V. — De la surdi-mutité
Ceux qui se sont spécialement occupés de l’éducation, des sourds-muets, ont cru pouvoir établir que tout sourd-muet qui n’a reçu aucune espèc.e d’éducation, peut et doit être assimilé à la condition des idiots. Cette opinion nous paraît juste. Quant aux autres, ils sont d’^autant plus libres d’eux-mémes, qu’ils ont reçu une meilleure éducation, qu’ils jouissent d’un plus grand développement intellectuel; d’où résulte qu’il est impossible d’établir aucune loi générale. Lorsqu’il s’agit de déterminer le degré d’intelli- ^ gence d’un sourd-muet, la première chose à • faire sera de constater, par une suite d’épreuves, le degré d’instruction dont il jouit, lés idées qui lui sont familières. 11 n’est pas douteux, en effet, que, pour qu’un pareil individu puisse être condamné comme voleur
Di
surdi-mutité. aSp
pRi- exemple , il faut, avant toüt, être bien assuré qu’il sait ce qu’est la propriété et qu’il est assez familier avec les, vérités morales pour apprécier l’importance du crime qu’il a commis.
SECTION vil.
De la combustion humaine spontanée.
Au nombre des moyens qu’emploient les criminels qui attentent à la vie de leurs semblables, la combustion ne joue qu’un rôle fort peu important. Il est diflîcileen effet de parvenir, à l’aide de ce moyen, à détruire le corps d’un homme adulte, sans qu’il en reste aucun vestige. Cependant, des exemplé#, assez nombreux* prouvent, que le corps de l’homme peut être la proie d’une combustion spontanée, résultant probablement d’unç accumulation excessive d’électricité dans nos tissus organiques.
Les femmes paraissent être plus exposées à cet accident que les hommes; et ceux qui en ont été victimes, étaient, pour la plupart, . des gens âgés, ayant fait un long abus des liqueurs alcooliques. Néanmoins, la combustion spontanée a été également observée
a6o MioECINE LÉGALE.
chez quelques individus qui n’en avaient jamais usé qu’avec modération.' Dans le cas qui' nous occupe, on a presque toujours trouvé à peu de distance de la victime un corps en Ignltlon; et pourtant, il est des exemples de combustion spontanée indépendante de cette dernière circonstance.
Dans les cas dé ce genre, on prétend que la flamme qui sort du corps humain est légère et semblable à celle de certains météores, et que l’eau l’éteint difficilement. Il est rare que* le corps soit entièrement consumé; le plus souvent, il reste encore quelques os des membres, mais le tronc est toujours rapidemelît détruit. Il est à peu près impossible de confondre cette combu>;tion avec la brûlure ordinaire; la rougeur, la nature et l’étendue des.phlyctènes et des escarres, ne peuvent laisser de doute; et d’ailleurs, il est rare que la combustion accidentelle consume la totalité du corps.