‹ Résumé complet d'hygiène publique et de médecine légale, précédé d'une introduction historique et suivi d'une biographie, d'une bibliographie et d'un vocabulaire. Par M. Léon SimonChapitre 28 sur 43 · MÉDECINE INÉGALÉ · texte numérisé non relu

MÉDECINE INÉGALÉ

le simple contact, il y a infiltration du tissu cellulaire et épanchement de sérosité dans les cavités splanchniques ; les viscères sont souvent diffluens, et les os du crâne mobiles et dépourvus de leur périoste.

Du reste, c’est à l’ensemble de ces carac> tères qu’il faut principalement s’attacher, car chacun d’eux pris isolément n’a point de valeur.

c. Dans le cas où un fœtus serait sorti vivant de l’utérus , a-t-il vécu après l’accouchement, ou est-il mort en naissant? Cette question est , comme on le conçoit , de la plus haute importance ; car si l’on peut établir que l’enfant n’a point vécu, par ce seul fait se trouve écarté tout soupçon sur la possibilité que le crime ait été commis après la naissance.Or, comme pour l’enfant naissant, vivre équivaut à avoir respiré,, le problème posé est absolument résolu du moment où on a pu décider si la respiration s’est ou non effectuée ; ce que l’on saura du moment où on aura examiné le thorax , les pouipons , le cœur, les canaux artériels et veineux, le cordon ombilical et le diaphragme.

On pourra affirmer qu’un fœtus à terme

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a respiré^ toutes Jes fois que les canaux artériels et veineux, et le trou de Botal , seront oblitérés, que le cordon ombilical sera tombé ou près de se détacher, que les poumons surnagent ou non à la surface de l’eau. Si le thorax est voûté, le diaphragme plus ou moins refoulé vers l’abdomen, les poumons d un rouge peu foncé, recouvrant le diaphragme^ et plus légers que l’eau dans leur totalité ou dans quelques-unes de leurs parties , pourvu que cet état des poumons ne résulte ni de ce qu ils sont putréfiés, ni d’un emphysème, ni de ce qu’on les a insufflés , cette affirmation acquerra encore une nou- * velle certitude. Cependant, de ce qu’un enfant aurait respiré, il n’en faudrait pas con-' clure qu’il a vécu après sa naissance; car il a pu périr et respirer pendant l’accouchement : il serait également imprudent de nier d’une manière trop absolue que l’enfant ait respiré parce qu’on ne reconnaîtrait pas ■(

tous les caractères que nous avons indiqués <

plus haut ; car la respiration peut être assez faible pourn amener aucun deschangemens qu’elle produit ordinairement. Quelquefois aussi le trou de Botal, les canaux artériels et HYGIÈNE l'UBL, ET MED. LÉG. la

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veineux ne sont pas oblitérés et les poumons se précipitent au fond de l’eau ; si cependant on les coupe par tranches^ et qu’on les exprime, les fragmens surnagent. Danâ ce cas, le défaut de légèreté de ces organes tient à l’engorgement de leur tissu , circonstance importante à noter, et dont l’oubli pourrait conduire à de graves erreurs. Lorsque tous les signes que nous avons mentionnés manquent, on peut hardiment conclure que l’enfant n’a pas respiré ; mais il n’en faudrait pas induire qu’il n’a point vécu, car il aurait »'pu naître enveloppé de ses membranes, ou être asphyxié, ou, enfin, être submergé immédiatement après sa naissance ( V. chap. I, SECT. vu).

Quand on parviendrait, à l’aide des .moyens que'nous avons indiqués, à déterminer, d’une manière précise qu’un enfant a. respiré, il faudrait bien se garder d’affîrmer qu’il y a eu infanticide; car il reste à savoir si l’enfailt a péri ou non pendant l’açceuchement ou à la suite d’un engorgement des poumons ou du cerveau , ou de toute autre maladie parmi celles auxquelles les nouveaux-nés sont sujets.

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INPAWTICIDE.

Or, pour déterminer si l’enfant est mort ën naissant, il ^aut être à même d’établir dans quelle position il se présenta au détroit supérieur du bassin, et la solution de cette question suffit quelquefois pour éloigner toute idée de’ crime. Soit en effet que l’accouchement ait été prompt et facile , ou que le travail ait été long et pénible,* dans l’une et dans l’autre hypothèse, le fœtus peut mourir, sans que la mort puisse être imputée à la mère ou à tout autre. On sait , en effet, que les causes principales qui, indépendamment de toute intention ou manœuvre criminelle, peuvent faire périr le fœtus pendant le travail, sont : 1° la longueur du travail lui-même, qui , 'tlétermlnant de violentes et longues contractions utérines, poussent la tête vers le bassin, compriment le cordon ombilical et le placenta, et déterminent l’apoplexie : l’examen du cadavre lèvera tous les doutes ; 2® la compression du • cordon ombilical, surtout lorsqu’il fait un ou plusieurs tours sur Je cou de l’enfant :

cette circonstance peut amener l’apoplexie, et conséquemment la mort ; 3 ® une hémorragie considérable, résultat du décollement

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j8o MÉOBCIHJB LEGALE.

Idtal ou partiel du placenta, à la suite de la rupture delà matrice ou^u cordon ombilical. Dans ce cas , le cadavre du fœtus est pâle, les viscères sont décolorés, les artères , les veines , les ventricules et les or^llettes du cœur sont affaissés et vides e sang. 4® La faiblesse du fœtus peut également entraîner sa mort; mais, comme elle est toujours le résultat ou de son immaturité, ou de quelque maladie, jl’ une et ^ sont faciles à reconnaître ; 5® enfin , la nécessîté oü Von a été de terminer T accouchement, soit que la femme éprouvât des convulsions ou d’autres accidens qui mettaient sa vie en danger, tels que l’implantation du placenta sur le col de l’utérus, une mauvaise présentation du fœtus, ou mêmala longueur

du travail, .

Cependant, toutes les causes de mort du

fœtus que nous venons d’indiquer, ne prouvent pas d’une manière absolue qu il n y a pas eu de manœuvres criminelles. Il est même des cas où la distinction est ires-difcile à établir. Cependant les doutes s éclaircissent , en considérant : i“ que les alterations cadavériques consécutives à untravaü

INFANTICIDE. l8l

long et pénible, laissent à supposer qu'il existe un rétrécissement du détroit abdominai supérieur, presque toujours produit par la saillie de l’angle sacro-vertébral. Ces altérations ne doivent correspondre qu'aux portions de la tête qui appuyaient contre la proéminence du sacrum et du rebord du pubis; qu’ü est rare que, dans ces cas, la respiration ait été assez complète pour que les poumons, ou des fragmens de ceuxci , surnagent lorsqu’on les met dans l’eau.

3° Si des manœuvres criminelles ont été exercées après la naissance de l’enfant, il y a toujours de plus grands désordres, et la ' plupart se rencontrent sur d’autres parties que celles dont nous avons parlé.

d. Si V enfant a 'vécu après sa naissance^ déterminer le temps pendant lequel il a 'vécu. On ne peut obtenir la solution de cette question, qu’autant qu’on aura une connaissance parfaite des cbangemens qu’éprouvent, après la naissance, les divers organes et systèmes organiques; et déjà nous avons dit quels sont ces cbangemens , en parlant des âges.

e. En admettant que V enfant ait 'vécu après sa naissance f il Jaut déterminer depuis quand

Digitizc-

i8a MÉDEcnrE legale.

' il est mort. La solution de cette question repose sur la connaissance des phénomènes que présentent les cadavres des individus qui se putréfient à l’air, et c’est au ghap. III que nous en parlerons.

f. S’il est probable que l’enfant a vécu après l’accoucbement, ,ou qu’il est mort en naissant , il faut encore établir si la mort a été naturelle , ou si elle est le résultat d’une violepce quelconque ; et , dans ce cas , quelle en fut l’espèce.Il est, en effet, plusieurs causes naturelles qui peuvent faire périr les fœtus aussitôt ou peu après leur naissance; ces causes sont les monstruosités f dont nous avons parlé à l’article Viabilité, la faiblesse des avortons, résultant des maladies qu’ils ont éprouvées dans le séin de leur mère; la longueur du travail, l’aspbyxie qui a lieu toutes les fois, que l’air ne pénètre pas dans les poumons.

La chute de l’enfant sur un corps dur, àu moment de la naissance, et plusieurs maladies qui laissent toujours sur le cadavre des traces non équivoques de leur existence, sont encore des causes qui peuvent amener la mort, sans qu’on puisse l’imputer à crime.

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