium se trouve à l’origine- de l’intestin grêle; les reins, très-volumineux, sont composés chacun de i 5 à 18 lobes, et les capsules sur-rénales sont aussi volumineuses que les reins.
C’est ordinairement ,à cette époque qu’on aperçoit les germes des secondes dents, excepté ceux des premières molaires.
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A 5 mois , les ongles se prononcent ; le sternum commence à s’ossifier ; le pubis offre un point oblong , ossifié ; le calcanéum présente un point osseux ; le noyau gélatineux des dents se recouvre de quelques couches d’émail ; on aperçoit le sillon longitudinal du cerveau ; la pie-mère devient adhérente , et la consistance du cervelet est plus grande que celle du cerveau; les poumons sont petits, le cœur très-volumineux, relativement aux autres organes , et la capacité des oreillettes équivaut à celle des ventricules. Les testicules et les ovaires sont situés un peu au-dessous des reins.
A 6 mois, le sternum présente trois à quatre points d’ossification , et il en existe un dans l’astragale. Les poumons sont toujours petits, et la bronche gauche est plus longue et moins grosse que la droite; la vésicule biliaire contient une petite quantité de fluide séreux et incolore ; et c’est alors que commence à se former la substance corticale des reins; le méconium , peu abondant, ne remplit que le cæcum et une partie du colon.
A 7 mois, les paupières commencent à se
décoller et la membrane pupillaire à disparaître ; de pourpre qu’elle était , la peau devient rosée, fibreuse et épaisse, et se couvre d’un enduit graisseux que l’on retrouve à l’époque de la naissance ; les cheveux prennent une teinte plus foncée'; le cerveau acquiert aussi une couleur jaunâtre assez prononcée; les valvules conniventes des intestins paraissent; le méconium occupe le cæcum et presque tout le gros intestin ; les testicules descendent dans le bassin.^
A 8 mois, les fontanelles sont plus évasées qu’au neuvième mois, et la membrane pupillaire a disparu ; la peau est moins foncée en couleur que le mois précédent ; les ongles et les cheveux sont assez bien formés ; le cerveau commence à présenter de légers sillons ; les testicules s’engagent dans l’anneau sus-pubien.
A 9 mois, la tête forme à peu près le quart ' delà longueur totale du corps, et offre dans ses différens diamètres les dimensions suivantes ; 4 pouces 3 lignes au diamètre occipito-frontal; 5 pouces au diamètre occipitomentonnier; 3 pouces 6 lignes au diamètre fronto-mentonnier ; 3 pouces 4 lignes au
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bi-parietal, et 3 pouces une ligne au diamètre temporal. Les fontanelles sont moins evasees qu’aux époques précédentes de la gestation ; le thorax est court, assez aplati, et un peu relevé en bas si l’enfant n’a pas 1^ ^ es t très-ample et sail-
lant 5 le système osseux offre des caractères Jiuportans ; c’est ainsi que l’extrémité inférieure du fémur, qui, à cette époque, est cartilagineuse, offre un point osseux à son centre, que le calcanéum et l’astragale sont les seules parties du tarse qui soient en partie ossifiés Le pubis offre également deux . points d’ossification, l’un à sa branche descendante et l’autre à la branche ascendante de l ischiinn,''et on en rencontre deux autres à la première vertèbre cervicale et à la première vertèbre du coccyx.L’os maxillaire inférieur est complètement ossifié; les dents de lait, encore renfermées dans les alvéoles, offrent également différens degrés d’ossification ; la surface du cerveau est couverte de circonvolutions et de sillons profonds, et la substance grise est déjà manifeste; le’ cervelet est plus consistant que le cerveau ; le trou de Botal existe tant que l’enfant n’a
]ii j pas respiré, et le repli membraneux qui doit tuf servir à son occlusion est plus ferme qu’à aucune autre époque de la gestation. Les poumons sont rouges et volumineux et offrent des caractères différens, seloji »que JJ l’enfant a respiré ou non. Ces changemens jjj seront indiqués lorsque nous traiterons la jj question de V infanticide (F. Sect. iv). Le thymus est encore assez volumineux, ij Vie extra-utérine. — Il a été dit ailleurs que
J la vie humaine offrait différentes périodes ^ bien caractéristiques qui servaient. à partais ger la durée de l’existence actuelle. Ce sont ^ les âges. Ici nous ne devons les envisager , que dans leur rapport avec les questions di- I verses de médecine légale qu’ils peuvent éclairer. Or, il a déjà été déiiiohtré (i) que I la vie extra -utérine pouvait être partagée J en 5 époques, savoir : la et la 2 ® enfance,
. l’adolescence, l’âge adulte et la vieillesse.
Plusieurs auteurs ont subdivisé la première enjance en trois périodes. La première commence à la naissance et finit à sept mois; la seconde va de sept mois jusqu’à la deuxième année, et la troisième, qui com-'
(1) Yojez Uêiumide Phjsiologi» etRétumé d’Bjrgiène privé ••
HYGIÈICE PUB. ET MED. LÉG. lO
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iTience avec la troisième année, finit au moment où commence la deuxième enfance.
Il importe beaucoup d’admettre ces divisions sous le rapport médico-légal , vu que dans les questions de cet ordre on est souvent appelé à déterminer l’àge précis d’un enfant, et quelquefois à un jour près. Or dans les premiers jours qui suivent la naissance, les modifications que présente le nouveau-né se rapportent surtout au cordon ombilical, à la peau, à l’épiderme et au système osseux, remarque déjà faite par le professeur Orfila, qui a jeté le plus de lumières sur cette question. S’il faut en croire les observations que nous a transmises le professeur judicieux que nous venons de citer, les résultats fournis par les auteurs qui l’ont précédé ne sont pas à l’abri de toute contestation. Cependant il paraît que lorsque le cordon ombilical existe, qu’il est frais, humide et bien adhérent au nombril, la mort a suivi de près la naissance; s’il pré-* sente des caractères opposés, il est à présumer que l’enfant a vécu quelque temps ; ces caractères ne sont cependant pas absolus , les observations de M. Orfila le prouvent.
La peau offre des indications qui méritent une plus haute confiance. Si elle offre les caractères que présente tout enfant arrivé à terme, il est présumable que la mort a suivi la naissance de très-près. Si la matière sébacée est desséchée et fanée, il faut en induire que l’enfant a été exposé à l’air pendant quelque temps ; si la peau est rude , terne et jaunâtre , on peut croire que l’enfant a vécu quelque temps ; si l’épiderme s’enlève par écailles ou tombe en desquamation, il est certain que l’enfant a vécu quelque temps. Il ne faut pas oublier, lors- ^ qu’il s’agit de déterminer l’âge d’ün enfant, que vers le cinquième mois l’os cuboïde commence à s’ossifier, et que de 3 à 6 mois on voit poindre l’ossification des dents incisives et de la première molaire de la seconde dentition. D’un autre côté, si l’estomac est «à peu près vide de mucosités, et le gros intestin rempli de méconium, si la vessie est remplie d’urine, on peut croire que l’enfant est mort peu de temps après la naissance.
La deuxième époque de la première enfance offre pour caractère distinctif l’érup-
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tion des dents et le développement de l’ossification. Nous ne devons pas insister sur le premier point, qui est une question toute physiologique; il n’en est pas de même du second : c’est à un an que commence l’ossification de la partie moyenne de l’apophyse coracoïde, du grand os et de l’os crochu du carpe, de l’extrémité inférieure de l’humérus et du cubitus; les têtes du fémur et de l’humérus , celle du tibia , et la deuxième vertèbre du coccyx, s’ossîfîfent aussi à cette épt>que ; les lames des vertèbres s’unissent entre elles. A 2 ans, on observe un point osseux'dans le cartilage inférieur du radius, à l'extrémité inférieure du tibia et du péroné.
La troisième époque est signalée par d’autres phénomènes. Entre 4 et 5 ans apparaissent les troisièmes dents molaires ; à 3 ans s’ossifient les deux petites molaires de la seconde dentition , et six mois après on aperçoit quelques vestiges de l’ossification de la seconde grosse molaire. C’est aussi vers l’âge de 7 ans, quelquefois plus tôt , d’autres fois plus tard , qu’a lieu la chute des dents de lait , et l’ossification se développe de plus en plus.
La seconde enfance offre le plus haut intérêt, en ce que pendant ce temps les dents de lait continuent à tomber, et que c’est alors que se fait la seconde dentition , si souvent troublée par de cruelles maladies, et que l’ossification se complète. S’il fallait, du reste, mentionner tout le développement qu’acquièrent, pendant cette époque, les facultés intellectuelles, nous sortirions de notre sujet, et nous entrerions dans des développemens que ne comporte pas le point de vue sous lequel nous envisageons ici la question des âges. Nous n’ajouterons rien non plus à ce qui a été dit sur ce point dans la Physiologie; car ici le médecin légiste ne peut déterminer l’âge d’un individu qu’en s’éclairant des caractères extérieurs que les physiologistes ont indiqués.
§ III. — Des questions d‘identité.
Notre législation fait souvent un devoir à ceux qui sont chargés de l’administration de la justice, de décider si un individu désigné est réellement le même que celui qu’on a perdu ou qu’on cherche. Le plus souvent, cette difficulté ne peut être résolue
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que par l’appréciation d’indices dont les gens de l’art peuvent seuls déterminer la valeur. Dans ces cas, le médecin ne peut donner son opinion qu’autant qu’il aura pu résoudre les points suivans : i° l’âge de l’individu; a° sa stature; 3° qu’il aura examiné avec le plus grand soin les différentes parties du corps ; 4° qu’il se sera assuré s’il existe ou non des signes particuliers à la peau, telles que des taches congéniales; 5“ qu’il aura reconnu l’existence de cicatrisées, et qu’il en aura apprécié la nature; 6° enfin, si l’individu est porteur de traces de fractures et de luxations.