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Dans le cas d*ayortement, depuis'le 3^ jusqu’au mois de la grossesse , il existe
des signes précurseurs, concomitans et con> sécutifs, dont la présence ou l’absence peavent seules permettre d’assurer qu’il y a eu une expulsion prématurée du produit de la conception. ^
Les signes précurseurs sont exactement ceux de l’accouchement à terme ; il en est de même des signes concomitans. Du reste , dans la question qui nous occupe, ils sont de peu de valeur, puisqu’on n’est jamais consulté que lorsque tout est consommé, et qu’alors ces signes ont disparu. Il en est autrement des signes consécutifs.
Toutes les fois que chez une femme soupçonnée d’avortement on trouvera les parties externes de la génération rouges, gonflées , plus ou moins sensibles gu toucher , qu’il y aura des tranchées utérines, que Forifice utérin sera plus ou moins ouvert, que les seins seront le siège d’un écoulement de lait variable quant à son abondance , qu’il y aura écoulement des lochies, et que le ventre sera flasque et ridé, la réunion de tous ces signes permet d’établir qu’il y a eu
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avortement. Du reste , ces signes n’ont de valeur qu’autant qu’ils sont tous réunis.
Examen du fœtus. Si on est assez heureux pour pouvoir retrouver le produit expulsé, il ne reste plus de doute sur l’existence de l’avortement ; il ne s’agit que de déterminer l’âge du fœtus , et la chose est encore facile toutes les fois que ce dernier conserve ses formes. Cependant si l’embryon est fort jeune, on conçoit qu’il puisse échapper à des recherches peu soigneuses ou faites , avec trop de précipitation ; car si l’avortement a eu lieu dans les premiers temps de la conception, l’embryon se trouve le plus souvent enveloppé d’un caillot de sang dont il est difficile de le détacher. Jusqu’à demiterme, à peu près, il arrive souvent que l’embryon est enveloppé de ses membranes ; dan» ce cas il suffit de les rompre et • d’en déterminer l’âge , en ayant égard à ce que nous avons dit au paragraphe qui s’y rapporte (F^p.iSS et suiv.).Quelquefois aussi le fœtus et le placenta se décomposent avant d’étre expulsés , et alors il est impossible d’arriver à aucuneindication par ce moyen.
Enfin, on a des exemples où après la mort
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du fœtus dans le sein maternel, il n’y a pas eu d’avortement, et où le placenta a continué de s’accroître , ce qui donne lieu- à ce qu’on appelle môle de génération. ( Vojr.
Grossesse, § des maladies qui peuvent simuler la grossesse. )
On a souven^t vu qu’un fœtus mort à une certaine époque delà grossesse reste dans le sein de sa mère jusqu’à l’époque de l’accouchement naturel, et alors il se présente dans un éjat de décomposition dont nous parlerons en traitant de l’infanticide. (^. sect. iv.)
B. avortement a-t-il été provoqué on non?
11 ne suffit pas qu’il y ait, eu avortement pour que la loi soit en droit d’exercer son action, il faut encore, ainsi que nous l’avons dit, que l’expulsion prématurée de l’embryon soit le résultat d’actes illicites exercés sur la mère ou sur l’enfant. Or, on ne peut établir que l’ avortement a été provoqué qu’autant que l’on peut dire à quelle époque précise il a eu lieu , que l’on a reconnu ses causes déterminantes en tenant un compte rigoureux des marques de sévices qui peuvent se rencontrer sur le corps du fœtus et de la mère.
^ Digilized
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L’avortement naturel a plutôt lieu dans les trois premiers mois 'de la grossesse que plus tard ; cependant il est possible, et même assez fréquent , à toutes les époques de la gestation. Bien qu’il faille tenir compte de ce fait, on ne lui accordera qu’une très-fai- ^ ble valeur. Quant aux causes qui peuvent amener un avortement naturel , elles sont nombreuses : on les a partagées en causes prédisposantes et causes déterminantes. Au .
nombre des premières on a rangé l’extrême rigidité des fibres de la matrice , la trop grande sensibilité de cet organe, le relâchement du col utérin , etc. Du reste , les causes prédisposantes sont tellement nombreuses que l’on peut dire qu’il n’est pas de maladie qui, de près ou de loin, ne puisse amener l’avortement ; cependant ces causes ne sont pas la condition indispensable de ' l’accident qui nous occupe.
Au nombre des causes occasionelles on a rangé plusieurs' maladies aiguës, et surtout l’inflammation aiguë de la matrice, les passions vives et tumultueuses, l’asphyxie, le coït immodéré , l’exercice à cheval et en voiture, les coups, les chutes, certaines ma*
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ladies encçre peu connues du fœtus , en0ii les moyens reconnus comme abortifs. Cependant tous ces moyens n’amènent pas encore nécessairement l’avortement, si ce n’est certaines manœuvres que nous croyons ne pas devoir faire connaître. Mais si l’avortement a été la suite de' coupables manœu- .vres, on en retrouvera des traces sur l’em- .bryon, et , dans ce cas , il faudra l’examiner avec soin {V. pour plus de détails, Sect. iv, Infanticide, ) *
Quant à la inère , on examinera à quelle époque l’avortement a eu lieu , si volontaizement elle s’est soumise à l’action des causes que nous'avons relatées ci-dessus, et surtout si elle a fait usage de médicamens abortifs; si elle a reçu des coups, et principalement s’ils ont été portés sur l’abdomen, si les actes de violence, quels qu’ils soient , ont été suivis d’un écoulement sanguin par les organes génitaux; enfin si, malgré cela, on n’eût pas pu prévenir l’avortement. en soumettant la femme à un traitement méthodique. 11 faudra également savoir si la femme a caché ou non son état de grossesse , si , sans nécessité, elle ne s’est point livrée à des
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exercices ou à des travaux dangereux pour son état; enfin, si elle a fait empiète de drogues susceptibles 'de provoquer l’avortement.
Ces différens points résolus et examinés dans leurs rapports et dans leur ordre de ‘ succession, il reste à décider si l’avortement peut , ou non , être simulé o^ prétexté dans l’intention de nuire ou d’obtenir des dom- ^ mages et intérîts. Il suffit de poser la ques- ‘ tion pour voir qu’on rentré^ dans les mala- . dies simulées ou prétextées, et ce sera à ce sujet que nous l’examinerons avec détail.
(V. CUAP. II, SECT, iv).
SECTIOlf III.
Viabilité du fait us.
Plusieurs dispositions du Code civil , et entre autres les art. 3 14 , 34o» 7a5 et 906, énonceiyt dans quels cas les conseils du médecin peuvent être réclamés pour décider si un fœtus est viable ou noii , c’est-à-dire s’il est dans des conditions telles qu’il puisse espérer .de parcourir aussi long-temps que le commun des homme% le cours de la' vie
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extra-utérine. D’un autre. côté, bien que la loi reconnaisse toujours le mari pour père de l’enfant conçu pendant le mariage, il est cependant des cas prévus ou la paternité peut être contestée. Dans cette dernière supposition , il arrive encore que l’avis du mé- ■ decin est souvent nécessaire , et qu’il peut jeter de vives lumières sur les nombreuses * difficultés que peut soulever la question de la paternité; et comme ce cfernier point a des rapports étroits avec la question de la viabilité, c’est pourquoi nous les avons réunis dans la même section.
§ I .- — Viabilité du fœtus.
. Les différentes dispositions du Code civil qui se rapportent à la viabilité du fœtus établissent la nécessité de résoudre cette question, soit que l’enfant vive encore, ou qu’il soit mort; cette distinction doit donc être conservée. Il est également nécessaire de distinguer entre la viabilité des fœtus monstrueux, et celle des enfans qui n of- • freut point de vice de conformation.
^^^La question de savoir si un fœtus notz ' monstrueux est viable ou non, se réduit à
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