NOTIONS PRÉLIMINAIRES
\J Hygiène publique est la science qui s’occupe des causes nombreuses de destruction qui environnent les peuples réunis en société, et des moyens propres à en combattre la fâcheuse influence. Elje diffère de l’Hygiène privée, ainsi que nous l’avons dit ailleurs (i), en ce qu’elle ne s’occupe point des différentes conditions physiologiques dans lesquelles peut se trouver l’homme considéré comme individu. La société est y pour elle, un être collectif se développant d’ensemble et marchant vers un but commun.
De là résulte qu’elle n’a point à étudier l’action des modificateurs externes siir un ou plusieurs individus , mais seulement l’action générale des institutions sociales qui, de près' ou de loin, peuvent influer sur la santé des
(j) Voir le Traité d’IlTciÈsa peitée, i toI.
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masses. Ainsi, elle a un vaste champ à par* courir ; les questions qu’elle embrasse sont graves , multipliées et variées , et c’est sans doute aux difficultés 'sans nombre qu'elle présente , qu’il faut attrib.uer l’état d’imperfection où elle se trouve.
On a beaucoup disputé au siècle dernier, pour savoir si l’état de société ne serait pas un état contre nature , sorte d’erreur à laquelle l’homme se résignerait depuis l’origine des temps, au détriment de son bienêtre physique et de son perfectionnement moral. Cette difficulté, qui a exercé l’activité d’hommes remarquables, ne fait plus question. L’état de nature, ou ce qu’on appelait ainsi , a dû fléchir sous le poids des innombrables bienfaits de la civilisation, et la science et le sens commun ont fait justice d’une opinion qui pouvait séduire , mais qui reposait sur une hypothèse gratuite. En e^et, les partisans de l’état de nature partaient de cette supposition, que l’humanité dans son origine, était exempte des maux qui l’affligent , et que lès lumières qu’elle a acquises n’ont eu pour résultat que de pervertir son cœur et détériorér sa constitution
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physique. Pure supposition, nous le répétons ; car il faudrait démontrer que l’homme naît sans passions, et que l’état de maladie n’est pas la conséquence forcée des conditions d’existence dans lesquelles nous sommes placés. Et si la civilisation est assujélie à la loi commune de ce monde, qu’elle soit un mélange de bien et de mal, il ne suit pas que l’état de nature soit exempt de tous maux et qu’il doive être préféré ; pas plus que des maux et des luttes que nous offrent le développement de la raison et la succession des âges , il ne suit que nous devions regretter les misères et les ténèbres de l’enfance. Du reste , l’hygiène publique peut sans inconvénient négliger cette controverse, elle prend la civilisation comme un fait soumis à une loi nécessaire, et part de ce fâit pour dicter ses préceptes et offrir ses conseils.
Une autre question tout aussi grave que la première et ayant des rapports encore plus intimes avec notre sujet, trouve ici sa place. Quel est l’ordre le plus convenable pour traiter les différentes questions qui sont du domaine de l’hygiène publique? Cet ordre