‹ Résumé complet de médecine ou de pathologie interne, présentant la doctrine générale des maladiesChapitre 17 sur 66 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Des fièvres ou irritations fébriles.

Ce qu’on était dans l’usage de désigner par le terme générique fièvres , peut être considéré théoriquement aujourd’hui comme formant la première division des maladies sthéniques ou irritatives , puisqu’il est certain qu’elles ne sont pas toujours des phlegmasies. En effet , chez beaucoup d’individus le mouvement fébrile se manifeste à l’occasion d’im-

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pressions stimulantes trop légères pour produire X inflammation ; et l’existence de celleci ne peut guère se concilier avec la mobilité des accès périodiques. La différence, à la vérité, consiste uniquement dans le degré de la maladie; mais puisque la distinction est en rapport avec un certain nombre de faits, et peut d’un autre côté , être de quelque poids sur la direction du traitement , tout impose l’obligation de l’admettre.

Cette manière de considérer les maladies • dont il s’agit , ne diffère pas au fond de celle que M. Broussais a le premier bien établie , tandis qu’elle est entièrement en opposition avec la doctrine qui fut long-temps consacrée. Dans celle-ci , que , pour plus de sim** plicité, nous examinerons dans la nosographie de M. Pinel , le classique à cet égard le plus récent, on admettait six ordres différens de fièvres , et chacun d’eux était désigné par un nom particulier plus ou moins propre à indiquer la nature et le point de départ de la maladie. Une idée analogue , depuis longtemps répandue dans le commerce de la vie, faisait regarder les fièvres comme des démons ow farfadets susceptibles de se réunir par deux

5o MALADIES STUEKIQUES.

trois, etc., poutle tourment des malheureux livrés à leurs attaques. Beaucoup de gens parlent encore de ce genre d’affections , à peu près dans les termes dont se servaient les fauteurs de la féerie pour désigner les agitations diaboliques. Pendant plusieurs siècles les médecins parurent partager ces idées, ou du moins en adoptèrent le langage. Il est incontestable néanmoins que, sous le rapport de la détermination organique , la pathologie fit réellement un grand pas entre les mains du vénérable Pinel ; mais on ne peut pas davantage nier que sa classification numérique ne fût tout à la fois une fiction et une chimère.

La réalité est qu’il n’cxis^e pas plus six que vingt, que trente ordres particuliers de fièvres , parce qu’il n’y a de limites à cet égard, que l’infinie variété des tempéramens et le nombre des organes dont Y irritation est susceptible de produire la réaction fébrile.

Ainsi , il faut entendre proprement par le vc\o\. fièvre toute accélération du pouls avec chaleur , lassitude et tous les autres accidens qui se manifestent dans cet état , et qui sont l’effet de Y irritation de quelqu’organe, même du cœur et de l’appareil circulatoire. Il de-

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meure évident par-là, que si l’on voulait imposer un nom expressif à ce genre d’affections , il faudrait le baser sur celui de la partie le plus essentiellement malade. C’est ce qui se trouve observé jusqu’à un certain point diins les mots fièvre cérébrale , admis encore aujourd’hui par quelques pathologistes, pour désigner l 'irritation du cerveau, qui est dans ce cas le foyerde l’orage fébrile. Mais, pour éviter tout équivoque à cet égard, peutêtre serait-il plus convenable encore de ne plus employer le mot fèvre substantivement, mais comme simple adjectif, et de dire, par exemple : irritation du cerveau, du poumon, du cœur, des vaisseaux , etc. , avec fièvre ou fébrile , ce qui aurait en outre l’avantage d’indiquer que ce dernier phénomène morbide est toujours secondaire ou sympathique.

Malignité, putridité. — Quoique la nouvelle doctrine pyréthologique , ou l’appréciation théorique , suivant les idées généralement admises aujourd’hui, des maladies nommées autrefois fièvres , puisse paraître suffisamment éclaircie par ce qui précède , il ne sera pas sans utilité d’ajouter quelques détails concernant les fièvres dites putride et maligne.

5a maladies STHÉNIQUES.

La première de ces dénominations suppose une altération qu’il est impossible de démontrer dans la composition des fluides ; il est facile de juger qu’elle nous a été léguée par Y humorisme. La seconde est d’une date beaucoup plus ancienne ; on n’y peut méconnaître la trace des idées mystiques; car malignité est un mot de sorcellerie , et les médecins, qui payèrent aussi leur tribut à la superstition, n’étaient pas éloignes de croire, comme Hippocrate, à quelque chose de divin dans ces maladies. Pour sortir de cette obscurité, il fallait faire taire l’imagination et s’attacher uniquement à constater la nature et l’étendue des désordres physiques.Or, pour les cas de prétendue malignité , l’observation a fait voir que son existence est toujours liée à 1 irritation primitive ou secondaire du cerveau et des autres parties du système nerveux ; que chez les individus doués d’une extrême sensibilité, comme les enfans et les femmes , elle peut survenir par les causes les plus légères; et l’on sait effectivement que les convulsions , les spasmes , le délire forment en quelque sorte le cortège obligé de toutes leurs maladies.

Que les femmes se consolent toutefois de ce

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