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celle-ci : à quelle époque de la grossesse un foetus peut-il vivre sans le secours de sa mère ? C’est , dit M. Orfîla , lorsque les organes de la digestion, et surtout ceux de la respiration, sont en état d’exercer leurs fonctions : or, il est généralement reconnu que l’enfant qui naît avant le commencement du sixième mois n’est pas apte à vivre. On peut dire, en thèse générale, qu’un, fœtus sera d’autant plus viable, qu’il sera plus rapproché du terme naturel de la grossesse, et qu’il est impossible d’assigner l’époque fixe à laquelle un enfant devient apte à vivre :
d’où résulte que lorsqu’on est appelé à résoudre une question de ce genre, tout en prenant en considération l’âge du fœtus, il convient d’étayer son jugement de l’état dans lequel on aura trouvé les organes, afin de pouvoir établir si le fœtus était dans des conditions telles, que ses fonctions pussent s’exercer avec liberté et facilité : ce qui nous conduit à indiquer les signes auxquels on reconnaîtra la viabilité d’un enfant, qu’il soit mort ou vivant.
Signes de 'viabilité d’un fœtus 'vivant. — Toutes les fois qu’un enfant, peu après sa
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naissance, poussera des cris forts, se livrera à des mouvemens étendus , saisira le mamelon avec. facilité; que les déjections et l’excrétion des urines se feront avec liberté ; que toutes les parties extérieures seront bien conformées, telles que les cheveux et les ongles ; que les fontanelles auront peu d’étendue, et que les os du crâne seront prêts à se toucher par leurs bords ; que les membres thoraciques et abdominaux seront dans les proportions que nous avons indiquées pour les fœtus à terme, on devra le déclarer viable. L’absence de ces signes , ou la présence de caractères opposés , doit faire déclarer l’enfant non viable.
Signes de 'viabilité d'un fœtus mort, — Il peut arriver qu’il soit important de déterjYjuigj* SI un enfant mort était ne viable. Il convient alors d’établir que l’enfant était né vivant. A cet effet, on constatera l’état, les proportions et les rapports des organes extérieurs, tels que nous les avons indiqués. Procédant ensuite à l’ouverture du cadavre , on constatera 1 état des principaux viscères ; tels que le cœur ^ le tube digestif , les poumons, le cerveau, etc,, en ayant
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soin de faire mention de leur capacité ou de leur non capacité à accomplir les fonctions qui, dans l’ordre physiologique, leur sont départies. Du reste, l’état de santé de la mère pendant la grossesse, la non-provocation de l’accouchement et sa terminaison heureuse et j^ompte, sont autant de points qui ne défont pas être négligés.
Viabilité des fœtus monstrueux. — Comme on l’a pu voir, il est facile, dans le plus grand nombre des cas d’établir si un fœtus Ipien conformé est viable, ou non ; il n’en est pas de même lorsqu’il est monstrueux.
En physiologie , la question des monstruosités est trop jeune encore, pour qu’on puisse rien présenter de positif sur la question de savoir jusqu’à quel point un fœtus monstrueux est, ou non, susceptible de vivre.
Nous n’avons ici à nous occuper des nombreuses déviations organiques , que dans leurs rapports avec les questions de médecine légale auxquelles elles viennent se mêler ; mais afin de mettre quelque ordre là où un désordre au moins apparent est si manifeste , il importe de s’arrêter à une classification quelconque. Depuis les beaux Ira-
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vaux de MM. Breschet, Meckel et Geofïroy Saint-Hilaire sur la question qui nous oo cupe, les classifications de Buffon et des autres ont été totalement abandonnées, et rien n’est encore définitivement fixé. Cependant la classification proposée par M. Breschet ( V oyez Nouveau J^tionnaire de Médecine)f et adoptée par M.'%rfila, est celle qui # nous paraît préférable : nous nous y arrêterons.
M. Breschet divi^ toutes les déviations organiques en quatre ordres qu’il désigne sous les noms d*affénèses, hypergénèses , diplogénèses, hétérogénèses,
‘ 1° Agénhses. — Sous cette dénomination ,
M. Breschet comprend toutes les déviations organiques avec diminution de la force formatrice. Cet ordre se divise en plusieurs genres, qui eux-mémes se subdivisent en plusieurs espèces. Dans le premier genre se trouvent toutes les déviations par absence d’organes , ou défaut dans leur développement. A ce genre se rapportent :
a, U acéphalie f qui est caractérisée par l’absence dés parties qui composent la tête, et quelquefois même une partie du tronc. Il
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suffît que chez ces monstres le cerveau manque, pour que toutes les parties auxquelles les diverses portions de 1 encepliale
envoient des nerfs, manquent également :
d’où résulte qu’ils ne sont pas viables.
h. V anencéphalie a pour caractère.propre l’absence du cerveau, tlu cervelet et du crâne, avec présence de la moelle alongée.
La vie de ces monstres peut se prolonger quelque temps après la naissance; cependant ils .ne sont point viables, car leur existence ne se prolonge jamais au-delà de quelques courts instans.
c. V absence ou V imperforation de la face.
L’auteur désigne ces deux états par les noms aprosopie et ôi* ateloprosopie. Comme ces fœtus monstrueux manquent toujours de cerveau, ils ne sont pas plus viables que ceux des deux espèces précédentes.
d. Absence des autres organes. L’absence des yeux ou de quelques-unes de leurs parties .constituantes, ne s’oppcflA point à a viabilité du fœtus ; celle de miche se liant
^toujours à l’absence du cerveau, entraîne nécessairement la non-viabilité de l en ant Lorsqu’on rencontre des enfans dépourvus
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de luette et Se langue, ils n’en sont pas moins viabl^, La vie de l’individu n’est pas non , plus nécessairement intéressée par l’absence de 1 épiglotte, des organes génitaux, de la totalité ou d’une partie des membres ; il en est tout autrement de l’absence de l’œsophage, e 1 estomac, du foie, du cœur et des pouvons, qui entraîne inévitablement la mort.
Enfin, un fœtus peut encore vivre, bien que les cavités droite et gauche du cœur continuent à communiquer ensemble; mais dans ce cas il est atteint de cyanose.
Le second genre, que l’auteur désigne sous le nom de diastématie, résulte toujours dç la présence d’une fente ou fissure longitudinale sur la ligne médiane du corps. Les fœtus chez lesquels les lèvres , les os maxillaires, la langue, le voile du palais, la vessie et les organès génitaux dans l’un ou l’autre sexe , sont fendus sur la ligne médiane, sont viables. Ceux chez qui la fente longitudinale occupe la jdrtie moyenne du crâne, sont atteints d Wie hernie cérébrale , que les moyens compressifs peuvent guérir dans lé cas où le mal est peu considérable, et périssent dans le cas contraire. Ceux qui sont