MONSTRUOSITÉS
atteints de spina-hifida ne peuvent vivre long-temps; mais cependant on les a vus prolonger leur existence pendant quelques jours, quelques mois, et même une ou deux, années. Enfin la division du sternum et celle de l’abdomen ne sont pas nécessairement mortelles.
Le troisième genre, ou atrésie, comprend les déviations organiques avec imperforalion. Toutes les fois que l’imperforation dccupe un organe autre que l’œsophage ou le gros intestin , l’enfant doit être déclaré viable.
La symphjrsie, ou déviation organique avec confusion des saillies , constitue le quatrième genre. Tous les monstres de cette espèce , à l’exception des momojsesy sont viables.
Les monstruosités hjrpergénèses, ou avec augmentation de la force formatrice, peuvent être partielles ou générales. Tous les fœtus de cet ordre sont également viables, quel que soit l’organe ou le système, organique qui , chez eux , soit en excès.
3® Les diplogénèses, ou déviatipn organique, avec réunion des germes, comprennent
170 MÉDECIIÏE LÉGALE.
aussi deux genres, a. Le premier, dans lequel se trouvent les fœtus réunis par fusion ou par adhérence, renferme plusieurs espèces; mais dans toutes les enfans peuvent vivre pendant un temps plus ou moins long.
b. Le second comprend toutes les réunions des germes par pénétration. M. Breschet subdivise ce genre en deux espèces. Dans le premier cas, un des individus est en partie détruit, et la portion qui a survécu à la destruction fait saillie hors du corps de l’autre fœtus et s’alimente à ses dépens. Ici le fœtus contenu ne peut vivre, tandis que celui qui le contient peut subsister pendant plusieurs années. Dans le second cas, où le fœtus est totalement^contenu dans l’autre , l’enfant qui contenait le second germe a également vécu pendant un temps assez long, ainsi que le prouvent Id; faits rapportés par M. Dupuytren , Higmore et le docteur Lachaise. •
40 Sous le nom dChétérogénèseSy ou déviation organique avec qualités étrangères du produit de la génération, se trouvent désignées six espèces de monstruosités : i® les fœtus extra^utérins , qui 11e peuvent jamajs.
MOirSTilUOSITBS. lyt
être viables* a» ceux qui sont affectés d’cctopic j ou renversement des organes , qui peuvent vivre aussi long-temps qu’un individu bien conformé; 3° ceux qui sont le produit de grossesses multiples, et ne vivent jamais lorsqu’il y en a plus de deux ou trois; 4° les albinos et les cbacrelats , qui sont toujours viables ; 5“ les enfans atteints de cyanose, qui peuvent vivre, bien qu’on n’ait pas d’exemple qu’ils aient mené une longue carrière ; 6" enfin ceux qui naissent atteints de jaunisse ou de sclérème (endurcissement du tissu cellulaire ) , qui sont viables, bien que le plus souvent les derniers périssent.
§ II. — De la paternité et de la maternité.
Quoique le Code civil reconnaisse toujotnrs le mari pour père de l’enfant conçu pendant le mariage , il est des cas, prévus par les articles 3ia,' 3i3, 3i4 et 3i5 du même Code, où la paternité peut être contestée ; mais, dans ces cas, le médecin n’est consulté que lorsqu’il s’agit de constater si l’enfant est né viable, ou si la naissance a été tardive ou précoce ( F. le § 1 , viabilité^
17 a MEDEGIXTE LEGA.LE.
et le CHAP. II , sect‘. iii). Cependant il peut arriver (et le cas s’est présenté) qu’une femme, au mépris des lois qui nous régissent, se marie un ou deux mois après la mort de son premier mari, et qu’elle accouche avant la fin du dixième mois de son veuvage.
Qui, du premier ou du second mari, doit être regardé comme le père de l’enfant? L âge dû nouveau-né est la seule considération qui puisse fixer l’opinion du médecin, ou au moins lui permettre d’arriver à une probabilité. M. Capuron n’hésite 'pas à trancher la difficulté en établissant que le mariage contracté avant l’expiration du dixième mois depuis la dissolution du précédent doit faire attribuer l’enfant au second mari.
La maternité peut être contestée : 1° toutes les fois qu’il y a supposition, substitution ou exposition de part ( chap. I, sect. v); 2° lorsqu’un individu se prétend issu d’une femme qui dit n’être jamais accouchée ( V.
CHAP. II, SECT. iii); 3 ® lorsqu’enfin un misérable aventurier se déclare le fils et l’héritier d’une personne dont le véritable fils est mort ou absent depuis plusieurs années.
Dans cette dernièïe circonstance, les lu-
PATERNITÉ ET MATERNITE. 178 mières du médecin ne sont presque d’aucune utilité ; il peut tout au plus établir q[uelques probabilités.
SECTION IV. ’
De l’infanticide.
Dans l’acception la plus rigoureuse du mot, par infanticide , on doit entendre le meurtre d’un enfant depuis l’état d’embryon jusqu’à l’époque de puberté. Mais, conformément au vœu de l’art. 3oo du Code pénal, nous réserverons la dénomination d’infanticide pour le meurtre d’un .
enfant nouveau-né, et avec d’autant plus de raison , qu’à l’article Avortement nous avons traité la question du fœticide.
La question de l’infanticide présente à résoudre les quatre points suivans : i® Le meurtre a-t-il été commis sur un enfant nouveau-né ? a® La femme accusée est-elle la mère de l’enfant tué? 3° L’infanticide at-il eu lieu par omission? 4“ L’infanticide a-t-il eu lieu par commission?
lo La question de savoir si le, meurtre dont on recherche l’auteur a en lieu sur un enfîtnt nouveau-né, en renferme un assez
grand nombre d*autres sans la solation desquelles la question principale resterait toujours douteuse. Ces questions sont les suivantes :
a. Quel est Tâge de Tenfant dont le corps a été trouvé ? D’après ce que nous avons dit en traitant des âges, cette question est facile à résoudre.
b. L’enfant était- il mort avant de sortir de l’utérus ? On sait qu’à toutes les époques de la grossesse, l’enfant peut périr dans la matrice , et qu’une fDule de causes autres qu’un dessein prémédité , ou des violences exercées sur la mère, peuvent amener triste résultat. L’expulsion du fœtus a lieu tantôt peu après la mort , et tantôt plusieurs jours et même plusieurs semaines après qu’il a cessé de vivre. On ne peut donc résoudre la question que nous avons posée , qu’ autant qu’on aura déterminé si les signes présentés par la femme, par le fœtus et par l’arrière-faix, se rapportent à une mort plus ou moins éloignéé:
Toutes les fois que la femme soumise à l’examen du médecin-légisté aura été exposée à une ou plusieurs des causes nombreu-
INPAISTIGIDE. 175
ïes de l’avortement naturel, il sera permis de soupçonner que le fœtus est mort dans le sein maternel. Cette présomption acquerra une plus grande valeur, si la femme affirme qu’après plusieurs mouvemens brus- *ques et répétés du fœtus, elle a éprouvé la sensation d’un poids incommode sur le rectum, la vessie, ou sur un des côtés du ventre. A ces signes les auteurs en ont ajouté d’autres qui n’ont aucune valeur.
Dans ce cas, les signes que présente le fœtus varient selon l’âge auquel l’avortement a eu lieu. Ainsi, au troisième mois de la conception, lorsque le fœtus a péri au milieu des eaux de l’amnios, et qu’il a séjourné dans l’utérus quelque temps, il est entièrement ramolli ; mais si son expulsion a eu lieu aussitôt après sa mort, il ne présente aucun changement dans sa forme ni dans sa consistance.
Si le fœtus est âgé de 5 mois et plus, qu’il ait péri dans les eaux de l’amnios et qu’il ait séjourné dans l’utérus pendant quelque , temps après sa mort, il présente d’autres caractères. Il a le corps flasque, la peau est rouge ou brunâtre , l’épiderme s’enlève par